en-tête.jpg

Le jour où j’ai rencontré le père Noël

Winnipeg, le 17 novembre 2021

Il y a des rencontres qui marquent.

En l’espace de deux jours, j’ai eu la chance de vivre deux de ces rencontres magiques. 

Tout d’abord, dimanche, lors de notre balade au parc de Fort Whyte. Il venait de neiger, tout était blanc. 

Pour la première fois de ma vie, je pouvais admirer un troupeau de bisons, de très près. Quelle puissance se dégage de ces animaux! Il y a deux ans, nous revoyions notre projet de départ au Canada et décidions non pas d’aller à Vancouver comme nous le pensions initialement, mais d’aller vivre au pays des bisons…

257649739_4526960737419455_4768580881734318218_n.jpg

Au cours de notre balade, nous avons eu la chance de voir un cerf et une biche. Ici la vie sauvage s’invite en ville. C’est très impressionnant. Cette rencontre imprévue avec la biche, face à face, les yeux dans les yeux, je l’ai vécue comme un cadeau, une bulle hors du temps. 

Dans le parc, il y avait un endroit, un peu en retrait, caché, avec des bancs et des mangeoires à oiseaux. Mon mari m’a dit, regarde, ça doit être un cercle magique (il me connaît bien 😊). Alors nous avons pénétré à l’intérieur du cercle et nous avons été entourés d’oiseaux. À cet instant, ma fille qui avait été bien pénible jusque-là, maugréant et traînant les pieds, s’est tue, a commencé à bouger doucement, sans faire de bruit. Ce moment dans le cercle, entourée d’oiseaux, a complètement transformé son énergie. Il s’agissait bien d’un cercle magique!!!

En France, j’avais l’habitude des thérapies alternatives, des « médecines douces » comme on les appelle. Hier, j’avais rendez-vous pour la 

257891174_10222406165075202_1063232373566122652_n.jpg

première fois au Canada chez un naturopathe. J’y suis allée un peu sur la retenue, ne sachant pas à qui j’allais avoir affaire, après 18 mois à vivre avec la COVID-19, les vaccins, le climat de peur bien entretenu par les médias et relayé par la vox populi. Je suis entrée dans le cabinet, j’ai retiré mes chaussures et mon manteau, mais j’ai gardé mon écharpe bien nouée autour du cou et ma veste à capuchon bien fermée jusqu’en haut. (On se protège inconsciemment comme on peut…)

Et puis le médecin est arrivé. Il avait les cheveux blancs et on pouvait deviner une barbe blanche sous son masque. Son regard était malicieux et pétillant comme celui de l’acteur Robin Williams dans Docteur Patch. Il a commencé à m’expliquer sa vision de la médecine et à ce moment-là je me suis mise à pleurer. Son discours était celui que j’avais l’habitude d’entendre « avant ». À l’écouter, j’avais l’impression d’être « à la maison ». Les larmes sont venues, comme l’exprime si merveilleusement Frédéric Lenoir dans son livre que j’ai déjà évoqué dans une autre chronique.

« Je me suis souvent demandé pourquoi il nous arrive de pleurer lorsque nous sommes dans la joie. Je crois que c’est dû au fait que la joie vient d’une épreuve surmontée : la guérison définitive d’une longue maladie; la victoire après un effort intense qui nous a causé de profondes souffrances; les retrouvailles avec un proche qui avaient été longtemps empêchées. Ainsi, au milieu même de notre joie, nos larmes expriment la douleur qu’il a fallu traverser pour remporter cette victoire, pour nouer cette amitié indestructible, pour sortir d’une situation périlleuse. Elles constituent l’ultime trace d’une tristesse surmontée. » 

Frédéric Lenoir, extrait du livre La puissance de la joie 

Ses mots ont agi comme un baume sur mon cœur serré depuis si longtemps. Mes épaules ont commencé à se détendre, j’ai ôté mon écharpe, ouvert ma veste à capuchon; enfin je pouvais « respirer en confiance », sortir de l’apnée dans laquelle je vivais depuis si longtemps. À cet instant précis, en face de moi, j’avais le père Noël.
 

Liste de tous les articles de.jpg