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D’un sarrau à un métier pour la vie
(suite)

Alors j’en viens au fait, quelles sont les activités quotidiennes d’une prof de chimie? Premièrement aucune journée ne ressemble aux autres, ce qui rend cette profession vraiment fascinante et jamais ennuyante. Le seul dénominateur commun est l’enseignement, vu que les cours et les laboratoires ont lieu à heures fixes d’une semaine à l’autre. Notre tâche comprend 40 % d’enseignement. Autrement, il y a la recherche, pour laquelle un autre 40 % est consacré. Cela veut dire entre autres : élaborer un programme de recherche avec des projets à dates de tombées précises, préparer des demandes d’octroi pour aller chercher les fonds nécessaires à cette recherche, recruter des étudiants et du personnel qualifié pour faire avancer les projets, et assurer la visibilité des résultats de recherche à travers les publications et conférences. Le 20 % qui reste, c’est le travail administratif en comités. En effet, le Département de chimie, la Faculté des Sciences et l’ensemble de l’Université du Manitoba comptent beaucoup sur les professeurs pour toutes sortes de décisions importantes prises en comité : le cursus pour les années à venir, la nomination d’un ou d’une collègue pour un prix prestigieux, la gestion des affaires départementales, l’embauche de nouveaux professeurs, les cas de tricherie lors des examens, les collaborations de recherche, etc.

 

Ce que j’aime le plus dans mon emploi du temps est l’interaction avec les étudiants de tous niveaux, qu’ils soient en première année du B.Sc. ou rendus à la fin de leur doctorat. Chaque étudiant a une personnalité différente, des attentes différentes et un processus d’apprentissage différent. J’essaie toujours de me mettre à leur place quand j’étais étudiante et de leur communiquer mon expérience sans trop tomber dans le patron de la mère poule. Ce que j’aime le moins? Le stress d’obtenir ou pas nos octrois de recherches. Diriger un laboratoire de recherche c’est comme gérer une mini-entreprise, il faut payer nos employés et nous assurer que leur milieu de travail est bénéfique et épanouissant, donc s’occuper des relations humaines. C’est le genre de formation qu’on n’apprend pas dans les cours de chimie, mais que l’on apprend plutôt « sur le tas ».

 

Enfin pour terminer, il m’a toujours tenu à cœur que mes anciens étudiants fassent un travail qu’ils aiment et qui les intéresse. Où sont-ils rendus maintenant? Voici une liste d’endroits où on peut les trouver :

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Les universités;
les établissements d’enseignement;
Santé-Canada;
Environnement Canada;
les compagnies pharmaceutiques;
la Commission canadienne du grain;
les centres de traitement des eaux usées;
les laboratoires de toxicologie et de médecine légale;
les hôpitaux;
les fabricants de peinture, polymères et matériaux;
l’industrie aéronautique;
les laboratoires de produits cosmétiques;
les fabricants de composantes électroniques;
l’industrie agroalimentaire;
la vente et le maintien d’instruments de laboratoire;
l’industrie des produits pétroliers;
les laboratoires environnementaux.

 

Vous connaissez sûrement quelqu’un qui travaille dans un de ces domaines. Merci de m’avoir lue, je retourne à ma correction d’examens!

Hélène Perreault est
chercheuse et
professeure agrégée
au Département de chimie
à l’Université du Manitoba.

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