Lucie est une petite fille comme toi qui aime s’inventer des histoires. Comme toi, elle aime construire des cabanes. Et, comme toi, elle s’imagine mille aventures dont elle est l’héroïne.
Le soir, Lucie grimpe dans les arbres de son jardin pour contempler les étoiles. Elle s’imagine alors partir très loin à la conquête de l’univers. Cette maison dans le ciel est son refuge, un endroit pour s’isoler loin du monde des adultes qu’elle ne comprend pas toujours.

Lucie a pour compagnon une vieille peluche qui a dû autrefois ressembler à un lapin. Elle l’a appelé « Canine », car le mot « kanin » signifie « lapin » en suédois. Elle aime ce mot qu’elle a appris lors d’un voyage en Suède avec ses parents. Elle le glisse toujours dans un vieux sac marron en toile épaisse qu’elle a trouvé dans son grenier, au fond d’une vieille malle. Ce sac est très pratique, il se porte en bandoulière et on peut facilement y glisser des trésors.
Un jour d’école, les enfants doivent partager un souvenir chacun à leur tour. Lucie a choisi de raconter l’histoire des objets qui se trouvent dans son sac.
La plume provient de la mésange bleue qui fait son nid dans le pommier de son jardin et la pomme verte provient de ce même arbre où elle trouve régulièrement refuge.
Le petit couteau à la lame émoussée sert à tailler des crayons de bois.
La clef rouillée a été trouvée au fond de la malle du grenier. Personne ne sait d’où elle vient ni à quoi elle sert. Elle doit sûrement ouvrir un coffre-fort ou un trésor caché.
Le carnet aux pages écornées lui permet de noter ses rêves et ses idées.
La pierre ronde a été trouvée au Canada, au bord du lac Winnipeg. Elle lui rappelle ses vacances de l’été dernier. Elle aime la faire glisser sur sa joue et sentir sa face si froide, si douce.

Lucie présente un à un tous ses trésors à ses camarades de classe. Soudain, l’un d’entre eux s’étonne à l’évocation du nom du lapin « Canine » : « Mais… Canine, ce n’est pas un prénom et encore moins un animal! C’est une dent! » Et tous les enfants se mettent à rire. Blessée, Lucie range précipitamment ses affaires dans son sac. Elle cherche à se cacher dans son pull trop grand et elle sent les larmes monter. Elle ne veut pas montrer qu’elle est triste. Elle craint qu’on rie encore plus d’elle et que cela la fasse encore plus pleurer. Souvent, les adultes lui disent qu’elle est trop sensible et qu’il faut qu’elle apprenne à retenir ses larmes.
Lucie part pleurer seule dans sa cabane où personne ne peut la voir se noyer dans son chagrin. Elle trouve que la vie est parfois compliquée et que toutes ces émotions sont souvent bien difficiles à vivre. Elle préfère comprendre le monde à travers ses lectures. En rentrant de l’école, Lucie retrouve avec bonheur sa pile de livres et s’évade dans des univers merveilleux où elle est l’héroïne d’aventures extraordinaires.
Illustrations : Le Nénuphar (IA)
Les mots surlignés en vert mènent à un lexique des sentiments.
