Les crampes

Capables de toucher n’importe qui, n’importe quand, les crampes font partie des aléas de la vie dont nous aimerions bien nous passer. Elles sont cependant si courantes qu’il serait intéressant de s’y pencher de plus près. Une crampe touche un muscle. Plus précisément, il s’agit d’une contraction intense et soudaine, involontaire, douloureuse, mais aussi temporairement handicapante. Parlons donc d’abord des contractions musculaires, avant de mieux comprendre ce qui provoque les crampes, et ce qu’il est possible de faire pour s’en soulager.

Souvenez-vous de notre dernière chronique, où nous établissions la différence entre les muscles squelettiques (ceux que nous contrôlons volontairement), les muscles lisses et les muscles cardiaques. Ces trois systèmes ont leurs particularités, d’où leurs différentes fonctions, mais opèrent presque de la même manière. Au niveau microscopique, plusieurs protéines s’emboîtent et s’accrochent entre elles, un peu comme des bouts de velcro. Cette mécanique comprend aussi des échanges chimiques, mettant en jeu le calcium, le potassium et le sodium. Le tout est géré par le système nerveux, qui fonctionne à coups de minuscules décharges électriques, ainsi que de cascades chimiques. Les crampes sont courantes chez les sportifs, mais pas seulement. Certaines maladies, comme le diabète, s’accompagnent de crampes (sans doute en raison de l’insuffisance veineuse qui en découle). Certains d’entre vous en ont peut-être ressenti la nuit, une douleur aiguë vous réveillant, alors que tout allait bien avant de vous endormir. Quelle en est la cause? Notre petite leçon de physiologie nous aidera à mieux apprécier la réponse qui suivra : ça dépend. 


Il est important de considérer les crampes comme un symptôme et non une blessure en soi. Nous savons à présent que pour se contracter, un muscle se repose sur plusieurs systèmes anatomiques et physiologiques. Si un muscle se contracte « mal », ne relâchant pas la tension à laquelle il se soumet, c’est qu’un ou plusieurs de ces systèmes est en mode d’échec. Par exemple, un sportif déshydraté aura perdu beaucoup d’eau, mais pas seulement : la transpiration contient aussi du sodium. Cet élément ayant un rôle dans les contractions musculaires, sa disparition du système entraînera des conséquences dont les crampes. L’effet inverse est aussi possible : certains individus boivent trop d’eau, ce qui fait baisser les concentrations de sodium/potassium présentes dans le sang (et donc les muscles). D’autres types de crampes apparaissent même chez des sportifs dont les taux d’éléments chimiques sont adéquats. Les amateurs de football (soccer) ont l’habitude de voir les joueurs se faire étirer et masser par leurs kinésithérapeutes en fin de matchs, l’effort intense ayant réduit leurs mollets ou ischio-jambiers en masses tétanisées. Ces types de crampes s’expliquent plutôt par une fatigue neuromusculaire, comme une sorte de court-circuit neuronal, laissant un muscle figé comme peut l’être un écran d’ordinateur suite à un plantage. Enfin, certaines crampes demeurent mystérieuses, comme les crampes nocturnes ou les points de côté, redoutés par tous les coureurs. La fatigue et le stress sont souvent cités parmi les sources plausibles, ce qui est logique quand on pense à leurs effets sur le système nerveux, hormonal, et donc forcément musculaire. 

Quelle qu’en soit la cause, le remède reste le même. En étirant ou en massant gentiment la zone touchée, la douleur disparaît en général en quelques secondes. Attention : elle risque de revenir si le muscle est sollicité à nouveau. Quelqu’un souffrant de crampes est souvent incapable de continuer ses efforts. Après quelques heures, il n’en reste souvent qu’une légère tension, et un mauvais souvenir. Afin de réduire leur fréquence, chacun peut veiller à bien

s’alimenter et s’hydrater, suivre une préparation physique adéquate aux efforts anticipés et se reposer suffisamment. Si vous souffrez de crampes à répétition, allez consulter un spécialiste de la santé. Bien que courant, ce phénomène n’est peut-être pas bénin s’il est habituel. Bonne année et bonne continuation!

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