La vie d’un voyageur à la rivière Rouge

À la rivière Rouge, le climat est en général salubre et agréable. L’hiver est long et très froid, entre 10 et 30 degrés sous zéro. C’est plus sec qu’au nord-est et qu’à l’est des Grands Lacs. C’est la saison la plus animée. On en profite pour souligner et célébrer les mariages à la mode du pays, avec musique et danse pendant quelques jours.

 

L’hiver est la saison de repos pour les intrépides voyageurs après toutes les peines endurées en expédition. Autour d’un feu, ils racontent des histoires où les dangers les attendaient aux tournants des rivières; ils brossent des tableaux romantiques de cette nature sauvage, des longs et fastidieux voyages sur les lacs et les rapides des pays d’en haut. Alors que femmes et enfants retiennent leur souffle, leur attention est figée devant leurs visages basanés, illuminés par un récit animé, utilisant une voix grave, solennelle pour raconter la mort d’un compagnon qui périt dans les bouillons d’une cataracte de ces contrées sauvages.

 

Au printemps, c’est le retour du soleil qui réchauffe, c’est la neige qui fond, les fleurs qui sentent bon; les lacs calent, les rivières se remettent à couler, la glace est emportée par le courant; on range les capots de laine, on sort les tuques rouges; les voyageurs commencent à rêver de rapides, de chutes et de lointains voyages dans leur canot léger.

 

L’été venu, ils retournent avec leur brigade parcourir les rivières et les lacs pour transporter des marchandises à différents postes et rapporter les fourrures au dépôt du Fort William.

 

Le jour du départ, on charge les six ou sept canots de marchandises destinées à des postes plus au nord. Les voyageurs vêtus de leurs nouveaux habits embarquent après avoir serré la main et étreint leurs camarades, et ceux qui restaient derrière. Agrippant les avirons, ils poussent les canots, se mettent à ramer vigoureusement et descendent la rivière Rouge, chantant une de leurs plus belles chansons de canot, étant parfois interrompus par de grands cris d’adieu alors qu’ils passent devant des habitations d’amis.

 

 

La vie dans les postes de traite

 

La vie au fort suivait son cours et tournait autour d’activités saisonnières. Les voyageurs qui passent l’hiver dans les postes de traite deviennent pour un court temps, trappeurs, pêcheurs, menuisiers. Ils peuvent faire n’importe quoi, comme couper du bois pour le comptoir où ils sont postés, déblayer la neige des portes, réparer toutes sortes de bris et l’été, ils reviennent à leur occupation habituelle : transporter marchandises et fourrures entre leur poste et le dépôt le plus proche.

 

La présence d’un interprète est nécessaire au fort. C’est aussi un voyageur qui possède un statut plus élevé. C’est un travailleur intelligent qui a beaucoup d’expérience à son actif; ses quelques connaissances des Indiens sont très utiles quand vient le temps de commercer avec eux.

 

À cause de la rivalité entre les compagnies, chacune voulant obtenir l’exclusivité de la traite avec les Indiens, on passait beaucoup de temps à surveiller les allées et venues des rivaux. Chaque fort possédait sa tour de guet. On s’affairait beaucoup à nuire, souvent par l’intimidation et la force, aux activités de traite des concurrents.

 

De plus, les hommes allaient en dérouine pour être les premiers à contacter les Indiens et s’assurer ainsi de leur fidélité. Courir la dérouine veut dire que les hivernants se rendent dans les campements indiens pour traiter directement avec eux. D’un campement à l’autre, ils vont chercher les fourrures où elles sont et en profitent pour tisser des liens d’amitié et même de parenté avec les Autochtones. Ils passent l’hiver chez les Indiens à commercer, à faire des ententes, à prendre des arrangements pour que ces derniers apportent leurs fourrures aux postes de traite.

 

 

Des occasions pour célébrer

 

Les jours de fête, le bourgeois offrait une régale, alors il y avait beaucoup de prétextes pour festoyer : l’arrivée d’un visiteur, lors de fêtes comme la Toussaint, Noël, le jour de l’An, la messe le dimanche, autant de raisons pour fumer, raconter des histoires, faire de la musique, chanter et danser.

 

Lorsqu’un voyageur avait ramené une compagne indienne. Ils étaient tous les deux considérés comme étant mariés « à la mode du pays », sans formalité et donc comme légitimes. On sortait le violon et la fête commençait.

Noël arrive et on se prépare à célébrer la nouvelle année. La coutume veut que les hommes des postes rivaux passent ensemble le temps des Fêtes. Ça rit, ça chante, ça célèbre et ça danse.

 

Au jour de l’An, c’est les visites. On embrasse le bourgeois et les femmes… Une tradition des femmes voulait qu’elles embrassent tous les hommes sur la bouche, le jour de Noël. Elles commençaient avec le plus vieux et, à tour de rôle, s’approchaient d’eux pour perpétuer la coutume. Les hommes se pliaient volontiers à cette tradition et, bien sûr, il y avait toujours ces cas de bouches édentées qui en dégoûtaient plusieurs. Alors, les plus répugnés branlaient quelque peu la tête et les lèvres atterrissaient sur la joue. L’honneur était sauf.

Source : Robert Michael Ballantyne, La Baie d’Hudson

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