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Ma Playmothérapie, en avant les histoires!

« Ce qui fait la valeur d'un Playmobil, on ne le voit pas immédiatement en tant qu'adulte : ce sont les histoires qui se créent dans la tête des enfants. »

- Horst Brandstätter, inventeur des Playmobil

Bonjour à toutes et à tous, je m’appelle Anne-Claire, j’ai 42 ans et je viens de la France. 

Certains d’entre vous me connaissent déjà, car j’ai lancé cet hiver un projet de reconstitution historique – diorama – sur le thème des Voyageurs et des Métis avec des Playmobil. 

Enfant, je n’ai jamais eu de Playmobil. J’ai eu bien d’autres jouets, petits personnages, mais jamais de Playmobil. Dans ce premier carnet, je vais vous raconter comment les Playmobil m’ont sauvée de la dépression et vous expliquer que, pour moi, il s’agit de bien plus que de simples petites figurines en plastique. 

Tout a commencé au moment du premier anniversaire de notre fille. Après le congé maternité classique, j’ai décidé de prendre un « congé parental » d’un an pour m’occuper de Lucie. J’avais choisi d’allaiter Lucie et de reprendre le travail après juste trois mois, mais cela me semblait trop tôt. Malheureusement, je n’avais pas réalisé que nous venions d’emménager dans une nouvelle maison, dans une nouvelle ville. Nous étions isolés. Nos parents étaient loin et nos amis aussi. Les

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Playmobil et géométrie sacrée

seules personnes à nous rendre visite régulièrement furent les amies de mon cercle de femmes qui me rendirent visite tous les mois pendant un an. Cette situation d’isolement était très difficile à vivre, avec l’allaitement exclusif en plus, j’ai frôlé le « burn out maternel ». 

Et puis un jour, une amie est venue à la maison avec un cadeau pour Lucie : une boîte de Playmobil 123. C’était une petite ferme avec des animaux trop jolis, qui ressemblaient vraiment à de petits animaux. Nous étions justement en train d’apprendre les animaux avec Lucie, mais les animaux en 3D c’était bien plus rigolo! J’ai un grand défaut/vice – appelez ça comme vous voulez : quand j’aime quelque chose (un livre, un objet, etc.), j’aime avoir la série complète. Je ne peux pas dire que je sois une vraie collectionneuse, mais j’aime avoir des vraies séries, ha ha en fait je suis une vraie « sérieuse »! 

Le seul hic, c’est que les Playmobil neufs coûtent une fortune et que les as du marketing font en sorte que l’on doit acheter 15 boîtes différentes pour avoir tous les animaux. Sans revenu et avec les dépenses inhérentes à un enfant en bas âge, autant vous dire que je n’avais pas les moyens de m’offrir 15 boîtes neuves. C’est alors que j’ai commencé à chercher dans les offres d’occasion. J’ai découvert tout un monde parallèle d’achat et de vente de Playmobil : boîtes presque « neuves », lots, personnages à l’unité. Waouh, que de choix! Si au début je me suis intéressée exclusivement aux animaux, mon esprit créatif s’en est vite mêlé, car lui aussi voulait s’amuser. 

En prenant un congé parental, je m’étais dit que j’allais pouvoir en profiter pour créer et surtout, pour réaliser cette introspection nécessaire à mes questions existentielles concernant mon travail. Autant vous dire que je n’ai rien fait de tout ça pendant mon congé parental. 

J’ai donc commencé à - depuis mon canapé - chercher de nouveaux animaux, de nouveaux moyens de transport, de nouveaux meubles, une maison, etc. Pour les besoins d’apprentissage de Lucie, bien entendu… Savoir nommer, reconnaître, compter, etc. Vous voyez?

En commandant sur des sites Web d’occasion, j’ai dû sortir de chez moi pour aller déposer mes chèques à la boîte aux lettres, chose que je ne faisais pas forcément tous les jours. Et puis ensuite, j’ai dû aller jusqu’au relais colis pour récupérer mes paquets. Sur le chemin du relais colis, il y avait un parc avec un terrain de jeux. Je suis sortie tous les jours pour aller chercher mes colis et tous les jours j’ai emmené ma fille faire du toboggan sur le chemin du retour. C’est dans ce parc que j’ai trouvé la nounou à qui j’allais confier Lucie à ma reprise du travail. 

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L'artiste à l'œuvre (moi-même)

Bientôt j’ai eu tous les animaux, mais c’était viscéral, il m’en fallait toujours plus. Avec le recul, je pense que ce comportement était vraiment compulsif, mais en même temps, il me faisait du bien, il permettait à mon esprit créatif en souffrance de trouver un espace d’épanouissement. 

Un jour, alors que Lucie était en train de faire la sieste, je me suis surprise à prendre la maison des Playmobil et à imaginer un endroit où je pourrai rencontrer d’autres mamans avec des enfants en bas âge, où je pourrai me faire couper les cheveux pendant que quelqu’un s’occupe de ma fille… Un vrai lieu de ressourcement. Et de voir ces personnages dans cet espace que j’avais imaginé et créé me faisait tellement de bien. Je ne sais pas si vous le savez, mais le cerveau

ne fait pas la différence entre le réel et  l’imaginaire. Jouer à faire « comme si » équivaut à la réalité pour le cerveau. 

À ce moment-là, j’ai compris que je tenais entre mes mains mon outil de visualisation créatrice.
 

(suite au prochain numéro)

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