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SURVIVRE AU TRAVAIL

Le stress à bonne dose

Allez-vous vous surprendre si je vous dis que le stress sert à nous protéger?
Ah oui! Je vous apprends du nouveau?

Si vous n’imaginez jamais le stress comme étant une bonne chose ou que vous ne voyez pas son côté positif, c'est peut-être parce que nous sommes tous tellement

habitués à entendre parler du stress de façon négative que l’on ne peut plus voir que ce côté de la médaille. Par contre, sachez que le stress sert, et a servi depuis longtemps, à nous protéger des menaces. Dès que l’homme préhistorique a dû

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combattre l’ennemi pour survivre, son cerveau et son corps ont développé un mécanisme de défense appelé lutte ou fuite (fight or flight). Ainsi, le stress n’est pas mauvais en soi, ni pour le corps ni pour le cerveau; au contraire, il est nécessaire à la survie¹.

Lorsque notre cerveau détecte une menace, des hormones vont activer les glandes surrénales qui produisent les hormones de stress les plus importantes chez l’humain : l’adrénaline et le cortisol¹. On va ainsi se préparer à poser les deux gestes possibles devant la menace : combattre ou fuir, et tout cela se produit en quelques secondes.

En résumé, ce mécanisme libère de l'adrénaline pour optimiser les fonctions de notre corps; les muscles sont tendus pour que le corps puisse s'échapper ou se battre, le 

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le cœur et la respiration sont accélérés afin que plus d'oxygène se propage à travers le corps et aussi vers le cerveau, et même la sueur est là pour vous rafraîchir. Ensuite, le corps se prépare à diminuer les effets de l'adrénaline afin de les atténuer. Le cortisol va produire

une série de réactions métaboliques dans l'organisme, ce qui facilite son adaptation à l'impact du stresseur.

Par contre, le stress peut être néfaste pour notre santé lorsqu’il devient chronique, c’est-à-dire lorsque le mécanisme est en quelque sorte déréglé. Cela peut entraîner des troubles de santé mentale et physique. Des effets sur la mémoire, la concentration et la motivation commencent à apparaître, pouvant aller jusqu’à la dépression et l'épuisement professionnel. Côté physique, cela peut affecter le cholestérol négativement, jusqu’à une augmentation de l’indice de la masse corporelle.    

 

C.I.N.É. – Les conditions du stress

 

Une chercheuse de Montréal, Sonia Lupien, étudie les effets du stress depuis longtemps. Elle nous parle d’un acronyme que j’aime beaucoup, le C.I.N.É. Elle dit que pour qu’une situation soit stressante, il doit y avoir un ou plusieurs des éléments suivants qui caractérisent la situation : contrôle, imprévisibilité, nouveauté, égo menacé.

 

Aujourd’hui je vous parle du premier élément, « C » pour contrôle. Il entre en jeu lorsque vous sentez que vous n’avez aucun ou très peu de contrôle sur la situation, par exemple lorsque vous avez la perception que vous perdez le contrôle de votre temps, de votre emploi, de votre famille ou de votre santé. Le sentiment de perte de contrôle est suffisant pour déclencher une réponse physiologique du stress dans notre corps (Lupien, 2010, p. 26).

On pourrait penser à quelqu’un qui souffre d’aérodromophobie ou, autrement dit, qui a la phobie des avions. Nous, les passagers, quand on embarque dans un avion,

savons que nous n’avons pas le contrôle de ce qui va se passer dans la cabine de pilotage. C’est notre perception du manque de contrôle qui va jouer là-dedans, en plus du fait que nous n’avons pas la manette dans nos mains. Ainsi, qui aurait tendance à être plus stressé lorsqu’il y a une turbulence? Le passager ou le pilote? 

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C’est probablement le passager, d’abord parce que le pilote sait très bien qu’une turbulence est très normale et que cela arrive plusieurs fois par jour, tous les jours, donc le pilote a tendance à avoir la perception qu’il sait ce qui se passe. Tandis que le passager n’a pas le contrôle de l’avion et d’autant moins la perception qu’il a le contrôle de la situation; par conséquent, son niveau de stress augmente, car il va ressentir cela comme une menace et son corps va répondre avec tous les mécanismes physiologiques décrits au début de cette chronique.

Le mois prochain, nous passerons aux lettres « I » et « N » de l’acronyme C.I.N.É. et je vous offrirai des suggestions pour mieux gérer son stress.

¹ Par amour du stress, Sonia Lupien, p. 43

Références :
Recette du stress, Centre d’études sur le stress humain (CESH)
Traquer le mammouth, ou comment mieux gérer le stress, Prévention au travail

 

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