En sourdine

Marcelle Germaine Tailleferre (1892 à 1983)

Portrait de 1937 (Source : Wikipedia)

Marcelle Germaine Tailleferre est une compositrice française. Largement connue pour être la seule femme compositrice du Groupe des Six, sa vie et ses compositions sont méconnues des mélomanes.

 

Elle est née sous le nom de Marcelle Taillefesse le 19 avril 1892, à Saint-Maur-des-Fossés, et elle est la cadette d’une famille de cinq enfants. Sa mère, Marie-Désirée Taillefesse, lui enseigne le piano à domicile dès l’âge de deux ans et vers les cinq ans, Marcelle expérimente avec la composition.

 

En 1904, elle entre au Conservatoire de Paris afin d’étudier le piano et le solfège, sans appui financier ni d’encouragement de son père. Puisque « Entrer au conservatoire ou faire le trottoir Saint-Michel » revenait au même » pour lui! Blessée et vexée avec le fait qu’il refuse de l’appuyer dans ses études musicales, Marcelle Germaine Taillefesse, maintenant jeune adulte, change son nom de famille pour celui de Tailleferre et se soutient financièrement en donnant des cours de piano. En 1906, Germaine Tailleferre remporte une première médaille en solfège. Ensuite, en 1913, elle reçoit le premier prix de contrepoint, en 1914, le premier prix d’harmonie et en 1915, le premier prix d’accompagnement.

 

En 1917, Germaine fait la connaissance des peintres Picasso et Modigliani. Au début de l’an 1918, de jeunes diplômés (incluant Germaine), nouvellement sortis du Conservatoire, présentent leur musique lors d’un premier concert dans l’atelier de l’un de ces artistes où les œuvres de Tailleferre, Jeux de plein air et Sonatine pour quatuor à cordes, sont très bien reçues! Ayant impressionné leur auditoire, les « Nouveaux jeunes », deviennent rapidement connus sous le nom, le Groupe des Six ou Les Six.

Tableau de Jacques-Émile Blanche, 1923 (Source : Wikipédia)

Les membres du groupe sont les suivants :
 

Germaine Tailleferre (1892-1983)
Georges Auric (1899-1983)
Louis Durey (1888-1979)
Arthur Honegger (1892-1955)
Darius Milhaud (1892-1974)
Francis Poulenc (1899-1963)

 

Ils se réunissent chaque samedi entre les années 1916 à 1923. En dépit du fait qu’ils composent seulement deux œuvres en collaboration (Album des Six, un recueil pour le piano, et Les Mariés de la Tour Eiffel, un ballet), ils demeureront amis tout au long de leur vie!

 

À cette époque, la musique impressionniste est en vogue. « Leur musique réagissait essentiellement contre l'impressionnisme et le wagnérisme.». Par contre, les Six sont influencés par les œuvres du compositeur Erik Satie et du poète, écrivain, dramaturge, scénographe et cinéaste français, Jean Cocteau.

 

En 1923, Germaine Tailleferre passe beaucoup de temps avec le musicien et compositeur Maurice Ravel. Ce dernier lui donne des conseils sur la composition et l’orchestration. De plus, Ravel l’encourage à se présenter au concours Prix de Rome.

 

Le style musical de Germaine contient des éléments néo-classiques, baroques et sériels. Plus tard, elle expérimentera avec le dodécaphonisme et retournera à un style semblable à ses œuvres faites avant la guerre.

 

Notamment, Germaine Tailleferre composera la majorité de ses plus importantes œuvres durant les décennies 1920 et 1930.

 

En 1926, Germaine épouse le caricaturiste américain Ralph Barton. Ils s’établissent à Manhattan, à New York, où Germaine rencontre les amis de Barton et devient amie avec Charlie Chaplin. Elle entame une composition pour Chaplin, mais tristement, un jaloux Barton n’approuve pas et elle dédiera son Concertino pour harpe et orchestre (1927) à son époux. Jaloux du succès musical de Germaine, la relation du couple deviendra par la suite tendue. En 1927, le couple retourne en France et en 1929, leur mariage se dissout. C’est à cette époque que Germaine compose l’une de ses rares œuvres féministes, Six chansons françaises (1929). Chaque chant est dédié à une amie et les textes, traitant de la condition féminine, sont tirés du XV ͤ  au XVIII ͤ  siècle. Deux ans plus tard, Ralph Barton retourne aux États-Unis et se suicide à la fin mai en 1931.

 

En 1931, à l’âge de 39 ans, Germaine met au monde sa fille unique, Françoise. L’année d’après, elle épouse Jean Lageat, le père de sa fille. Malheureusement, lui non plus n’appuie pas Germaine dans sa carrière musicale. Ainsi, elle se consacrera à l’éducation de Françoise et à son époux, atteint de tuberculose. (Ils divorceront en 1955.)

 

Avec l’arrivée de la Deuxième Guerre mondiale, Germaine quitte la ville de Grasse avec sa sœur et sa fille laissant la majorité de ses compositions en France. Elles s’esquivent à travers l’Europe et s’établissent aux États-Unis, à Philadelphie en Pennsylvanie. Après la guerre, Germaine retourne dans son pays natal et reprend la composition. Elle compose plusieurs œuvres instrumentales et populaires ainsi que :

 

  • Des pièces pour le piano, la harpe et la guitare.

  • Des œuvres orchestrales.

  • Des quatuors à cordes.

  • Des ballets pour orchestre.

  • Des chants pour chorale et voix.

  • Des ensembles.

  • Des concertos.

  • Des opéras‑comiques.

  • De la musique de film.

  • De la musique pour la radio, la télévision et le ballet.

  • Des opéras de poche.

 

Curieusement, beaucoup de ses compositions ne seront pas publiées après son décès en novembre 1983, à Paris. Et fait incroyable, Germaine Tailleferre continue de composer deux semaines avant sa mort.

 

« Je n'ai pas un grand respect pour la tradition. Je fais de la musique parce que ça m'amuse, ce n'est pas de la grande musique, je le sais. C'est de la musique gaie, légère, qui fait que, quelquefois, on me compare aux petits maîtres du XVIIIe siècle, ce dont je suis très fière. »

- Germaine Tailleferre

Liste de tous les articles de En sourdin