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Le Théâtre Cercle Molière revient dans les pages du Nénuphar pour célébrer son centenaire avec les lecteurs du magazine. Au cours des prochains mois, vous serez mis au courant des événements culturels offerts aux membres anglophones et francophones de la grande communauté manitobaine durant la saison 2025-2026, incluant une programmation exceptionnelle et un Gala du Siècle Molière à ne pas manquer.

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TABLE DES MATIÈRES

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SAISON 2025-2026

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Le Théâtre Cercle Molière fête ses 100 ans
et vous invite à sa nouvelle saison!

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Bien des choses changent en un siècle, mais certaines demeurent intemporelles. Depuis 100 ans, les francophones du Manitoba – qu’ils soient enracinés depuis plusieurs générations ou arrivés récemment – se rassemblent pour rire, pleurer, réfléchir, s’émouvoir et évoluer, guidés par le pouvoir des histoires.

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Sur ces terres où les peuples autochtones racontent des récits depuis des millénaires, nous avons trouvé le courage et l’inspiration de raconter les nôtres. Cette saison centenaire est une ode à celles et ceux qui ont permis au Cercle Molière de voir le jour et de briller : artistes, bénévoles, directions artistiques et public fidèle. Un salut tout particulier à Geneviève Pelletier, dont la vision a ouvert grandes les portes du théâtre, offrant au public et aux artistes des expériences extraordinaires.

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Cet automne, Marie-Ève Fontaine prendra le relais à titre de directrice artistique, insufflant un souffle nouveau à l’institution, plus que jamais carrefour créatif, ouvert sur le monde et représentatif de nos communautés francophones.

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Et pour célébrer ces 100 ans, voici les six pièces qui vous feront voyager, rêver et réfléchir (cliquer sur les illustrations pour obtenir les détails) :​​

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Pauline Boutal, entre les toiles et les planches | 22 oct. – 1er nov. 2025

Plongez dans la vie fascinante de Pauline Le Goff Boutal, femme pionnière et artiste passionnée, qui a marqué le Cercle Molière pendant plus de quatre décennies. Une histoire de destin, de créativité et de théâtre… à vivre comme une longue scène de vie haute en couleur.​

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Bonnes Bonnes | 19 – 29 nov. 2025

Trois femmes, une adaptation audacieuse de Jean Genet et une bonne dose d’humour. Entre souvenirs d’enfance, traditions et pop culture, elles explorent l’identité chinoise avec franchise, insolence et tendresse.

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Cet été qui chantait | 14 – 24 janv. 2026

Un voyage poétique dans l’univers de Gabrielle Roy. Guidé par une corneille, le public découvre les paysages, les sons et la vie d’un village franco-manitobain, à travers un théâtre d’images, de musique et de douceur, pour tous les âges.

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Ô Canada, té qui toi? | 6 – 7 févr. 2026

Coincé·e·s dans un autobus par une tempête, trois jeunes explorent le vivre-ensemble et la diversité culturelle. Une histoire drôle, touchante et inspirante sur la rencontre des identités et la solidarité.

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Soutensions 18 – 28 mars 2026

Une famille, une fête d’anniversaire qui déraille et des choix de vie qui refont surface. Rires et émotions se mêlent dans cette comédie où liberté, parentalité et liens familiaux se révèlent sous toutes leurs facettes.

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45, de la Taupinière | 13 juin 2026
Deux silhouettes énigmatiques sur une butte. Entre mystère, poésie et imagination, ce spectacle vous invite à découvrir un monde où chaque geste et chaque silence raconte une histoire… la vôtre aussi.

100 ans de théâtre, de passion et de rencontres : rejoignez-nous pour célébrer ce centenaire et imaginer les 100 prochaines façons de vibrer ensemble.

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Le Gala du Siècle Molière :
une nuit d’exception pour célébrer 100 ans de scène

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Le 4 octobre prochain, le Théâtre Cercle Molière transformera le Musée canadien pour les droits de la personne en un terrain de jeu artistique et festif. Baptisée Le Gala du Siècle Molière, cette soirée promet de célébrer un siècle d’audace, de rires, de larmes et d’histoires partagées. Cent ans de théâtre francophone au Manitoba, condensés en une expérience sensorielle qui mêlera gastronomie, performance et… piste de danse jusqu’aux petites heures.
 

Pour plus de détails et pour réserver, cliquez sur l'affiche.
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Au détour des couloirs, les invités croiseront les fantômes bien vivants des grandes pièces qui ont façonné l’âme du TCM. Marie-Ève Fontaine fera pétiller les ruses et éclats de Scapin, adapté par Sylvain Sabatié. Éric Plamondon ressuscitera le bouillonnement populaire et tendre des Belles-Sœurs de Michel Tremblay, avec une distribution où brillent Lynne Connelly, Marie-Claude McDonald, Patricia Bitou-Tshikoudi, Cherissa Richards, Elaine Tougas et Amélie Tétrault. L’audace contemporaine prendra corps avec Les Allogènes, une création de Ricardo Lopez-Munoz et Geneviève Pelletier, mise en scène par Wilgis Agossa. Et pour la touche mémoire et modernité, Frenchie d’Irène Mahé et Jean-Guy Roy, joué en 1986 et en 2001, sera réinventé par Stéphanie Morin Robert.

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Entre deux scènes, les papilles voyageront à travers des bouchées fines, des saveurs locales et des clins d’œil culinaires à l’histoire du théâtre et de la province. Le bison côtoiera le sirop d’érable, le doré du Manitoba s’invitera sur des croustillants, et les desserts feront danser les sucres avant même que la musique ne démarre.

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Car après les salves d’applaudissements et le grand final, la fête ne fera que commencer. L’afterparty, véritable métamorphose de la soirée, plongera les convives dans un univers immersif où la musique, les projections vidéo et les jeux de lumière créeront une atmosphère électrique. Desserts raffinés, verres qui tintent, conversations qui s’animent… et une piste de danse prête à accueillir toutes les énergies accumulées. Une célébration qui, à l’image du TCM, ne connaît pas de frontière entre l’art et la vie.

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Et quand viendra la dernière chanson, que les lumières tamiseront la salle, il restera ce sentiment rare d’avoir traversé, en une seule soirée, cent ans d’histoires et d’avoir ajouté sa propre étincelle à la légende. Les places sont limitées : mieux vaut réserver dès maintenant pour vivre ce chapitre inoubliable du TCM.
 

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Pauline Boutal, entre les toiles et les planches :
un destin en couleurs au TCM
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Du 22 octobre au 1ᵉʳ novembre 2025, le Théâtre Cercle Molière invite le public à plonger dans la vie foisonnante de Pauline Le Goff Boutal, figure incontournable de la scène culturelle manitobaine.


« Dans une petite communauté comme la nôtre, il arrive parfois qu’une personne ait tant d’influence qu’elle devienne un repère culturel et identitaire. C’est le cas de Pauline Boutal, artiste d’avant-garde qui a dirigé le Théâtre Cercle Molière de 1941 à 1967 (première femme à diriger cette institution!). À l’occasion de notre 100ᵉ anniversaire, nous vous proposons de partir en excursion dans la vie de cette artiste exceptionnelle qui a marqué la scène culturelle du Manitoba. Une production entièrement franco-manitobaine : un texte signé par Lise Gaboury-Diallo et une distribution de jeunes artistes d’ici. Place au théâtre! »
— Marie-Ève Fontaine, directrice artistique et co-directrice du Théâtre Cercle Molière


Dans cette pièce, chaque scène devient un tableau, chaque moment un fragment de vie qui se déploie entre les toiles et les planches. Illustratrice de talent, artiste-peintre accomplie, directrice passionnée et visionnaire, Pauline Boutal a laissé une empreinte indélébile sur le TCM et sur la communauté francophone du Manitoba. Ses quarante années d’engagement, dont vingt-sept à la direction, résonnent encore aujourd’hui comme un témoignage d’audace et de persévérance.


Entre rires et drames, entre art visuel et art vivant, la pièce Pauline Boutal, entre les toiles et les planches fait revivre la trajectoire d’une femme en avance sur son temps. Une histoire intime et universelle, racontée avec la sensibilité de Lise Gaboury-Diallo.

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L’aparté avec Marie-Ève :
une plongée avant le rideau

Le Théâtre Cercle Molière inaugure cette saison une initiative qui promet d’enrichir l’expérience théâtrale : L’aparté avec Marie-Ève. Chaque premier vendredi de spectacle, avant que les lumières ne s’allument sur la scène, le public est invité à un moment de réflexion et de dialogue, animé par Marie-Ève Fontaine qui reçoit à chaque édition un·e invité·e différent·e. 

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Pendant 45 minutes (18 h 30 à 19 h 15), au cœur du TCM, ces discussions explorent les thèmes des œuvres à venir sous un angle inédit. Plus qu’une simple introduction, L’aparté propose d’ouvrir une conversation sur les thématiques du spectacle (questions sociales, philosophiques ou culturelles), débroussaillant ainsi des pistes pour une meilleure appréciation du spectacle à venir. 

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La programmation promet déjà des échanges riches et diversifiés : 

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  • 24 octobre – Pauline Boutal : Cet aparté a déjà eu lieu et a vu Catherine Moreau évoquer l’impact de cette artiste dans la communauté franco-manitobaine.

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  • 21 novembre – Bonnes Bonnes : Fanny Lin et Vincent Blais partageront leur regard sur la multiculturalité et l’immigration au Manitoba.

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  • 16 janvier – Cet été qui chantait : Joanne Therrien expliquera pourquoi la lecture de Gabrielle Roy reste essentielle aujourd’hui.

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  • 6 février – Ô Canada té qui toi : Nadège de Ô menu Nado interrogera le rôle de la nourriture dans l’intégration.

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  • 20 mars – Soutensions : Pluri-elles discutera des chemins parfois complexes de la réconciliation familiale et de la construction d’une identité familiale forte. 

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Ces apartés se déroulent en français et permettent à chacun d’entrer dans le spectacle avec un regard neuf et des questions en tête. Que l’on vienne pour enrichir sa réflexion ou simplement pour partager un moment vivant et engagé, L’aparté transforme le foyer du TCM en véritable espace de pensée. 

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Une belle manière de faire résonner l’art théâtral au-delà de la scène. 

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Lancement du Micro Molière

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Micro Molière : le théâtre franco-manitobain s’invite à la radio

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À partir de janvier 2026, le Théâtre Cercle Molière (TCM) et Envol 91 FM s’associent pour offrir aux auditeurs une expérience unique : Micro Molière, une série de monologues radiophoniques mensuels qui mettent en lumière la richesse du répertoire théâtral franco-manitobain.

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Chaque mois, la voix d’un·e artiste invité·e de la communauté viendra livrer un monologue, ouvrant une fenêtre intime et vibrante sur la littérature dramatique d’ici. Ces capsules, d’une durée de 15 à 20 minutes, seront ponctuées d’une mise en contexte signée par la directrice artistique du TCM, Marie-Ève Fontaine, pour guider l’écoute et approfondir la compréhension du texte.

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​Micro Molière, c’est plus qu’une émission radiophonique… c’est aussi :

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  • une invitation à découvrir ou redécouvrir des œuvres franco-manitobaines,

  • une occasion de valoriser les artistes de la communauté,

  • et une manière innovante de prolonger l’esprit du théâtre hors des murs de la salle, jusque dans les foyers, les voitures et les écouteurs.

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En proposant ce rendez-vous régulier sur les ondes d’Envol 91 FM, le TCM affirme une nouvelle fois son rôle de catalyseur culturel et de passeur de récits francophones. Un projet à la fois intime et rassembleur, qui donne une voix nouvelle aux textes et aux artistes d’ici.
 

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Cet été qui chantait

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Il y a des spectacles qui ne se racontent pas vraiment : ils se respirent, se regardent doucement, se laissent traverser. Cet été qui chantait, présenté au Théâtre Cercle Molière, est un univers sensible imaginé et porté par Marie-Ève Fontaine, qui invite à ralentir et à écouter le monde vivant murmurer ses histoires.

 

Guidé par le vol d’une corneille, le public est conduit jusqu’à une petite maison aux volets verts, quelque part à Petite-Rivière-Saint-François. Là, le regard de Gabrielle Roy s’ouvre sur l’infime et le grand : l’herbe qui danse, les oiseaux criant à marée basse, les fleurs poussant là où l’on ne les attend pas, les lucioles chuchotant à la nuit tombante. Inspiré librement du recueil éponyme de l’autrice franco-manitobaine, le spectacle ne cherche pas à illustrer le texte; il en capte l’âme.

 

Sur scène, la marionnette, la musique et les images dialoguent avec une délicatesse rare. La mise en scène de Pierre Robitaille épouse la poésie du propos : rien n’est appuyé, tout est suggéré. Marie-Ève Fontaine, à la fois conceptrice, interprète et marionnettiste, tisse un univers sensoriel où chaque geste semble naître d’un souffle, d’un souvenir, d’un battement de cœur.

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Comme le raconte l’artiste elle-même :

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« Je suis absolument choyée de pouvoir présenter mon spectacle adoré, Cet été qui chantait, au Cercle Molière à l’occasion du 100ᵉ anniversaire de la compagnie. [...] La première fois que j’ai lu Cet été qui chantait, j’étais assise sur le bord du fleuve Saint-Laurent à Kamouraska, juste en face du village de Petite-Rivière-Saint-François. Gabrielle Roy était en voie de devenir mon autrice fétiche [...] Charmée par les histoires pourtant simples mais d’une profondeur désarmante du livre, je me suis mise à [à la création d’]un spectacle tout en poésie, en images et en musique… Ce fut la première flammèche d’inspiration pour ce qui allait devenir le projet le plus formateur de ma carrière d’artiste. »

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Présenté dans le cadre du 100ᵉ anniversaire du Théâtre Cercle Molière, Cet été qui chantait résonne aussi comme un hommage : à Gabrielle Roy bien sûr, mais également à la transmission, à la mémoire, à ces récits simples qui relient les générations. Le spectacle s’adresse à tous les publics — enfants, adultes, aînés — avec cette intelligence rare qui ne segmente pas, mais rassemble.

 

Marie-Ève Fontaine conclut avec chaleur :

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« Venez, venez, suivez-moi. Je vais vous amener sur un petit sentier – mon préféré – qui mène jusqu’au fleuve. Vous verrez, l’air y est si pur, le ciel si beau… Si ça vous chante, vous mettrez vos pieds dans l’eau. Ça fait du bien… »

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En sortant de la salle, on a l’impression d’avoir marché sur un sentier familier, d’avoir mis les pieds dans l’eau froide d’un fleuve imaginaire, et surtout, d’avoir pris le temps. Le temps d’un été qui, longtemps encore, continuera de chanter en nous.

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Ô Canada, t’es qui toi?

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L’hiver canadien a cette manière bien à lui d’imposer des pauses. Quand la neige tombe dru, que la route disparaît et que le froid ralentit tout, il ne reste parfois qu’une chose à faire : attendre. Et pendant l’attente, parler. Écouter. Se regarder autrement.

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C’est dans ce huis clos glacé que s’ouvre Ô Canada, t’es qui toi? Un autobus, arrêté en pleine campagne sur la route d’une compétition de slam. À bord, trois jeunes que tout semble opposer, forcé·e·s de partager bien plus qu’un trajet interrompu.

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Il y a Amina, arrivée récemment d’un pays d’Afrique francophone, déterminée à ne pas se dissoudre dans une identité qu’on voudrait lui imposer. Louis, métis, avance à tâtons entre plusieurs héritages, à la recherche d’un point d’ancrage. Jen, enfin, issue d’une famille de réfugiés, s’est rapidement fondue dans le paysage, parfois au prix d’un certain effacement. Et puis il y a Ousmane, le conducteur, résident permanent, témoin attentif et passeur discret de paroles.

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La tempête bloque le bus, mais elle libère les langues. Le temps s’étire, l’ennui fait tomber les barrières, les silences se remplissent de questions, de tensions, d’élans sincères. Les différences frottent, dérangent, mais ouvrent surtout un espace rare : celui du dialogue. Peu à peu, l’autobus devient un laboratoire du vivre-ensemble, où se confrontent les notions d’identité, d’appartenance et de communauté.

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Coproduit par Afrik’kadi et le Théâtre Cercle Molière, et porté par l’écriture sensible d’Alison Palmer et Lacina Dembélé, le spectacle mêle humour, poésie et lucidité pour aborder avec finesse les réalités du multiculturalisme canadien. Accessible dès l’âge de 10 ans, Ô Canada, t’es qui toi? parle aux jeunes comme aux adultes, et pose, sans jamais imposer de réponse, une question essentielle : qu’est-ce que cela veut dire, aujourd’hui, faire partie du Canada?

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Soutensions​

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Quand les choix de vie explosent autour d’un party de cuisine

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Une comédie familiale qui fait rire, réfléchir et secoue nos certitudes sur la parentalité.

 

Il y a des soirées où l’on va au théâtre pour se divertir. Et puis il y a celles où l’on sort en se demandant, un peu secoué, pourquoi certaines conversations restent si difficiles à avoir autour d’un party de cuisine.

 

Avec Soutensions, présenté au Théâtre Cercle Molière du 18 au 28 mars 2026, on est manifestement dans la deuxième catégorie.

 

Sur papier, tout semble banal : un anniversaire d’enfants, un appartement un peu trop petit, des préparatifs qui dérapent. Mais sous les guirlandes et les assiettes en carton, quelque chose gronde. Brandi, la trentaine affirmée, ne veut pas d’enfants. Elle le dit. Elle l’assume. Enfin… elle essaie. Autour d’elle, les certitudes des autres s’invitent sans frapper : une sœur mère de famille, un père qui a son mot à dire, et surtout, une tante revenue après dix ans d’absence — exil volontaire pour avoir osé faire le même choix.

 

Ce que la pièce écrite par Amber O’Reilly réussit avec finesse, c’est de montrer que les débats sur la parentalité ne sont jamais abstraits. Ils sont viscéraux. Ils s’inscrivent dans le corps, dans l’histoire familiale, dans les silences accumulés. « Faire ou ne pas faire d’enfants, et surtout, pourquoi? », écrit l’autrice. La question paraît simple. Elle est explosive.

 

Portée par une mise en espace signée Danielle Sturk, la tension circule comme une bouteille de vin qu’on se passe trop vite. On rit — beaucoup — parce que les répliques sont acérées, parce qu’on reconnaît ces dynamiques familiales où l’amour et le jugement se confondent. Mais le rire coince parfois dans la gorge.

 

La comédienne Karam Daoud le résume avec justesse :
« La sexualité féminine, les traumatismes familiaux, l'autonomie du corps... Les sujets explorés dans la pièce me tiennent vraiment à cœur […] surtout dans le climat sociopolitique mondial actuel. »

 

Et c’est peut-être là que Soutensions frappe le plus fort. Dans un monde où les droits reproductifs et l’autonomie du corps sont remis en question, la pièce refuse le confort des réponses toutes faites. Elle ne cherche pas à départager les « bons » choix des « mauvais ». Elle met plutôt en lumière le coût émotionnel d’un choix personnel quand il dérange l’ordre établi.

 

Ce qui reste, après les éclats de voix et les révélations, c’est une impression troublante : et si la véritable liberté ne consistait pas seulement à décider pour soi, mais à accepter que l’autre décide autrement?

 

Soutensions n’est pas qu’un party de cuisine qui dérape. C’est une radiographie intime de nos loyautés familiales. Et une invitation, peut-être, à écouter — vraiment — avant de juger.

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Former la relève :
quand le théâtre devient un terrain d’avenir

Au Théâtre Cercle Molière, former la relève n’est pas un slogan, c’est une mission vivante, incarnée au quotidien. Dans un contexte où les pratiques culturelles évoluent et où la transmission artistique devient essentielle, le TCM se positionne comme un véritable incubateur de talents francophones, un lieu où l’on apprend, expérimente et ose.

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Cette volonté prend racine dès le plus jeune âge. L’école de théâtre du TCM accueille des enfants et des adolescent·e·s de 4 à 17 ans tout au long de l’année, leur offrant ainsi un espace pour découvrir les arts de la scène. Ici, il ne s’agit pas seulement d’apprendre à jouer, mais de développer une confiance en soi, une capacité d’expression et un esprit de collaboration. À travers des exercices ludiques et des projets collectifs, les jeunes explorent leur créativité tout en s’appropriant la langue française dans un cadre vivant et stimulant.​

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​Le TCM accompagne également celles et ceux qui souhaitent approfondir leur pratique. Tout au long de l’année, une variété d’ateliers, de formations et de stages est proposée, permettant d’explorer différentes dimensions du théâtre — du jeu à la voix, en passant par le mouvement et la création collective. Encadrées par des artistes et des professionnel·le·s du milieu, ces initiatives favorisent la transmission des savoirs dans un environnement bienveillant, accessible et propice à l’expérimentation.

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Enfin, la relève se construit aussi dans l’expérience concrète de la scène. Le Festival théâtre jeunesse en est une démonstration éclatante. Véritable rendez-vous annuel, il rassemble des jeunes issus d’écoles françaises et d’immersion autour d’un projet commun : créer et présenter une œuvre théâtrale. De l’écriture à la mise en scène, en passant par les costumes, les décors et les effets techniques, les participant·e·s sont impliqué·e·s à chaque étape du processus. Plus qu’une compétition, c’est une aventure collective où collaboration rime avec créativité, et où la langue française devient un puissant vecteur d’expression.

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Mais la relève ne se forme pas uniquement sur scène ou en salle de répétition : elle se construit aussi dans le lien entre les générations. Avec ses Dimanches en famille, le TCM ouvre ses portes aux plus jeunes et à leurs proches pour partager des moments culturels accessibles et rassembleurs. Ces rendez-vous permettent aux enfants de découvrir le théâtre autrement, dans une ambiance conviviale, et d’éveiller leur curiosité artistique dès le plus jeune âge. En créant ces espaces de rencontre, le TCM contribue à ancrer le théâtre dans le quotidien des familles et à cultiver, tout naturellement, les publics de demain.

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À travers ces initiatives, le Théâtre Cercle Molière ne se contente pas de produire des spectacles : il prépare l’avenir. En formant des artistes, des créateurs et des citoyens engagés, il contribue à faire vivre une culture francophone dynamique et inclusive. Former la relève, ici, c’est semer des graines qui continueront de grandir bien au-delà de la scène.

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Le théâtre pour les tout-petits :
une rencontre essentielle

On associe souvent le théâtre à un public averti, capable de suivre une intrigue, de comprendre des dialogues, d’analyser un jeu d’acteur. Pourtant, au Théâtre Cercle Molière, une autre réalité s’impose avec évidence : le théâtre commence bien avant tout cela. Il commence dès l’enfance.

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Chaque saison, le TCM fait le choix d’intégrer à sa programmation des spectacles destinés aux plus jeunes. Un engagement qui peut sembler discret, mais qui est en réalité fondamental. Car proposer du théâtre aux enfants, et même aux tout-petits, c’est reconnaître leur capacité à ressentir, à imaginer et à vivre pleinement une expérience artistique.

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Cette année, le spectacle 45, de la Taupinière, présenté le 13 juin 2026, illustre parfaitement cette approche. Pensée pour les enfants à partir de 2 ans et demi, cette création propose une plongée dans un univers à la fois simple et mystérieux. Sur scène, deux personnages évoluent dans un monde fait de questionnements, de sensations et de découvertes. Rien n’est totalement défini, et c’est justement là que réside toute la richesse de l’expérience : laisser place à l’interprétation, à l’émotion, à l’imaginaire.

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Car le théâtre jeune public n’est pas un théâtre « simplifié ». Il demande au contraire une grande finesse. Il s’appuie moins sur les mots que sur le corps, le rythme, les images. Il capte l’attention autrement, en s’adressant directement aux sens. Pour un enfant, c’est souvent une première rencontre avec la scène, une première fois où l’on regarde, écoute, ressent collectivement.

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En programmant ce type de spectacle, le Théâtre Cercle Molière ne cherche pas seulement à divertir. Il participe à créer un lien précoce entre les enfants et la culture, entre les familles et le théâtre. Il ouvre une porte, parfois pour la première fois.

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Et si l’on considère que les publics de demain se construisent aujourd’hui, alors ces moments prennent tout leur sens. Assis dans la salle, les yeux grands ouverts, ces jeunes spectateurs découvrent bien plus qu’un spectacle : ils découvrent une manière de voir le monde.

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Au TCM, le théâtre ne s’adresse pas uniquement aux adultes. Il se partage, se transmet et se vit dès le plus jeune âge. Et dans ces premières expériences, souvent silencieuses, mais profondément marquantes, se dessine déjà l’avenir du théâtre.

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Il y a des saisons qui passent, et d’autres qui marquent un tournant. Celle qui s’achève en ce mois de juin 2026 au Théâtre Cercle Molière appartient manifestement à la seconde catégorie.

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Difficile de la regarder comme une simple succession de spectacles. Cette saison 2025-2026 s’inscrivait dans un moment particulier : celui du centenaire. Cent ans d’histoire, de création, de transmission, et, forcément, une question en filigrane : comment regarder en arrière tout en continuant d’avancer?

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Ce qui ressort, avec le recul, c’est une programmation qui a cherché à faire dialoguer les époques. Non pas en opposant tradition et modernité, mais en les faisant coexister. Le passé n’était pas célébré de manière nostalgique, il était revisité, questionné, remis en mouvement. Et en parallèle, les créations contemporaines venaient ancrer le théâtre dans des préoccupations bien actuelles : identité, relations humaines, transformations sociales.

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Il y avait aussi une volonté claire d’ouvrir les perspectives, de s’ouvrir aux différentes voix qui composent la francophonie d’ici, aux récits pluriels, aux expériences diverses. Une manière de rappeler que le théâtre est un espace vivant, en constante évolution, qui doit refléter le monde dans toute sa complexité.

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Alors, que retenir de cette saison?

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Peut-être qu’elle n’a pas cherché à impressionner, mais plutôt à relier. Relier les générations, les histoires, les formes. Elle a regardé en arrière sans s’y enfermer, et a posé, discrètement, mais sûrement, les bases de ce qui vient ensuite.

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Car si le centenaire marque une fin symbolique, il agit surtout comme un point de départ. Une façon de rappeler que le théâtre, lui, ne s’arrête jamais, il se transforme.

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Et à en juger par cette saison, le Théâtre Cercle Molière semble bien décidé à continuer d’évoluer, sans jamais perdre ce qui fait sa force : raconter des histoires qui nous concernent, ici et maintenant.

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Une saison charnière :
entre mémoire et renouveau

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L'équipe du TCM. De gauche à droite : Patrick Bellemare, Miguel Fortier, Arielle Morier-Roy, Charlotte Gacougnolle, Léonycia Zohoungbogbo, Kadidiatou Diarra, Marie-Ève Fontaine, Papa Yerime Dieye, Ramatoulaye Cherif

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