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« Un homme, ça s’empêche »

 

Dans son roman autobiographique posthume Le Premier Homme, publié en 1994, Albert Camus rapporte une parole attribuée à son père, qu’il avait très peu connu : « Un homme, ça s’empêche. »

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Camus raconte cet épisode à partir du témoignage de M. Levesque, qui avait servi dans la même unité que son père lors de la campagne du Maroc. Devant les atrocités de la guerre et l’idée que certaines circonstances puissent autoriser un homme à tout se permettre, Cormery s’insurge : un homme, justement, sait s’imposer une limite.

 

Cette formule est devenue l’une des expressions les plus marquantes de la dignité humaine et de l’éthique de la retenue. Être humain, ce serait aussi

savoir s’empêcher de sévir, d’être injuste ou de céder à ses impulsions, même lorsqu’on aurait le pouvoir — voire l’impunité — de le faire.

 

Une leçon de sagesse qui résonne singulièrement avec notre époque. Dans un monde où les rapports de force, les ambitions politiques et les conflits semblent parfois justifier tous les moyens, la pensée de Camus garde toute son actualité. Elle pourrait s’adresser à ceux qui détiennent le pouvoir, où qu’ils soient : pouvoir agir ne signifie pas que l’on doit tout se permettre. Savoir s’imposer des limites, mesurer les conséquences de ses décisions et refuser certains gestes, même lorsqu’on a la puissance de les poser, demeure peut-être l’une des plus grandes responsabilités de ceux qui dirigent.

 

Une petite phrase, mais toute une leçon : la véritable force ne consiste peut-être pas à pouvoir tout faire, mais à savoir ce que l’on refuse de faire.

 

— Albert Camus, Le Premier Homme, publié à titre posthume en 1994

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Ne pas passer à côté…

« Celui qui passe à côté de la plus belle histoire de sa vie n’aura que l’âge de ses regrets et tous les soupirs du monde ne sauraient bercer son âme. »

 

— Yasmina Khadra, Ce que le jour doit à la nuit

 

Saisir les occasions lorsqu’elles se présentent. Ne pas toujours attendre le moment parfait. Et surtout, ne pas laisser le doute décider à notre place.

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Une pensée qui en rappelle une autre, vieille de plus de quatre siècles. Dans Mesure pour mesure, Shakespeare fait dire à Lucio :

 

« Nos doutes sont des traîtres […] qui nous font perdre une victoire que nous pourrions souvent gagner. »

 

La peur d’essayer nous prive parfois bien davantage que l’échec lui-même.

 

— William Shakespeare, Mesure pour mesure, acte I, scène 4

 

Traduction de François-Victor Hugo

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Et vous, qu’avez-vous lu?

 

Une phrase, quelques lignes ou un passage vous ont marqué au fil de vos lectures? Partagez-les avec nous!

 

Indiquez-nous, si possible, le nom de l’auteur, le titre du livre et la page où se trouve le passage. Ajoutez votre ville et votre pays : votre coup de cœur pourrait se retrouver dans une prochaine édition de Lu pour vous.

 

Parce que les mots qui nous touchent méritent parfois de voyager un peu plus loin…

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