Ô Canada, t’es qui toi?
L’hiver canadien a cette manière bien à lui d’imposer des pauses. Quand la neige tombe dru, que la route disparaît et que le froid ralentit tout, il ne reste parfois qu’une chose à faire : attendre. Et pendant l’attente, parler. Écouter. Se regarder autrement.
C’est dans ce huis clos glacé que s’ouvre Ô Canada, t’es qui toi? Un autobus, arrêté en pleine campagne sur la route d’une compétition de slam. À bord, trois jeunes que tout semble opposer, forcé·e·s de partager bien plus qu’un trajet interrompu.
Il y a Amina, arrivée récemment d’un pays d’Afrique francophone, déterminée à ne pas se dissoudre dans une identité qu’on voudrait lui imposer. Louis, métis, avance à tâtons entre plusieurs héritages, à la recherche d’un point d’ancrage. Jen, enfin, issue d’une famille de réfugiés, s’est rapidement fondue dans le paysage, parfois au prix d’un certain effacement. Et puis il y a Ousmane, le conducteur, résident permanent, témoin attentif et passeur discret de paroles.
La tempête bloque le bus, mais elle libère les langues. Le temps s’étire, l’ennui fait tomber les barrières, les silences se remplissent de questions, de tensions, d’élans sincères. Les différences frottent, dérangent, mais ouvrent surtout un espace rare : celui du dialogue. Peu à peu, l’autobus devient un laboratoire du vivre-ensemble, où se confrontent les notions d’identité, d’appartenance et de communauté.
Coproduit par Afrik’kadi et le Théâtre Cercle Molière, et porté par l’écriture sensible d’Alison Palmer et Lacina Dembélé, le spectacle mêle humour, poésie et lucidité pour aborder avec finesse les réalités du multiculturalisme canadien. Accessible dès l’âge de 10 ans, Ô Canada, t’es qui toi? parle aux jeunes comme aux adultes, et pose, sans jamais imposer de réponse, une question essentielle : qu’est-ce que cela veut dire, aujourd’hui, faire partie du Canada?




