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D’un sarrau à un métier pour la vie

Un sarrau accroché à une patère fut l’élément déclencheur qui m’a dirigée vers une carrière de professeur de chimie. C’était au printemps 1983, la fin du cégep arrivait et je n’avais encore aucune idée de mes champs d’intérêt futurs en matière de travail. J’avais suivi un programme de sciences pures et sciences santé, sans penchant particulier. Les inscriptions à l’université commençaient, alors quoi faire? Ce sarrau en question, il avait appartenu 

à Diane Rivest-Filion, une jeune prof de chimie engagée et engageante. Au cégep elle me l’avait prêté puis donné, de même que plusieurs livres de chimie que j’aurais déjà, au lieu de devoir les acheter, si je me décidais à m’inscrire au B.Sc. en chimie à l’Université de Montréal. Ce que j’ai fait.

J’ai donc passé les trois prochaines années à apprendre tout sur la chimie pratique, théorique, expérimentale, médicinale et j’en passe. Nous étions une classe de quatre-vingt-huit étudiants, toujours ensemble, comme une famille, à étudier intensément, à développer des amitiés durables et à faire la fête. Bref, ce furent trois des plus belles années de ma vie. Le plaisir venait aussi de vivre dans un milieu universitaire diversifié, tant par la rencontre de différentes cultures que par le partage de connaissances multidisciplinaires. Je retournais voir Diane de temps en temps, pour lui raconter mon parcours et échanger quelques anecdotes.

 

Après mon B.Sc., comme je voulais rester à l’université, j’ai commencé une maîtrise en chimie analytique et je me suis découvert des aptitudes pour la recherche (ce sont les autres qui me le disaient!). Mon superviseur, feu Michel Bertrand, savait inculquer à ses étudiants le feu sacré de la recherche, même s’ils les laissaient se débrouiller la plupart du temps. Deux ans plus tard, mon diplôme en main, j’ai constaté qu’il me fallait vraiment améliorer mon anglais si je voulais travailler en sciences. C’est l’Université Dalhousie, à Halifax, qui m’a accueillie durant les trois années qu’a duré mon Ph. D. Quel défi d’apprendre l’anglais et la chimie environnementale avec trois superviseurs de recherche : Greig Sim (Néo-Zélandais), Louis Ramaley (du Colorado) et Bob Boyd (Écossais). J’ai adoré Halifax et la Nouvelle-Écosse, j’y ai appris des tas de choses et c’est là que j’ai rencontré Bill Caley, mon conjoint, il y a 32 ans!

 

Un jour, une conférencière en visite à Halifax, Catherine Costello, m’a dit qu’elle cherchait un ou une spécialiste dans mon domaine pour travailler au prestigieux Massachusetts Institute of Technology. J’ai postulé, ils m’ont invitée pour un entretien et voilà, j’avais l’emploi et j’y suis restée de 1992 à 1994. Ce fut une autre belle expérience à collaborer avec des chercheurs internationaux dans le milieu fort stimulant et énergisant des villes de Cambridge et de Boston.

 

C’est en avril 1994 que je suis venue à Winnipeg pour la première fois, passer une entrevue pour un poste de professeur au Département de chimie de l’Université du Manitoba. C’est l’accueil chaleureux de mes futurs collègues et la présence d’une forte communauté francophone qui m’ont convaincue de venir m’établir ici. Depuis, en aucun moment ai-je regretté cette décision. Si le français me manque parfois au travail, je me rattrape en participant à plusieurs activités organisées en milieu francophone.

(suite au prochain numéro)

Hélène Perreault est
chercheuse et
professeure agrégée
au Département de chimie
à l’Université du Manitoba.

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