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Créer, visualiser sa vie et la transcender

Lorsque j’ai réalisé que je possédais mon outil de visualisation créatrice, j’ai commencé à profiter des siestes de Lucie pour rêver, imaginer ma vie idéale en 3D.

Avec mes Playmobil – car vous l’aurez bien compris, il s’agit bien de MES Playmobil et à aucun moment de ceux de ma fille – j’ai organisé mes premiers cercles de femmes, j’ai animé mes premiers ateliers créatifs et méditatifs, j’ai recréé le cycle des saisons…

Et pour aller encore plus loin, je les ai utilisés comme de vrais outils thérapeu-tiques pour réaliser des constellations familiales ou bien encore des rituels psychomagiques dignes de Jodorowsky.

Et puis un jour, j’ai dû reprendre le chemin du bureau. Gérer des projets informatiques, une place dans un open space dont les fenêtres ne s’ouvrent pas… J’étais bien loin du plaisir que j’avais pu imaginer avec mes Playmobil.

Le temps a passé, Lucie a grandi et j’ai découvert les Playmobil « de grands » : un nouveau monde bien plus riche me tendait les bras. Une infinité de personnages, d’objets, d’animaux. Et surtout plein de sites Web de vente au détail, à l’unité. J’ai passé des heures à choisir un objet comme un compas ou une boussole. Des objets très spécifiques, car vous l’aurez bien sûr compris, tout ceci procède d’un travail éminemment symbolique. Sous des airs de jouets ludiques et colorés, c’est bien un réel travail de développement personnel voire de thérapie qui se mettait en place.

Après neuf mois passés dans l’open space, je suis partie en arrêt « maladie ». En parallèle d’une psychothérapie, j’ai continué mon travail avec les Playmobil. Bizarrement, ma psy ne m’a rien dit à propos des Playmobil (!!!)

Et puis, j’ai commencé à peindre. Des personnages joyeux et colorés, faussement naïfs. Tout comme mes histoires de Playmobil, mes tableaux ont de multiples niveaux de lecture.

Consciente de ce rôle important qu’ils jouent dans ma vie depuis des années, j’ai continué à passer des heures sur des sites Web spécialisés pour trouver une toute petite pièce qui avait du sens pour moi.

Le projet de venir vivre au Canada est arrivé, alors pour m’aider à visualiser

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cette nouvelle vie, j’ai commencé à acheter… des animaux! Et c’était reparti comme au début! J’ai trouvé une maison en bois au bord d’un lac, des animaux d’Amérique du Nord, des personnages. Pour les 6 ans de Lucie, je lui ai préparé une boîte pleine avec des tipis, des « Indiens »¹ pour lui expliquer

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Pour vaincre ma peur du manque de nourriture (ben oui, qu’est-ce qu’on fait pousser au Manitoba par -25 °C ?!?), j’ai acheté un potager avec plein de légumes, une serre, etc. 

J’ai commandé un chariot comme celui des pionniers, car j’avais vraiment l’impression que je partais à l’aventure totale en acceptant ce projet fou de déménagement à Winnipeg. Et, un mois avant le déménagement, alors que je vendais tout ce qu’il y avait dans ma maison, je continuais à acheter encore et encore des Playmobil : des arbres, des

que là où nous allions aller c’était la Terre des peuples autochtones. J’ai choisi avec grand soin des objets du quotidien, du calumet au travois, de la plume pour la sauge au porte-bébé. C’était ma manière à moi de me connecter à l’histoire de ce pays que je ne connaissais pas.

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plantes, une maison… Une fois de plus, ce fut un comportement complètement irrationnel. Mon mari ne comprenait pas que d’un côté je vide pour remplir de l’autre. Mais c’était plus fort que moi. J’étais chez mes parents qui ne comprenaient pas non plus, je vais le dire comme ça pour rester correcte!

 

Dans ma valise cabine, j’avais mon chariot des pionniers avec trois personnages (mon mari, ma fille et moi). Bien sûr, ils m’ont servi de « doudous », car vous pouvez me croire, c’est une sacrée aventure que de tout quitter pour aller s’installer à un endroit qu’on ne connaît pas. Ça demande une sacrée dose de confiance ou d’inconscience au choix, de tout quitter quand on a déjà tout. Ce n’est pas comme quand on n’a rien ou pas grand-chose à perdre.

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Et puis voilà, la COVID-19 est arrivée, rendant tout plus compliqué, fermant les lieux de sociabilité, annulant les choses amusantes. 

La seule chose agréable que j’avais repérée quand nous avons décidé de nous installer à Winnipeg, c’était le Festival du Voyageur. Sauf que cette année, eh bien il n’y aurait pas de festival.

À la maison, seule, en crise créative, car entre deux eaux, plus chez moi en France et pas encore établie/enracinée au Canada, je n’arrivais pas à créer, à reprendre mes pinceaux. C’est là que le projet de diorama sur les Voyageurs

est arrivé. Il m’a traversé l’esprit, et comme la première fois, je me suis lancée dedans à fond. J’ai regardé des documentaires historiques, j’ai lu des articles, écouté des balados pour me documenter. Avec tous les Playmobil que j’avais emportés dans mes boîtes, je pouvais commencer à raconter des choses.

Mais pour avoir un vrai diorama sur les Voyageurs, il me fallait absolument un fort. Impossible d’en trouver un au Canada. Ici, les Playmobil sont bien moins faciles à trouver qu’en France. J’ai donc repris mes habitudes, je les ai

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commandés en France et je les ai fait livrer chez mes parents dans le sud de la France. Mes parents sont allés chercher les paquets de Playmobil au point relais et me les ont envoyés dans une grande boîte. Bizarrement, cette fois-ci je n’ai pas senti que pour eux je faisais n’importe quoi. Comme quoi, même ça, ça peut changer.

Et c’est peut-être ça la plus grande magie de mes Playmobil… De nous avoir réunis autour d’un projet commun à des milliers de kilomètres. 

Sans compter les trois entrevues radio et l’article que je viens d’écrire. 😉 

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