Réflexions de Gaëtanne

J’ai immédiatement été séduite par l’argile, depuis mon introduction à ce médium tactile et sensuel, il y a plus de 30 ans. Sa malléabilité me permet de voyager intérieurement, de réfléchir à ma réalité et à mes limites personnelles. L’argile, organique comme la terre, a ses propres bornes qu’on doit respecter. Son importance surpasse la politique du jour, les croyances, les différences, les injustices et la guerre. C’est la terre même. Je lui appartiens, elle ne m’appartient pas. L’argile est une partie intrinsèque de l’histoire de l’humanité. On s’en servait pour façonner des amulettes de fertilité même avant d’avoir découvert le feu et de modeler la poterie.

Les dentelles brodées, tissées et crochetées avec de grandes variétés de fils ont été utilisées tout au cours de l’histoire dans toutes les sociétés, pour illustrer les dévotions spirituelles, les coutumes et le statut social des riches et fortunés. C’est la simplicité de l’argile en juxtaposition avec la complexité de la dentelle qui m’intrigue. Chaque molécule dépend d’une autre, tout comme les fils qui forment les designs de la dentelle; chaque point dépend d’un autre point. J’ai pour but de célébrer la vie, son équilibre délicat, ainsi que la complexité et l’harmonie de son design. Mon intention est de créer une impression de force et de fragilité.
 

Gaëtanne avec son installation Point central sur le boulevard Provencher à Saint-Boniface.

Ma pratique comme artiste part d’une recherche des médias qui m’intéressent : l’argile, la dentelle, l’installation et l’image numérique. Cette pratique est appuyée d’histoires et de recherches visuelles dans certains thèmes spécifiques : la ressemblance visuelle de la dentelle au génome, son rôle dans la mode à travers les siècles et sa signification sociale aujourd’hui comme symbole de sensualité.

Je m’efforce d’évaluer les conventions de perception courante malgré les grands changements de la modernité.