top of page

Bonjour, hi 
Un monde d’anglicismes 

L’influence générale de l’anglais sur le français est manifeste à travers l’emprunt croissant de mots, notamment dans les domaines de la technologie et des affaires. En fait, la mondialisation a accéléré ce processus linguistique, avec la popularisation de termes comme email et startup, par exemple. 

Si certains y voient un enrichissement avec l’emploi de ces mots anglais ou ces manières d’expression à l’anglais, d’autres, en revanche, s’inquiètent beaucoup d’une atteinte à la pureté linguistique. L’Académie française et l’Office québécois de la langue française s’opposent avec virulence à ces évolutions, promouvant des alternatives françaises. Mais en dépit de leurs efforts de préservation du français, les emprunts à l’anglais persistent, témoignant de pressions linguistiques fortes. 

Or, il y a diverses manières dont la langue anglaise a façonné le lexique et la signification de la langue française. Malheureusement, en pensant comme les anglophones, les francophones s’expriment moins clairement, faisant difficilement comprendre leurs vraies idées. Dans cette brève vue d’ensemble, j’explore la dynamique de cette influence de la langue anglaise et sa portée contemporaine. Et quels sont les anglicismes au juste? 

D’abord, il y a les anglicismes où l’on utilise incorrectement les prépositions : siéger sur un comité/à un comité, elle avait une bague sur/au doigt, et la syntaxe, il a lu le livre lentement, il a lentement lu le livre.

Avec les anglicismes hybrides, on unit un mot anglais à un suffixe français, sprinteur, et acter, jouer la comédie, et crée un mot composé patch de nicotine, timbre à la nicotine, et piste de bowling. 

Quant aux mots empruntés tels quels à l'anglais, sans modifications, bien qu’il existe des mots français, comme projet de loi, chefferie et obstructionnisme, on utilise plutôt des mots anglais, bill, leadership et filibuster à la place, en suivant les influences politiques, par exemple. 

En employant un mot anglais à la place d’un mot français — un golfeur dit eagle, aigle, green, vert et ace, trou d’un coup —, on s’intègre de plus dans une sphère d’intérêt anglophone. Et quand on emploie de nouveaux mots technologiques anglais comme cookie et chatbot, plutôt que leurs équivalents en français, témoin de connexion et agent conversationnel, on est à la traîne. 

Voici d’autres mots anglais qui colorent notamment la langue française : briefing, séance d’information, debriefing, réunion-bilan, docker, débardeur, extra-dry, très sec, junkfood, malbouffe, per capita, par personne, merchandising, marchandisage, paramedic, technicien ambulancier, nursing, profession d’infirmière, podcast, balado, playback, présonorisation, building, bâtiment, lobby, vestibule, airbag, sac gonflable, cockpit, habitacle, charter, vol nolisé no-show, défaut de se présenter, mainstream, courant majoritaire, gut feeling, pressentiment. La tendance vers l'anglais se manifeste bien dans ces mots surutilisés.

De plus, remplacer continuellement un mot français par celui en anglais dilue effectivement le lexique français en atténuant l’effet. C’est le mot anglais qui se fait remarquer, attirant l’attention du lecteur ou de l’auditeur. 

Le français calqué sur l’anglais peut tromper tout à fait, car les francophones utilisent les mots comme les utiliserait un anglophone : blanc de mémoire, trou de mémoire, être positif, être certain de quelque chose, balancer les roues, équilibrer les roues, ligne d'attente, file d’attente, réchauffement global, réchauffement planétaire, personne articulée, personne éloquente, droits humains, droits de la personne, parc d’amusements, parc d’attractions, retour à l’école, rentrée à l'école, chambre des maîtres, chambre principale, être anxieux de, être impatient de, être supposé de, être censé de, en spécial, en solde, éventuellement, finalement.

Pour aggraver la compréhension linguistique, l’emploi littéral d’expressions et de phrases anglaises ajoute plus d’imprécision à l’expression française : à date, à jour, centre d’achats, centre commercial, magasin à rayons, grand magasin, venir de l’arrière, rattraper un concurrent, au meilleur de ma connaissance, autant que je sache, lutte à finir, lutte acharnée, soulever un point d’ordre, invoquer le règlement, se lever debout, se mettre debout, clause grand-père, clause d’antériorité, appel conférence, conférence téléphonique, appel longue distance, appel interurbain, contrôlé à distance, contrôle télécommandé, être en charge de, être responsable de, coûter un bras et une jambe, coûter les yeux de la tête, ça sonne une cloche, ça me rappelle quelque chose, étant dans l’eau chaude, étant dans l’embarras, parler à travers son chapeau, parler en l’air, prendre le blâme, adosser la responsabilité, l’argent ne pousse pas dans les arbres, l’argent ne tombe pas du ciel.

À la longue, devoir parler quotidiennement l’anglais, surtout dans un milieu francophone minoritaire, n’augmente que l’emploi régulier des anglicismes. Les francophones finissent par imiter les anglophones même entre eux. Plusieurs utilisent aussi une forme de franglais, mélangeant les mots français et anglais dans les mêmes phrases.

Mais ce n'est pas tout. Les francophones aiment également écouter les chansons en anglais, regarder les films et la télévision en anglais et lire les livres écrits par les auteurs anglophones. Ils voyagent souvent vers des destinations anglophones et fréquentent des amis anglophones. C’est toujours plus leur manière de vivre. 

Et quand les francophones empruntent ce chemin anglais, ils s’égarent entièrement. Quoique leurs mots incorrects aient du sens pour eux, leur venant facilement à l’esprit, ils embrouillent un éventail de situations. Par conséquent, cette culture anglophone s’infiltre dans la leur. 

Dans notre monde d’aujourd’hui, les francophones ne vivent pas en vase clos, séparés par un mur du reste de la société. Comme d’autres groupes linguistiques, ils sont en relation continuelle avec les anglophones. Mais exprimer le français en suivant toujours l’exemple anglais, en le truffant d’anglicismes est une pente savonneuse à éviter à tout prix. 
 

Liste de tous les articles de Entre les lignes.jpg
bottom of page