En sourdine

Pauline Viardot (1821-1910)
Lithographie de Pauline Garcia par

Bernard-Romain Julien   (Source : Wikipédia)

« J’ai vu Chopin, un des plus grands musiciens de notre époque, et
madame Pauline Viardot, la plus grande musicienne qui existe, passer des heures à transcrire quelques phrases mélodiques de nos chanteuses et de nos sonneurs de cornemuse. Ce n’est  donc pas si aisé qu'on croit. » (G. Sand, Lettre à Champfleury, 18 janvier 1854).

Source : Wikipédia

Née à Paris, d’une famille espagnole et musicale, Pauline Viardot (née Michelle Ferdinande Pauline García) apprend à jouer de la musique très tôt. Son père, Manuel García, est son premier enseignant de piano et de chant. D’abord, toute la famille García est impliquée dans la musique : 

  • Son père, Manuel García, est ténor d’opéra espagnol, professeur de musique, compositeur ainsi qu’impresario.

  • Sa mère, Joaquina Sitchez, est actrice espagnole et cantatrice.

  • Son frère, Manuel García II, est un célèbre professeur de chant.

  • Sa sœur, Maria Malibran, est une diva (une célèbre soprano, décédée à la suite d’un accident tragique en 1836 à l’âge de 28 ans).

 

À six ans, la jeune Pauline parle déjà quatre langues : l’espagnol, le français, l’anglais et l’italien. Plus tard, elle apprendra l’allemand et le russe afin de pouvoir chanter dans ces langues. Après le décès de son père en 1832, sa mère, Joaquina, lui enseigne la musique et insiste pour que sa fille se dévoue au chant, en dépit du fait qu’elle rêve d’être pianiste de concert. Bien qu’elle suit les conseils de sa mère, Pauline continue toujours à jouer du piano. En outre, elle suit des cours de piano avec Franz Liszt et des cours de composition (l’harmonie et le contrepoint) avec Anton Reicher. 

 

Pauline fait ses débuts au piano à l’âge de quinze ans. Deux ans plus tard, elle chante à Londres dans son premier opéra. Une mezzo-soprano douée d’un registre vocal formidable, Pauline chante des parties soprano ainsi que des parties contralto. Elle est surtout réputée pour jouer des rôles dramatiques (Desdémone dans l’Otello de Rossini, Fidès dans Le prophète de Meyerbeer (1849), Rachelle dans La Juive de Halérys, etc.). En outre, elle poursuit sa passion pour le piano en jouant des duos en public avec sa chère amie, Clara Wieck, une pianiste virtuose. Aussi, elle compose des transcriptions vocales sur des mazurkas de Frédéric Chopin, un musicien renommé de l’ère romantique.  

 

Elle est aussi amie avec Amantine Lucille Aurore Dupin, une écrivaine qui porte le nom de plume George Sand, et qui est la maîtresse de Chopin. (Pauline Viardot demeurera amie avec George Sand et Frédéric Chopin tout au long de sa vie. Elle chantera le Requiem de Mozart aux funérailles de Chopin à Paris en 1849, à l’Église de la Madeleine.)

 

C’est George Sand qui conseille à Pauline d’épouser le directeur du Théâtre des Italiens et critique d’art, Louis Viardot, son aîné de vingt et un ans. Pauline García l’épouse en 1840 et ensemble ils auront quatre enfants. En suivant la tradition de la famille García, leurs quatre enfants deviendront eux aussi des musiciens :

  • Paul est violoniste de concert.

  • Louise Héritte-Viardot est compositrice et écrivaine.

  • Marianne est peintre et cantatrice.

  • Claudie est cantatrice.

 

Maurice Sand (1823-1889).
Portrait de Pauline Viardot. Huile sur bois.
Paris, musée de la Vie romantique.
(Source : Bonjour Paris)

En 1843, elle part en tournée en Russie où elle chante à Saint-Pétersbourg durant plusieurs saisons. Par la suite, elle devient une des premières artistes à promouvoir la musique russe à travers l’Europe. C’est aussi en Russie que Pauline rencontre Ivan Tourgueniev, un écrivain russe qui tombe amoureux d’elle et qui la suit à Paris, demeurant près d’elle jusqu’à sa mort en 1883.

 

Pauline Viardot est bien connue dans les domaines littéraires et artistiques à Paris. En effet, elle est si admirée que plusieurs compositeurs lui écrivent des compositions (Meyerbeer, Johannes Brahms, Camille Saint-Saëns, Robert Schumann et Gabriel Fauré).

En 1863, à l’âge de 42 ans, Pauline renonce à la vie de représentations publiques et, pour des raisons politiques, la famille Viardot part pour la ville de Baden-Baden, en Allemagne, où elle y demeurera jusqu’à la chute de Napoléon III en 1870. Par la suite, la famille retourne à Paris où Pauline Viardot s’établit au Conservatoire de Paris en donnant des cours de chant et en se dévouant à la composition.

Ses compositions incluent des transcriptions vocales de plusieurs artistes, des œuvres chorales, plus de cent chants, des opérettes et plusieurs œuvres de chambre.

 

Aujourd’hui oubliée, Pauline García Viardot fut adulée durant le XIX ͤ  siècle. Elle décède à l’âge de 88 ans à Paris.

À écouter sur YouTube, deux chansons par Pauline Viardot : Aimez-moi ma mignonne et Hai luli!

Ressources : 

Pauline Viardot dans les dernières années
de sa vie. (D.R) (Source: L'OBS)

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