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Un oiseau dans ma cour

Ces paroles inspirées de lectures, de rencontres, de réflexions et de sa propension à jeter un regard critique sur la société qui l'entoure, Guy les offre aux créateurs de musique à la recherche de textes significatifs.

« La chanson… c’est un vivant petit oiseau sensible et intelligent dont l’univers est la cour, il connaît et ressent tout mais en petit, c’est très parent avec le conte et la fable. » – Félix Leclerc

Sur le pas de la porte

Vous vous souvenez de ce « maudit bonheur » décrit par Michel Rivard dans sa chanson du même titre? Ce bonheur, on l’a voulu, on l’a cherché, il n’y était pas. Tout à coup, le voilà, au moment où l’on croyait y avoir renoncé. C’est pareil pour l’amour! Où était-il? Parti se faire voir ailleurs, peut-être? Ou encore se gambadait-il sous nos yeux devenus inaptes à le percevoir? Si l’on aime croire d’emblée que « l’amour est aveugle », pourquoi ne serions-nous pas, nous aussi, « aveugles à l’amour » à certains moments de notre vie? Allez donc savoir! Toujours est-il qu’un beau jour, il revient, puis il se braque sur le pas de la porte, comme s’il voulait s’assurer que nous ne puissions le contourner. Il attend un signe et, prudent, il avance avec retenue. Plus il a le potentiel de devenir grand, plus il avance lentement. Vigneault disait ceci : « les grands bonheurs ont le pas très lent »*. Encore une fois, c’est pareil pour l’amour!

Vous reconnaîtrez ici l’amour naissant, celui qui surgit sous la puissance créatrice d’Éros (voir L’amour et son petit lexique publié dans cette chronique dans le numéro de février 2020).

 

* Gilles Vigneault dans Madame Adrienne

Sur le pas de la porte

Sur le pas de la porte
J’ai su que tu m’aimais
Tes yeux me disaient oui
Tes mots, eux, sommeillaient
Sur tes lèvres attendries
Comme s’endort la vie
Sur un grand lit d’automne
Faut-il qu’on s’en étonne?

Il se tenait là
Notre amour
Sur le pas de la porte
Juste là
Sur le pas de la porte

Comment pareil amour
Si bien se faire entendre
Comme si d’une voix forte
Il appelait au secours
Silence à s’y méprendre…


Ton regard a suffi 
Pour que nos cœurs s’exhortent
À s’ouvrir à la vie

Sur le pas de la porte
J’ai su que je t’aimais
L’appel de tes yeux
Longtemps je l’attendais
Comme ces messages heureux
Que les enfants apportent
Ou que les anges entonnent 
Quand nous revient l’automne

Il se tenait là
Notre amour
Sur le pas de la porte
Juste là
Sur le pas de la porte

 

© L’utilisation des textes se fait avec la permission de l’auteur.
Veuillez écrire à Guy Pilote à pilote.guy@gmail.com.
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