Ces paroles inspirées de lectures, rencontres, réflexions et de sa propension à jeter un regard critique sur la société qui l'entoure, Guy les offre aux créateurs de musique à la recherche de textes significatifs.

Présentation

Le titre de ce recueil de paroles, Un oiseau dans ma cour se veut un hommage à Félix Leclerc, le père de la chanson québécoise.

« L’accumulation de joies et de peines ferait éclater le cœur de l’homme, s’il n’y avait pas la chanson. Ses limites : ça ne se voit pas dans les hautes sphères comme la symphonie, ça ne s’attarde pas dans les couloirs de l’âme comme la psychanalyse, ça ne s’explique pas comme la philosophie, ça ne juge pas comme la morale, ça ne s’enseigne pas comme la doctrine, ça ne se copie pas comme la photographie, ce n’est pas un aigle, c’est un vivant petit oiseau sensible et intelligent dont l’univers est la cour, il connaît et ressent tout mais en petit, c’est très parent avec le conte et la fable. Ce n’est pas un océan, c’est une source, un grelot d’argent dans l’épaisseur du silence, une allumette dans la nuit. Quelle est la bonne, quelle est la mauvaise? La mauvaise est une mouche qui bourdonne ».

Félix Leclerc, Pour la chanson, Liberté, no 46, 1966, p. 32.

Il y a longtemps qu’il y a un oiseau dans ma cour! Comme autant de ces jeunes garçons qui rêvent de devenir pompier pour combattre la violence d’un incendie, je rêve de devenir parolier pour lutter contre les effets dévastateurs du vide et du non-sens. J’aime les mots, les rimes, l’enveloppement du sens par le son, pourvu que celui-ci n’ait pas le dernier mot!

Alors, parolier en herbe, me suis-je dit, devant « cette maudite machine qui t’as a avalé »[1], que peux-tu faire? La casser, je n’ai pas ce pouvoir. Mais dans ma cour, aménager un nichoir pour les oiseaux, pourquoi pas! 


Dans cette chronique je présenterai donc des textes de chansons qui n’auront d’autres prétentions que celle d’exprimer un désir d’exister. Me frotter à la vie, ressentir, observer, lire, réfléchir et témoigner en chansons de l’homme, de la société et du monde, voilà ce qui m’importe. Perfectibles, ces textes? Sans aucun doute! Mais évitons de les juger sur la base des normes imposées par le commerce et ses complices, les créateurs de sons préfabriqués, qui inversent le processus de création et qui, ce faisant, imposent aux paroliers un rôle de simple « préposé aux paroles » chargé de faire « fiter » le sens dans le son. Oui, aux premiers abords, les thèmes abordés ici, le ton, le style etc. pourront parfois laisser l’impression que ces textes, certains textes à tout le moins, « ne sont pas chantables ». Peut-être sommes-nous déjà trop habitués au « prêt-à-entendre »… 


Pour chaque texte présenté, je dévoilerai mes sources d’inspiration afin de mettre en valeur le sens du texte et le geste créateur qui lui a donné naissance. Ce geste créateur qui, bien qu’il émerge la plupart du temps d’un rapport intime à soi, aux autres et au monde, doit, pour devenir signifiant, s’accompagner d’un effort de réflexion et de justesse. 


Enfin, je veux souligner l’importance qu’a eue pour moi ma rencontre avec le parolier Marc Chabot que j’ai connu en participant à l’un de ses ateliers d’écriture de chanson, à Petite-Vallée. Sa réflexion et ses conseils m’ont été précieux. 

 

[1] La maudite machine, de Pierre Flynn

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