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 « Crockpot » ou cocotte-minute?
Leçon de vie dans ma cuisine

Winnipeg, le 14 septembre 2021

Aussi loin que je me souvienne, il y a toujours eu une cocotte-minute chez mes parents, et mes grands-parents.

Une cocotte-minute c’est un autocuiseur, une cocotte que l’on va mettre sous haute pression.

Peut-être parce que ma mère vient de l’endroit d’où viennent les cocottes-minute? Je ne sais pas. Mais quoi qu’il en soit, pour moi cet outil fait partie de mon patrimoine culturel, tant et si bien que ma mère m’en a offert une quand je suis partie faire mes études à Aix-en-Provence.

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La cocotte-minute Seb offerte par ma Maman quand j'ai quitté la maison.

Je l’ai toujours, depuis plus de 20 ans. Pour les ragoûts, c’est le top. Ça va vite.

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Chili à la cocotte-minute

Quand je suis arrivée au Canada, j’ai découvert un nouvel appareil ménager : le « Crockpot » ou la mijoteuse. J’ai tout d’abord été intriguée. Et puis je me suis dit que pour être une vraie Canadienne, il fallait que j’aie un tel appareil.

 

Le temps a passé. J’ai su m’en passer durant toutes ces années, alors pourquoi acheter une mijoteuse?

Et puis j’ai fait brûler ma cocotte-minute deux fois sur ma plaque de cuisson… qui était un peu pourrie

il est vrai, mais ça, c’est une autre histoire. Hors de question de réitérer l’exploit, je la mets de côté et je l‘utiliserai à nouveau quand j’aurai une plaque convenable. 

Mais bon je ne vais pas acheter de mijoteuse, on va bientôt déménager, inutile de s’encombrer avant le déménagement. 

Et puis finalement, on ne va pas déménager. Après avoir visité 50 maisons, nous avons décidé de prolonger notre contrat de location jusqu’à la fin de l’année scolaire. Oui, nous allons nous laisser le temps de trouver notre maison. Nous avons choisi de ne plus nous mettre la pression pour absolument trouver une maison dans les trois mois. 

Cette décision n’a pas été facile à prendre, car elle impliquait de faire le deuil de NOTRE maison pour le moment. Mais elle nous permettait de faire baisser la PRESSION.

La vie est ainsi faite que le jour où nous avons pris cette décision, une amie m’a vanté les mérites de sa mijoteuse et… qu’il y avait une super offre chez Canadian Tire sur les mijoteuses justement à ce moment-là. 

Le déménagement n’étant plus de mise, je n’avais plus de scrupule à acheter une mijoteuse. 

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Ma mijoteuse canadienne

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Boeuf bourguignon à la mijoteuse

Et c’est ce que j’ai fait. Et je l’ai immédiatement testée en faisant un bœuf bourguignon, l’épreuve ultime pour savoir si cet achat valait le coup. Je précise que les cocottes-minute Seb sont originaires de Bourgogne juste comme ça au passage, comme la moitié de ma famille. 

Le bourguignon a été validé par toute la famille. Je l’ai laissé cuire pendant 10 heures. Une durée impensable pour les adeptes de cocottes-minute! 

Au-delà de la popote et des casseroles, c’est une tout autre compréhension de la vie et du temps qui m’a été enseignée à travers cette histoire. À quoi bon aller vite et se mettre la pression quand on peut prendre son temps, aller doucement sans forcer. Le résultat est finalement le même. 


Mon bourguignon me renvoyait à ma recherche de maison, et de manière plus large à ma nouvelle vie ici au Canada, loin de la banlieue parisienne, de la course constante, du RER*.

Utiliser une mijoteuse nécessite de savoir s‘y prendre à l’avance, mais une fois que le projet est lancé, on peut l’oublier, aucun risque qu’elle brûle, on a l’esprit tranquille. 

Et je crois que cette tranquillité d’esprit, cette charge mentale en moins, est un vrai cadeau. 

Car depuis plus de deux ans nous étions sous pression de manière constante, sans toujours en être pleinement conscients. Alors là, s’enlever de la pression et de la charge mentale, j’avoue que ça a été une bien bonne idée.  

Ce numéro du Nénuphar va paraître juste un peu avant le jour de l’Action de grâce et je voudrais en profiter pour vous partager également un petit témoignage de Gratitude. 

En venant à Winnipeg, j’avais peur de ne rien trouver à manger (oui je sais c’est surréaliste, mais à chacun ses angoisses, et puis c’est un peu l’hiver plus de six mois par an, alors…) 

Du coup, je me suis dit que j’allais devoir apprendre à conserver les aliments. Mais étant donné que nous étions en location et que c’était notre première année, je n’ai pas fait de jardin à proprement parler. J’ai semé des graines et mis des plants de tomates dans des pots, plein de pots. J’ai fait de belles récoltes, très prometteuses qui m’ont permis d’avoir confiance pour les prochaines années.

Le plus magique a été qu’au fond de mon jardin se trouvent un poirier et un pommier. Ils sont chez mes voisins, mais leurs branches donnent chez moi. Et j’ai pu récolter plein de poires tombées littéralement du ciel. Poires que j’ai honorées et transformées en délicieuses compotes et confitures. 

Le temps des pommes est maintenant venu et je vais aussi les honorer en faisant de la Confiture de Gratitude que j’offrirai à mes voisins et amis. Parfois, l’abondance ne pousse pas directement dans notre jardin et nous en profitons quand même… Le tout, selon moi, est de savoir la reconnaître et l’honorer. 

Sur ces bonnes paroles philosophico-culinaires, je vais retourner à mon nouveau défi qui est de faire mon pain. Un autre exercice de patience ô combien gratifiant. 

Je vous souhaite à toutes et à tous une très belle fête de l’Action de grâce. 
 

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Ça popote en cuisine

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