Les enfants de Yuki, après deux ans d’université au Manitoba, ont chacun à leur tour, à trois ans d'intervalle, consacré une année entière à étudier le japonais à l’Université Tokai au Japon et à s’entraîner avec son réputé club de judo, les deux, de façon intensive. Nous vous présentons les écrits combinés de leur journal de bord respectif, lesquels seront émaillés de notes rétrospectives et d’échanges sur leur expérience.

18 septembre 2011

 

Toute seule

On m’a déposée à l’université avec tous mes sacs (je ne voyage jamais léger) et les paniers remplis des choses dont j’aurai besoin pour ma nouvelle vie, choses que je n’aurais pas pensé à me procurer tellement je suis habituée à les avoir à portée de la main. Des choses comme une  

poêle à frire, des ustensiles et des baguettes, une corbeille à papier, du détergent à lessive, des dossiers, des tasses et de la vaisselle, etc. Une chance que ma mère au Japon est très prévenante et a préparé toutes ces choses pour moi. Merci Reiko!  

La vue extérieure de l’entrée de la résidence universitaire
pour les étudiants étrangers

L’entrée du dortoir

Une fois installée dans ma chambre, j’ai organisé mes livres et mon lit (tout en faisant jouer du Céline Dion), quelque chose que j’adore faire. Pour ceux qui ne le savent pas, j’aime beaucoup organiser les choses. Donc, trouver où placer chaque chose dans ma nouvelle chambre m’a procuré beaucoup de plaisir. Puis, j’ai rencontré quelques-unes des autres étudiantes étrangères venant de partout dans le monde : Norvège, Danemark, Corée, Hollande et Suède. Certaines sont là depuis quelques mois déjà et se sont familiarisées avec les lieux. Nous avons marché jusqu’au supermarché pour nous procurer quelques provisions. J’ai acheté quelques articles. Les fruits sont très chers, mais délicieux et frais. Pour certains produits, le choix est moins grand que chez nous (il n’y a qu’une seule marque de beurre d’arachide ici, Skippy). Mais pour d’autres produits, le choix est le double ou le triple, surtout pour le poisson. Il y a plusieurs variétés de poissons, mais avant d’en savoir davantage sur la façon de les préparer, je vais m’en tenir aux viandes que je reconnais.

J’ai eu à mettre mon japonais en pratique. Je n’avais aucun problème à demander où se trouvaient le beurre d’arachides ou les céréales... ni même si je pouvais payer avec ma carte de crédit. Mais quand le caissier m’a demandé quelque chose que je ne savais pas... et contrairement à mon habitude de simplement hocher la tête en souriant et faire semblant que je comprends, cette fois-ci, je ne voulais prendre aucun risque avec ma carte de crédit... heureusement, une autre étudiante étrangère a pu m’aider. Ce que le caissier me demandait en fin de compte était si je voulais payer en entier ou en plusieurs versements. Je vais m’en souvenir pour la prochaine fois.

De retour au dortoir, nous avons préparé le souper ensemble : de la salade, des patates, du poulet et des scones, que nous avons mangés en compagnie des autres étudiantes étrangères et japonaises. C’était très plaisant et je me suis sentie bien accueillie. C’était aussi rafraîchissant d’entendre de l’anglais.  


Ensuite, j’ai skypé avec mes deux paires de parents, mes parents au Japon et mes parents au Canada. Oh! que ça fait du bien d’être à nouveau branchée! C’est comme s’il me manquait un petit morceau jusqu’à ce que je configure les paramètres du serveur pour pouvoir accéder à Internet. Maintenant, je sais que quoi qu’il arrive, je pourrai communiquer avec mes parents et mes amis en cas de besoin. Ce qui est très réconfortant.


J’ai rencontré ma nouvelle colocataire pour la première fois, Moe Wakabayashi. Nous avons seulement échangé un peu, mais elle semble très gentille et je suis sûre que nous allons bien nous entendre. Je vais l’aider à améliorer son anglais pendant qu’elle va m’aider avec mon japonais. Beau travail d’équipe!  

* * *

Me suis réveillée à 5 h 30 ce matin… pas mal la même heure à laquelle je me suis réveillée tous les jours depuis mon arrivée au Japon. Je croyais que j’aurais la chance de faire la grâce matinée (contrairement au Canada où je me réveille tôt tous les jours), mais je suppose que les habitudes ne changent pas avec le fuseau horaire. J’ai donc décidé de découvrir le campus à bicyclette. C’était ma première utilisation de cette bicyclette... et ça m’a demandé un certain temps pour m’y habituer. Avec le déséquilibre causé par le panier d’en avant et la grande sensibilité du volant, ma première promenade fut plutôt instable. Mais j’ai bien du temps pour m’améliorer. J’ai conduit autour du campus pour repérer l’édifice où j’aurai mes cours. Le plan du campus est assez simple et très accessible à bicyclette. Sauf que je ne suis jamais certaine de quel côté de la route je dois conduire parce qu’au Japon, les autos roulent du côté opposé.

Édifice n° 1 : pas encore certaine de ce qu’il y a à l’intérieur

Édifice n° 8 : où auront lieu mes cours de japonais

L’entrée sud

Le dojo

L’entrée du dojo

J’aime beaucoup l’atmosphère sportive du campus. Après tout, c’est le campus où sont situés les aménagements sportifs et où sont administrés les cours du département de gestion des sports et loisirs. On y voit donc beaucoup de gens qui courent ou qui font du vélo, ou des étudiants qui pratiquent avec leur équipe universitaire.

 

Je viens tout juste de prendre mon premier déjeuner au dortoir. D’être capable d’avoir mon déjeuner favori (des rôties avec du beurre d’arachides et des bananes) dans un autre pays est probablement la deuxième chose la plus réconfortante après l’accès à Internet. Je crois que je serai correct tant que je pourrai manger du beurre d’arachides.

J’ai l’impression que je vais vraiment me plaire ici. Question taille, je me sens comme chez moi. Jusqu’à présent, les autres étudiants ont été très accueillants. Les doyens du dortoir sont très gentils. Même si je ne comprends pas encore tout ce qu’ils disent, ils me regardent toujours quand ils me parlent et font de leur mieux pour répondre à mes questions ou besoins que je peux avoir. Et je commence déjà à m’habituer et à prendre plaisir à voler de mes propres ailes. Sortir pour aller faire mes emplettes, cuisiner, laver la vaisselle, aller et venir à ma guise... choses que je pouvais faire avant, mais qui ne m’apportaient pas la même sensation d’indépendance. Maintenant, je dois juste m’assurer d’être indépendante ET responsable. Deux choses très différentes. 

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