La fin d'une époque!

Leurs rires et leurs chansons ne résonneront plus contre les falaises du lac Supérieur.

 

Vers 1840, c’est la fin de la traite des fourrures, les voyageurs ne viennent plus dans les pays d’en haut. Leur métier a disparu, ils s’établissent là où ils sont. Il est fini le temps des canots menés par les valeureux voyageurs qui ont parcouru tout le territoire nord-américain. On n’a plus besoin d’eux ni de leurs canots. On ne verra plus leurs tuques rouges sur les chemins d’eau. Leurs rires et leurs chansons ne résonneront plus contre les falaises du lac Supérieur.

 

Maintenant, c’est la foresterie, la drave et les camps de bûcherons. En 1886, un premier train traverse le Canada. Il part de la gare Dalhousie, à Montréal, et arrive à Port Moody, à 20 kilomètres de la petite localité de Granville, qui deviendra par la suite Vancouver.

 

Les voyageurs s’établissent là où ils sont, près des postes de traite et aussi dans des villes modernes telles que Détroit, Saint-Paul et Saint-Boniface. Ils fondent Sainte-Geneviève, près du rivage du fleuve Mississippi. Le déclin de la traite des fourrures, en plus de favoriser la fusion de la Compagnie du Nord-Ouest et de la Compagnie de la Baie d’Hudson, a accentué cette sédentarisation. Par exemple, Sainte-Geneviève a été fondée par une cinquantaine de voyageurs.

 

Les voyageurs sont les premiers colons blancs dans plusieurs régions en Amérique. Ils bâtissent des villages. C’est le début de la civilisation actuelle.

 

Ils ont nommé lacs, rivières, villages, villes.

 

Ils ont laissé un souvenir impérissable : en Louisiane, au Michigan, au Midwest, au Nebraska, au Montana, à Sainte-Geneviève, à Saint-Boniface, à Grand Portage et à Fort William, à Lachine près de Montréal. Plus que ça, c’est toute l’Amérique du Nord qu’ils ont parcourue, qu’ils ont sillonnée. Ils nous ont laissé des souvenirs, une empreinte qui n’est pas prête à s’effacer de notre mémoire.

 

Le docteur Bigsby, un médecin britannique qui accompagne régulièrement les voyageurs, avoue n’avoir rien en commun avec eux, néanmoins il se rappelle leurs rires et leurs chansons :

« Je les regarde avec une mystérieuse admiration, comme étant les derniers vestiges d’une civilisation ancienne. »

R. M. Ballantyne, un commis de la Compagnie de la Baie d’Hudson, se déplace souvent d’un poste de traite à l’autre, en canot ou en traîneau. Il écrit dans Hudson Bay :

« Hélas! Les forêts ont perdu ces voix… seuls les étroits sentiers de portage et les croix rugueuses sur les tombes des voyageurs qui ont péri en chemin témoignent de l’existence de ce passé. »

Ces hommes pratiquaient l’un des métiers les plus durs qui soient! Levés vers 3 h du matin, ils pagayaient ou portageaient toute la journée, parfois tard dans la soirée, avec deux pauses pour manger. Pourtant, tous ces hommes n’auraient échangé leur place pour rien au monde! Selon eux, c’était ça la vraie vie! Ils étaient humbles, sans prétention. Et surtout, n’oublions pas les services rendus et l’importance de leur rôle dans l’histoire des États-Unis et du Canada.

 

Encore aujourd’hui, quiconque intéressé à cette page de notre histoire ou simplement recherchant l’aventure peut trouver un parcours de canot et en retirer une satisfaction. Tous ces chemins régulièrement utilisés au temps de la traite des fourrures restent accessibles aux canots encore aujourd’hui.


Alors, si vous tentez l’aventure du canot, si vous allez camper, le soir près d’un feu de camp, ayez une petite pensée pour eux, écoutez attentivement, tendez l’oreille, peut-être entendrez-vous venant d’un écho lointain : La belle Françoise ou En roulant ma boule.

Vous voulez savoir si vous avez un ancêtre voyageur?

Rendez-vous sur le site Web de la Société historique de Saint-Boniface (35 900 contrats d’engagement) :


Aussi à :

Vous y retrouverez 120 contrats d’engagement.


Et voilà, cette chronique est la dernière de ma modeste contribution au magazine Le Nénuphar. Vous pouvez cependant continuer à enrichir vos connaissances sur le sujet, soit par des lectures, des conférences, des visites de lieux historiques ou autres.

Je vous invite à communiquer avec moi, par courriel (bobed@ccapcable.com) ou par téléphone (418 849-1998) et je vous ferai des suggestions de lectures, de livres, de lieux historiques à visiter, de trajets routiers à suivre, de cartes à consulter, de sites Web à surfer, etc.

Vous avez aimé cette chronique
Sur les traces des voyageurs?

 

Faites-moi part de vos commentaires ou suggestions : bobed@ccapcable.com

*   *   *

Pour vous procurer le livre Les voyageurs d’Amérique,

  • vous pouvez demander à votre bibliothèque de quartier de le commander, c’est gratuit

  • le commander chez votre libraire le plus proche (40 $)

  • le commander aux Éditions GID (40 $ plus les frais de port)

  • Je peux vous le faire parvenir par la poste.
    Je le vends 35 $ plus les frais de port. J’y ajoute une dédicace. Le paiement peut se faire par Interac ou PayPal.

Pour commander :


Gilles Bédard :

 

ou

LES ÉDITIONS GID :

 

bobed@ccapcable.com

Tél. : 418 849-1998

 

editions@leseditionsgid.com

Tél. : 418 877-3110

Liste de tous les articles de Sur les tr