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Les Algériens du Manitoba s’organisent

L’hiver est beau. Et ce qu’il y a de plus beau en lui, pour moi qui ne suis au Manitoba que depuis 18 mois, c’est le givre, ou the hoar frost (attention à la prononciation, m’a dit une amie!). Je ne l’ai vu que récemment, mais, Dieu du Ciel, que c’était beau.

J’ai l’habitude de partir très tôt au boulot; je suis un Bonifacien très matinal. Ce n’est pas la lumière du jour qui me montre mon chemin, mais les lumières artificielles des lampadaires faits par les hommes qui le jonchent. Et quand les cristaux de Dieu réfléchissent les lumières des hommes, ça donne le spectacle époustouflant de grains magiques qui scintillent sous nos pieds, tout droit sortis d’un conte de fées!

Et les arbres, que dire? Ça m’a rappelé les cerisiers sakura fleurissant au printemps au Japon : à la place des fleurs, des épines de glace. C’est beau de loin et de près (ce qui est rare, avouez-le); la glace qui s’installe sur la moindre petite branche offre à l’œil une vue du détail qui ne lui est pas permise tous les jours. On dirait les bronchioles des alvéoles pulmonaires sous IRM!

Traverser Saint-Boniface à pied, à l’aube, marcher sur des cristaux à travers les avenues Traverse et Dollard, les rues Aulneau et Despins, les yeux rivés sur les bronchioles et sur Vénus qui bénit nos pas et annonce au moins une bonne matinée ensoleillée, un peu comme la pluie du matin qui jadis réjouissait le pèlerin, fut un exercice magnifique qui se répétera, je l’espère, chaque année.

Photo prise par Aïssa d'un cimetière... on présume quelque part à Winnipeg...

Il y a eu un autre exercice magnifique auquel j’ai participé ces derniers temps, un de ceux qui ne se passent (avec une telle ampleur émotionnelle) qu’une fois dans une vie : la naissance d’une étoile!

C’est l’Association des Algériens du Manitoba qui est venue au monde en cette fin d’année 2025, pour briller à côté des autres étoiles qui rendent si beau le ciel de Winnipeg.

L’idée d’un organisme qui réunirait la communauté algérienne mûrissait dans les esprits de ses membres, de plus en plus nombreux depuis des années. Les astres se sont alignés cette fois. La Providence voulut que ce soit la bonne. Des Algériens brillants, chacun dans son domaine, ses compétences et sa singularité, sont passés à l’acte : ils ont créé l’organisme et l’ont enregistré auprès des autorités provinciales compétentes.

L’Association des Algériens au pays de Chef Peguis, de Louis Riel et de Sir William Stephenson se veut être l’incarnation d’une authenticité au pays des authentiques. Un phare identitaire pour les membres de la communauté qui se trouvent si loin de leur pays d’origine, et pour leurs enfants (surtout!), et aussi un phare culturel qui fera découvrir, ou redécouvrir, aux Manitobains, la culture et les traditions de cette partie nord-africaine de la Méditerranée.

Rien ne vaut le fait d’aller vers l’autre, de le « découvrir », de comprendre sa façon de vivre, de faire, de croire et de penser, de le comprendre et de le respecter dans sa diversité. Voilà un trésor qui manque à beaucoup de pays dans le monde, et qui est un gage de bon vivre-ensemble, de stabilité, de paix sociale et de progrès.

Ici, ces quatre concepts ne sont pas mis en lettres majuscules, ne relevant pas de théories fantasmagoriques que les politiciens aiment employer jusqu’à la nausée. Ici, ces quatre concepts, on les vit. On les vit au quotidien.

L’Association des Algériens du Manitoba (AAM) regroupera la communauté lors de divers événements et célébrations et la représentera dans différentes manifestations culturelles de la ville de Winnipeg. Elle aidera aussi les nouveaux arrivants dans l’établissement et le processus d’intégration. Défendre la francophonie et militer pour un Manitoba officiellement bilingue est aussi l’un de ses chevaux de bataille!

De gauche à droite, au premier rang : Mohammed Salah Zini, Tilelli Nait, Doha Hadj Smaha, Djinane Elmokretar, et Sofiane Hamdaoui; au deuxième rang : Menouer Hadj Smaha, Aïssa Aïnas, Zakaria Dahi, Samy Benamira, Hocine Tasekrit, Mehdi Zeddam.

​​L’Association est dirigée par un comité administratif composé de treize hommes et femmes venus des quatre coins d’Algérie. Le mouvement se veut horizontal : il n’y a pas de chef, pas de dirigeant, juste un groupe de personnes engagées qui savent ce qu’elles veulent et ce qu’elles ne veulent plus!

Le groupe est d’autant plus fort qu’il compte parmi ses membres le vénérable Tayeb Soufi, premier Algérien à s’établir au Manitoba (depuis 1968), professeur agrégé de philosophie à l’Université de Saint-Boniface depuis 1972, et directeur de l’école Sofiya sise à Saint-Vital.

Dans une récente publication sur son réseau social, il a dit ceci en parlant de l’AAM :

« Cette association, par la jeune équipe qui l’a fondée et qui la dirige, fait honneur à toute l’Algérie. Un grand souffle de probité, d’intelligence, de dynamisme, d’ingéniosité, d’amour de justice et de liberté pour l’humanité a atterri au cœur du Canada. L’hiver manitobain semble être devenu soudainement printanier. Dieu merci. »

Tayeb Soufi, professeur agrégé de philosophie à l’USB

L’hiver manitobain est toujours plein de souvenirs. Celui de 2025 l’est particulièrement, car il amène dans ses vents l’union et la promesse d’un avenir gracieux et solidaire pour la grande communauté algérienne qui vit dans cette partie des Prairies canadiennes.

Le site Internet en construction est : www.mbdz.ca

Page Facebook : Association des Algériens du Manitoba - Officielle -

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