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Nos émotions façonnent notre manière d’être au monde. Elles influencent nos relations, nos choix, nos réactions, parfois même notre façon de nous percevoir nous-mêmes. Pourtant, apprendre à reconnaître ce que l’on ressent, à mettre des mots sur ses émotions et à comprendre celles des autres n’a rien d’évident. Cela s’apprend lentement, souvent par l’expérience, l’écoute… et par les histoires.

Au fil des prochains mois, Le Nénuphar vous invite à suivre Lucie au pays des émotions, un récit sensible et lumineux signé Mathilde Gautier. À travers l’aventure de Lucie, une enfant curieuse, imaginative et profondément empathique, nous explorerons la tristesse, la peur, la colère, l’ennui, la joie et l’amour, sans les hiérarchiser ni les juger. Chaque émotion a sa place : elle nous informe, nous traverse et nous relie aux autres.

Ce conte propose un regard bienveillant sur la sensibilité, souvent perçue comme une faiblesse, alors qu’elle peut devenir une véritable force lorsqu’on apprend à l’accueillir et à la comprendre. En cheminant avec Lucie, petits et grands sont invités à réfléchir à leurs propres ressentis, à mieux écouter ceux des autres et à découvrir combien la connaissance des émotions peut enrichir notre relation au monde.

Cette publication échelonnée sur plusieurs mois se veut une invitation à ralentir, à observer, à nommer ce qui se passe à l’intérieur de soi et à ouvrir un espace de dialogue, à la maison comme à l’école.
 

TABLE DES MATIÈRES

Le sac de trésors

Lucie est une petite fille comme toi qui aime s’inventer des histoires. Comme toi, elle aime construire des cabanes. Et, comme toi, elle s’imagine mille aventures dont elle est l’héroïne. 

Le soir, Lucie grimpe dans les arbres de son jardin pour contempler les étoiles. Elle s’imagine alors partir très loin à la conquête de l’univers. Cette maison dans le ciel est son refuge, un endroit pour s’isoler loin du monde des adultes qu’elle ne comprend pas toujours.  

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Lucie a pour compagnon une vieille peluche qui a dû autrefois ressembler à un lapin. Elle l’a appelé « Canine », car le mot « kanin » signifie « lapin » en suédois. Elle aime ce mot qu’elle a appris lors d’un voyage en Suède avec ses parents. Elle le glisse toujours dans un vieux sac marron en toile épaisse qu’elle a trouvé dans son grenier, au fond d’une vieille malle. Ce sac est très pratique, il se porte en bandoulière et on peut facilement y glisser des trésors. 
 

Un jour d’école, les enfants doivent partager un souvenir chacun à leur tour. Lucie a choisi de raconter l’histoire des objets qui se trouvent dans son sac. 

La plume provient de la mésange bleue qui fait son nid dans le pommier de son jardin et la pomme verte provient de ce même arbre où elle trouve régulièrement refuge. 

Le petit couteau à la lame émoussée sert à tailler des crayons de bois. 

La clef rouillée a été trouvée au fond de la malle du grenier. Personne ne sait d’où elle vient ni à quoi elle sert. Elle doit sûrement ouvrir un coffre-fort ou un trésor caché. 

Le carnet aux pages écornées lui permet de noter ses rêves et ses idées. 

La pierre ronde a été trouvée au Canada, au bord du lac Winnipeg. Elle lui rappelle ses vacances de l’été dernier. Elle aime la faire glisser sur sa joue et sentir sa face si froide, si douce. 

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Lucie présente un à un tous ses trésors à ses camarades de classe. Soudain, l’un d’entre eux s’étonne à l’évocation du nom du lapin « Canine » : « Mais… Canine, ce n’est pas un prénom et encore moins un animal! C’est une dent! » Et tous les enfants se mettent à rire. Blessée, Lucie range précipitamment ses affaires dans son sac. Elle cherche à se cacher dans son pull trop grand et elle sent les larmes monter. Elle ne veut pas montrer qu’elle est triste. Elle craint qu’on rie encore plus d’elle et que cela la fasse encore plus pleurer. Souvent, les adultes lui disent qu’elle est trop sensible et qu’il faut qu’elle apprenne à retenir ses larmes.

 

Lucie part pleurer seule dans sa cabane où personne ne peut la voir se noyer dans son chagrin. Elle trouve que la vie est parfois compliquée et que toutes ces émotions sont souvent bien difficiles à vivre. Elle préfère comprendre le monde à travers ses lectures. En rentrant de l’école, Lucie retrouve avec bonheur sa pile de livres et s’évade dans des univers merveilleux où elle est l’héroïne d’aventures extraordinaires.

Illustrations : Le Nénuphar (IA)

Les mots surlignés en vert mènent à un lexique des sentiments.

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L’étoile bleue

Un soir, du haut de son arbre, Lucie aperçoit l’étoile du berger qui scintille comme un phare dans la nuit. Soudain, une lumière se détache de l’étoile brillante et s’approche d’elle furtivement en laissant une traînée de poudre bleue derrière elle. Lucie se lève d’un bond sans réfléchir, elle saisit son sac et Canine, et se met à courir de toutes ses forces pour suivre cette étrange apparition. Lucie s’échappe du jardin de ses parents pour rejoindre la forêt la plus proche. Elle veut comprendre quelle est cette étoile bleue qui s’approche et s’éloigne d’elle comme pour lui montrer un chemin. Elle ne voit ni le temps passer ni le paysage changer. Tout à coup, elle fait face à un immense arbre, somptueux, imposant, enveloppé dans un épais brouillard et toujours cette petite lumière si intrigante qui s’enfonce dans la brume. Elle plonge à son tour dans le nuage froid et se sent comme aspirée dans un autre monde.

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La petite lumière bleue se pose dans un doux battement d’ailes et se change tout à coup en un petit garçon ailé : « Bonjour, Lucie. Je m’appelle Hans. Je suis un lutin des bois. Je t’observe depuis un certain temps et je me suis finalement décidé à te conduire dans mon monde. J’ai besoin de toi et de ton empathie ».

Lucie, le souffle coupé, lui répond : « Mais que puis-je faire pour toi? Je ne suis même pas capable d’arrêter de pleurer… je pleure tout le temps! »

Hans insiste : « C’est justement parce que tu ressens tout tellement plus intensément que tu es la seule à pouvoir m’aider à savoir ce qui se passe à l’intérieur de moi. Contrairement aux autres lutins, je ne sais pas comment aider mes amis. Dès que je m’approche d’eux, je me transforme en une créature magique ou en animal. Je me sens alors totalement ridicule. Cela fait peur à mes amis et cela me rend très malheureux. J’aimerais que tu m’aides à comprendre ce qui m’arrive. »  

Lucie réfléchit : « Cela doit en effet être très ennuyeux pour toi et tu dois sûrement te sentir très seul. Je connais ça, c’est vrai. Je veux bien essayer de t’aider. Mais, pour l’instant, je suis très fatiguée et je voudrais d’abord me reposer… où vais-je dormir? » Hans lui montre avec un air amusé son sac. Surprise, Lucie sent la plume légère entre ses doigts qui se déploie comme un hamac. Elle cale Canine contre elle dans le lit de fortune et s’endort bercée par la douceur de la nuit.
 

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Le renard qui pleurait en silence

Lucie se réveille brusquement. Un bruit bizarre lui fait peur. Quelque chose dans le buisson bouge. Et si c’était un monstre? Lucie se met en boule au fond du hamac. Elle tremble de peur et se met à pleurer très fort. Et si le monstre lui voulait du mal? Dans sa tête, tout commence à aller très vite et l’angoisse la paralyse. Hans apparaît alors dans un nuage bleu à côté d’elle : « Pourquoi pleures-tu, Lucie? De quoi as-tu peur? Viens vite voir, mon ami le renard se cache dans le buisson. Il fait son timide, il ne veut pas se montrer! » Lucie, encore tremblante, se montre méfiante : « C’est donc lui qui bouge et me fait peur? » Hans insiste : « Oui, oui, j’en suis certain! Il n’y a pas de monstre ici! C’est surtout lui qui semble avoir peur de toi. Allez, viens, tu vas pouvoir m’aider à le rassurer ». Lucie pense que c’est surtout elle qui aurait besoin qu’on la rassure, mais elle suit quand même son ami, car elle ne veut pas rester toute seule dans cet endroit qu’elle ne connaît pas.

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« Mais il n’a pas l’air du tout apeuré ton renard! On dirait plutôt qu’il a un gros chagrin », s’exclame Lucie, qui se tourne vers son ami lutin soudainement devenu silencieux. À la place de Hans, c’est une petite chouette aux yeux humides et tristes qui se tient à côté d’elle et qui pousse des cris de détresse.

Le renard soupire : « Il s’est encore trompé. Il croit que je suis timide, mais ce n’est pas le cas. Mon ami le loup est parti chasser avec l’ours alors qu’il avait promis d’aller à la pêche avec moi. Je me sens si seul. J’ai beaucoup de peine et je ne veux pas qu’on me voie pleurer. Et puis j'avais faim, je comptais sur le poisson pour mon repas et, maintenant, je n’ai rien à manger. Je ne veux pas me montrer dans un si piteux état. Alors j’ai trouvé ce buisson pour me cacher et pour pleurer… »

En entendant le renard se confier, Lucie ressent un élan de compassion et s’accroupit près du renard pour le consoler : « Je sais ce que tu ressens. Je n’aime pas non plus quand mes amis jouent ensemble et que je me retrouve seule à la récréation alors qu’ils avaient promis de jouer avec moi. C’est vraiment difficile, on se sent souvent trahi dans ces moments-là. » Une lumière apparaît dans les yeux du renard : « C’est bon de savoir que tu me comprends, je me sens moins seul. Merci, je me sens déjà beaucoup mieux. »

Dans un élan altruiste, Lucie tend la pomme qui est dans son sac au renard : « Tiens, prends cette pomme, cela te permettra de calmer ta faim! ». Le renard se met de nouveau à pleurer, mais cette fois, ce sont des larmes de joie et de gratitude. La chouette cesse aussi de pleurer et se transforme de nouveau en un lutin tout étourdi.
 

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La colère du troll

Lucie et Hans ont à peine le temps de se remettre de leurs émotions qu’ils entendent une voix tonitruante au loin dans la forêt. Hans sourit : « C’est le troll de la forêt! Il doit encore avoir fait une farce aux lutins! » Lucie est incrédule : « Mais on ne dirait pas vraiment des rires. On dirait plutôt des cris. En général, des cris comme ça, ça veut plutôt dire qu’on n’est pas content ». Hans s’exclame alors : « Alors, suis-moi, allons voir ce qu’il se passe du côté de chez ce troll! » Mais Lucie n’arrive plus à bouger, pétrifiée par les hurlements de ce troll qui la terrorisent.

Hans prend son amie par la main et la traîne jusqu’à une étrange butte où un petit troll, les bras en l’air, s’agite dans tous les sens. De loin, on pourrait croire qu’il saute de joie. Lucie et Hans s’approchent du troll qui s’est maintenant assis et serre fort les poings comme si cela l’empêchait de tout casser. Il grogne dans sa barbe : « Mais où est passée cette fichue clef? Ça m’énerve! J’en ai assez de perdre tout le temps mes affaires, je ne peux plus rentrer chez moi maintenant. »

Lucie chuchote dans l’oreille de Hans : « Je crois que tu t’es encore trompé, Hans. Ce troll n’est pas joyeux, mais tout à fait furieux. Il est en colère contre lui-même et contre cette clef qu’il a perdue ». À peine prononce-t-elle ces mots qu’un immense dragon de feu et de flammes surgit à la place de Hans. Lucie est sur le point de s’évanouir de frayeur. Vite, il faut trouver une solution avant que le dragon ne brûle tout autour de lui, y compris ce petit homme hors de lui! Lucie prend son courage à deux mains et saisit à tout hasard la clef rouillée dans son sac. Elle se précipite alors et ouvre, comme par magie, la porte de la maison. D’un coup, la colère du troll s’évanouit dans un immense sourire : « Merci, Lucie, tu as retrouvé ma clef. » Il fait un petit salut de la main et claque la porte derrière lui en emportant la clef de Lucie.

 

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Les larmes qui réchauffent le cœur

Hans retrouve sa forme de lutin dans un épais nuage de fumée : « Ce dragon était plein de rage et je n’arrivais pas du tout à le contrôler. C’est donc cela la colère? » Soulagée de retrouver son ami Hans, Lucie lui confie que la colère est une des émotions les plus difficiles à accepter : « Même si la colère fait mal dans le cœur, elle est utile. Elle nous alerte sur quelque chose qui nous fait du mal. Le troll était en colère parce qu’il avait perdu sa clef et il s’en voulait d’être aussi étourdi. Il faut qu’il apprenne à être plus indulgent avec lui-même... »

Hans est touché par les paroles pleines de sagesse de son amie : « Quelle chance tu as d’être comme tu es, Lucie! C’est un véritable don de comprendre aussi bien ce que les autres ressentent ».

C’est la première fois que Lucie entend quelqu’un lui dire que sa sensibilité est une force et qu’on ne lui demande pas de changer. Elle sent une boule chaude lui réchauffer son ventre et remonter dans ses joues. Elle laisse couler ses larmes et, pour une fois, elle ne cherche pas à les cacher. « Comme tes larmes sont belles », dit Hans en lui souriant. Et, soudain, il s’exclame : « Je crois que j’ai enfin compris. Je me transforme dans la créature qui incarne le plus l’émotion que mon ami ressent, mais que je n’arrive pas à reconnaître. »

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« Bravo, Hans, tu as trouvé ce qui n’allait pas! Comment faire pour que tu cesses de te transformer?  Peut-être que tu pourrais essayer de te mettre à la place de tes amis lorsqu’ils ressentent de la tristesse ou de la colère? Maintenant que tu as expérimenté ces émotions dans les corps de la chouette et du dragon, cela sera sûrement plus facile pour toi de reconnaître ces émotions chez les autres. »

 

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La tortue qui ne voulait pas s’ennuyer

Lucie et Hans se remettent en route et rencontrent une tortue qui semble avoir du mal à avancer. Hans se précipite vers la tortue : « Mon amie, comme cela doit être frustrant et pénible pour toi de ne pas aller plus vite! » Hans n’a pas eu le temps de finir sa phrase qu’il disparaît dans un nuage bleu pour faire place à un gros chat apathique, mou et blasé. Le chat fournit un effort considérable pour miauler puis retombe sur sa tête entre les pattes.

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Lucie s’approche de la tortue qui soupire : « Pfft, Hans s’est encore trompé. Vois-tu, ma petite Lucie, je m’ennuie. Je m’ennuie profondément. Aussi, j’avance lentement pour que le temps passe plus rapidement. J’ai ainsi l’impression d’avoir encore beaucoup de chemin à parcourir et cela m’encourage à continuer. Est-ce que tu trouves cela idiot? » Lucie connaît bien elle aussi ce problème : « Je fais ça moi aussi quand je m’ennuie en classe. Même si j’ai compris l’exercice et que je pourrais le finir en cinq minutes, j’écris tout doucement pour ne pas avoir à attendre sans avoir rien à faire que les autres aient fini. Et parfois, je prends mon cahier et je dessine. Veux-tu essayer? » Lucie sort alors de son sac le petit couteau et taille la branche d’un arbre pour en faire un crayon. Elle déchire quelques feuilles de son cahier et les donne à la tortue. Le couteau est enchanté et le bout de bois taillé devient un crayon aux mille couleurs. La tortue se met à dessiner et ne s’ennuie plus. Hans, quant à lui, délaisse tout penaud sa peau de chat pour retrouver son apparence de lutin.

 

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Quand le cœur bat trop vite

« Je n’y arriverai jamais », soupire Hans. « Je suis condamné à devenir quelqu’un d’autre parce que je ne sais pas écouter mes amis », poursuit-il tristement.

« Mais tu as déjà fait d’énormes progrès, Hans. À force, tu vas finir par y arriver, comme j’y arrive aujourd’hui. À chaque nouvelle situation qui se présente à moi, j’ai un peu moins peur et je me sens un peu plus confiante. » Lucie veut prendre Hans dans sa main pour le rassurer quand soudainement surgit une pluie d’étoiles dorées. C’est une jolie petite fée fluette aux cheveux bleus ébouriffés qui surgit de nulle part et qui se faufile à la place de Lucie.

La petite fée rougit et ose à peine lever les yeux sur Hans : « Salut, Hans!! Moi aussi, tu sais, je peux te consoler ». Hans balbutie un timide « Salut, Neela » en apercevant son amie ailée. Il ressent tout à coup une grande joie. Ses joues chauffent, il tremble de tout son corps et son cœur bat si vite. Il se sent tellement vivant et s’écrie : « Ah non, je ne veux pas encore me transformer! Pas maintenant! Imagine si je deviens un lama et que je me mets à cracher!! » Lucie éclate de rire : « Mais non! Hans regarde, tu es toujours toi-même! Ça y est, tu as réussi! Tu ressens ce que Neela ressent elle-même. Et je crois bien que cela ressemble à de l’amour… Tu es amoureux, Hans! ».
 

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Hans prend Neela par la main et Neela lui demande s’il est prêt à la suivre au bout du monde. Hans acquiesce toujours ému et s’approche de Lucie pour lui dire au revoir. Lucie prend alors dans son sac le dernier objet qui lui reste : la petite pierre du lac Winnipeg. Elle la tend à son ami : « Garde-la en souvenir de notre rencontre. C’est une pierre à souvenirs. Elle t’aidera à te rappeler ce qui est important ».

« Elle est si douce! Merci pour ton aide, je ne t’oublierai jamais. Grâce à toi, j’ai compris et je crois que dorénavant je ne me transformerai plus jamais. Je peux partir et tu peux rentrer chez toi. Une surprise t’attend à ton retour ». Hans lui lance un clin d’œil et, dans un nuage d’étoiles et de poussières de comètes, Lucie se retrouve de nouveau à l’orée du bois.

 

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Un monde à découvrir

Lucie se tient de nouveau debout devant l’arbre immense et somptueux de la forêt. Elle a le sentiment de s’être perdue un long moment dans ses rêves, le temps de cette course effrénée à la recherche d’une étoile. C’était tellement irréel, tellement magique. Elle veut noter son rêve pour s’en souvenir. Elle met la main dans son sac pour prendre son cahier et alors elle sent quelque chose de chaud et de doux qui prend vie sous ses mains. Une petite tête sort du sac et un lapin saute dans ses bras. Le fidèle compagnon de Lucie, Canine, n’était plus un jouet de tissu et de mousse, mais un lapin, un véritable animal doté de la parole : « Salut Lucie! C’est moi, Canine! »

Avec son lapin, Lucie se sent plus confiante que jamais. Plus rien ne pourrait dorénavant l’empêcher de vivre ses rêves. Le ciel était peut-être immense depuis sa cabane dans les arbres, mais le monde à découvrir était encore plus vaste.
 

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En refermant le voyage de Lucie au pays des émotions, une chose demeure : les émotions ne sont ni des obstacles ni des faiblesses, mais des compagnes de route. En apprenant à les reconnaître, à les écouter et à les accueillir, Lucie — comme Hans — découvre qu’elles peuvent éclairer le chemin, renforcer les liens et ouvrir le monde.


Et parfois, il suffit d’un regard bienveillant, d’un souvenir précieux… ou d’un lapin blotti contre soi pour se sentir prêt à rêver plus grand.

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