Planifier votre fin de vie ne veut pas dire mourir. Cela signifie plutôt libérer votre esprit des inquiétudes liées à la mort pour pouvoir mieux vivre le restant de votre vie. En prenant le temps de rédiger un testament, de préparer un mandat d’inaptitude, de rassembler vos documents officiels, de dresser votre bilan patrimonial et de coucher sur papier vos désirs quant au don d’organes et aux funérailles, vous êtes ainsi rassuré que vos proches n’écopent pas de la responsabilité de ces nombreuses décisions, en plus du choc émotionnel et du chagrin qu'ils ressentiront à votre décès. Et par le fait même, vous vous sentirez allégé.

L'EXÉCUTEUR TESTAMENTAIRE

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Bonjour Anni! Nous avons peut-être déjà mentionné les exécuteurs testamentaires, mais très peu, et je crois que tu as de bons conseils à donner aux lecteurs du Nénuphar à ce sujet. Tu as vécu l’expérience d’une mauvaise situation dernièrement n’est-ce pas?

 

Oui Jacinthe, je veux vraiment souligner l’importance de choisir la bonne personne pour être l’exécuteur testamentaire. J’aide quelqu’un en ce moment qui est aux prises avec le règlement d’une succession dont il est le béné-ficiaire. Sa grand-mère est décédée en 2015, et nous sommes en 2019 et il n’a toujours rien reçu parce que l’exécutrice testamentaire ne fait rien ou presque à ce qu’il semble.

 

Comment ça? N’y a-t-il pas une loi quelconque qui oblige les exécuteurs à honorer leurs obligations?

 

Bien… oui et non. Mais non, il n’y a pas d’obligations légales à ce qu’une succession soit réglée en dedans d’une certaine période de temps. Donc, la personne que j’aide en ce moment, appelons-là Félix, me demande « Qu’est-ce que je peux faire? Qu’est-ce que je devrais faire? » Je lui suggère d’écrire une lettre à l’exécutrice, appelons-la Margot, disant « Donnez-nous des nouvelles. » Aucune réponse. Je lui dis alors d’écrire à l’avocat de Margot. Quand la grand-mère est décédée et que le testament a été homologué, l’avocat a fait parvenir une lettre à tous les bénéficiaires : « Voici les renseignements, voici une copie du testament, bla-bla-bla. » et donc, Félix sait qui est l’avocat. Il lui écrit et ne reçoit pas de réponse. Il lui téléphone et l’avocat lui répond que lui non plus ne peut pas joindre Margot. C’est donc le temps pour Félix d’engager les services d’un avocat. C’est ce que je lui recommande et c’est ce qu’il fait. Maintenant, l’avocat de Félix pousse l’avocat de Margot pour que les choses avancent. À ce stade-ci, soit que Margot s’y met et finalise, ou elle répond « En fin de compte, savez-vous,
je ne suis pas capable de le faire, il faut nommer quelqu’un d’autre pour administrer. »

 

Tu vois, Jacinthe, tout ceci aurait pu être évité si un exécuteur adéquat avait été nommé au départ.

 

Mais on ne peut pas toujours savoir à l’avance.

 

Non.

 

Et les gens ont tendance à choisir quelqu’un qu’ils connaissent ou...

 

Oui, et c’est pourquoi je tenais à parler du choix de la personne qu’on nomme exécuteur. Très souvent les gens vont nommer un membre de leur famille, par exemple, si tu es une personne plus âgée, tu vas avoir tendance à chercher parmi tes enfants pour occuper ce rôle. Cela peut être plus qu’une seule personne. Donc, quand tu cherches qui peut être un bon exécuteur ou une bonne exécutrice testamentaire, il faut que ce soit quelqu’un qui fait les choses rapidement, quelqu’un qui n’a pas tendance à procrastiner. Passe en revue les personnes et demande-toi « Qui, parmi ces gens, sont les gens qui remettent tout systématiquement au lendemain? » Ceux-là ne seront pas le bon choix pour être ton exécuteur testamentaire.

 

Le travail d’un exécuteur testamentaire consiste à faire beaucoup de travail administratif et de suivis. C’est traiter avec des organismes qui sont ouverts du lundi au vendredi, de 9 h à 17 h, et s’occuper de la paperasse. Qui est bon à faire ça? Regarde tes exécuteurs potentiels et demande-toi qui est bon à gérer de la paperasse et qui ne l’est pas. Qui est bon à téléphoner et à faire des suivis et qui ne l’est pas, et ne nomme pas ces derniers pour s’occuper de la succession. Si tu es inquiète, tu peux nommer deux personnes, peut-être que l’une d’elles sera un membre de la famille et l’autre semi-professionnelle, quelqu’un comme moi par exemple.

 

Je me demande… est-ce que ça ne risque pas de causer des malentendus? Par exemple, chaque personne pensant que l’autre s’occupe de quelque chose?

 

À titre d’exemple, disons que je suis nommée co-exécutrice avec un membre de la famille et qu’ils m’ont nommée pour ça, faire avancer le dossier. Et si l’autre personne décide qu’elle ne veut plus être exécutrice, elle peut renoncer et il en reste une pour gérer le tout. Tu veux quelqu’un qui va être responsable et qui va s’occuper des choses à faire dans un délai raisonnable, quelqu’un qui n’a pas peur de faire le suivi auprès des avocats, des organisations, etc. Voilà qui doit être ton exécuteur. Et si cela ne s’applique à aucun membre de ta famille, c’est le temps de chercher ailleurs.

 

N’avais-tu pas déjà mentionné que les banques avaient ce genre de ressources?

 

Bien, des sociétés de fiducie peuvent être exécutrices, mais pour cela ta succession doit être passablement importante avant qu’elles considèrent s’en occuper, parce que leurs honoraires sont dispendieux. Si tu as un million de dollars, ça vaut la peine, mais sinon, tu ferais mieux de trouver quelqu’un d’autre.

 

Le problème avec les membres de la famille, c’est qu’ils ne sont pas toujours d’accord avec les décisions de la personne décédée, et...

 

Ils n’ont pas le choix.

 

… non, mais ils peuvent faire traîner les choses, causer des délais inutiles.

 

Ils peuvent attendre et attendre, et encore attendre, oui, je suppose.

 

Surtout s’il y a de l’animosité, des querelles familiales, des choses comme ça.

 

Ouais, donc, tu veux quelqu’un qui ne va pas être dans la même galère.
Tu veux quelqu’un qui va gérer ta succession comme tu l’as décidé et le plus rapidement possible.

 

En dernier recours, au lieu d’engager un avocat, est-ce qu’il n’existe pas un service public provincial à qui l’on peut faire appel?

 

L’avocat n’est là que si tu cherches à intenter une poursuite.

 

Oui, mais il y a quelque chose au Québec qui s’appelle le Protecteur du citoyen… je ne sais pas si c’est un organisme qui peut intervenir, mais quelque chose comme ça.

 

Tu penses au Curateur public, mais ils ne font pas ça... c’est seulement quand les gens n’ont vraiment personne. Le seul temps où l’on fait appel au Curateur public, c’est lorsqu’il n’y a ni famille, ni exécuteur, ni testament...

 

C’est dommage parce que les avocats ne sont pas gratuits…

 

Oui, et c’est malheureux ce genre de situation parce que tu as raison, les honoraires juridiques seront élevés, mais c’est la seule façon de faire bouger les choses et parfois, tu n’as pas le choix de menacer les gens de poursuites judiciaires pour que ça avance.

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