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TABLE DES MATIÈRES

Cliquez sur l'article de votre choix.

- France :

     Compte à rebours de mon retour, Tsumagoi

     Camp d'entraînement d'été

     Tsumagoi

     Hommes herbivores

     Feux d’artifice à Hiratsuka

     Avant l'ascension du mont Fuji

     À la conquête du mont Fuji

     Hiroshima et Miyajima

     Tellement de choix

     Plus qu'un mois!

     De la première à la dernière fois

     Faire la navette

     Prendre un bain au Japon

     Dernier entraînement de judo à Tokai

     Remise des diplômes, Sapporo, Otaru

     Hakodate, réunion des Shiokawa

     Dernier jour au Japon, retour à la maison​

     Quelques différences entre Canadiens et Japonais

- Vincent :

     Deux nouvelles chansons

     Préparatifs en vue d’un camp d'entraînement

     Camp d'entraînement Fujimi Kogen

          - Jour 1

          - Jour 2

          - Jour 3

          - Jour 4

          - Jour 5

          - Jour 6

     Mᵐᵉ Hayashi!

     67.8

     Je déménage!

     Réunion de famille au Tokyo Skytree 

     Mont Fuji​​​​ conquis

     Mon premier match de football…

     Réflexions sur le camp d’entraînement

     Un entraînement à Yokohama

​​      Un an au Japon

     Enfin un entraîneur

     Des progrès ont été faits

     Projet Yokohama

     DJ au Japon​

      Une expérience de DJ au Japon

     Une opération au Japon

     Voyage au Kansai

     Au cœur du Tokyo Grand Slam 2015

     Préparatifs avant le départ

     La fin

Épilogue

9 août 2012

Compte à rebours de mon retour au Canada

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Certains d'entre vous ont peut-être déjà remarqué le nouvel ajout à mon blogue : un compte à rebours. Si vous regardez le côté droit de l'écran, sous la rubrique « Compte à rebours », vous devriez voir un rectangle noir avec des chiffres dessus. C'est le temps qu'il me reste avant de

prendre l'avion à 17 h 40 le 5 octobre. Le nombre de jours/heures/minutes/secondes peut varier en fonction de votre fuseau horaire. Vous pouvez également placer votre curseur sur le rectangle et un autre message apparaîtra. Assez sophistiqué, n’est-ce pas? 😀


Ce ne fut toutefois pas facile de l'installer sur mon blogue. Il m'a fallu 1 h 30 juste pour en comprendre le fonctionnement. J'ai essayé de nombreux sites Web qui offrent un widget de compte à rebours utilisable dans les blogues. Je recevais des messages d'erreur selon lesquels le code HTML était incorrect… même si je copiais ces codes directement de ces sites Web. J'avais déjà joué un peu avec le code HTML et la conception de sites Web, donc je ne suis pas complètement ignare, mais je n’arrivais pas à trouver ce qui n'allait pas avec les codes. J'ai donc essayé un autre site Web. Et un autre. Et recherché d'innombrables fois sur Google : « comment ajouter un widget de compte à rebours à Blogger », « widget de compte à rebours qui fonctionne sur Blogger », etc. Et finalement, après avoir essayé beaucoup de choses différentes, j'ai réussi! 

Pour ceux qui veulent savoir comment je l'ai fait (et pour les autres personnes comme moi, qui recherchent sur le Web pour trouver une réponse à leur problème), voici : 

  1. Tout d'abord, vous devez créer votre widget. Il existe beaucoup de sites Web qui les feront pour vous ou ont de meilleures conceptions, mais celui qui a fonctionné pour moi était http://mycountdown.org.

  2. Sélectionnez un compte à rebours dans le menu de gauche. Ils se ressemblent pas mal tous. Une fois que vous en avez sélectionné un, vous pouvez le personnaliser : choisir la couleur de l'arrière-plan, la couleur de la police, l'heure et la date, le texte, etc.

  3. Ensuite, vous copiez le code.

  4. Dans Blogger, allez dans « Mise en page », puis sélectionnez « Ajouter un gadget ». Sous la tablette « Basics », vous devriez trouver « HTML/JavaScript ». Sélectionnez-le. 

  5. Collez le texte que vous venez de copier dans la zone de texte. Assurez-vous que « Texte enrichi » apparaît en haut à droite de la zone de texte. Si vous cliquez dessus, il passe à « Modifier HTML ». Si vous êtes comme moi, vous penseriez que c'est là que le code devrait aller. Mais non, pour une raison quelconque, il modifie complètement le code si vous le placez sous « Modifier HTML ». 

  6. nsuite, enregistrez vos modifications et, espérons-le, vous devriez voir le widget de compte à rebours apparaître sur votre page. Si ce n'est pas le cas, passez en revue les étapes et continuez à essayer. Il y a un moyen. Ça pourrait juste vous prendre 1 h 30 pour le trouver. 😁

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11 août 2012

Camp d'entraînement d'été

Après une belle longue pause du judo, l'entraînement a repris jeudi. Et je suis déjà épuisée! Ce matin, nous nous sommes entraînées pendant trois heures! Et puis une autre heure en après-midi. J’ai mal partout : au cou, au dos, aux cuisses, aux jambes... vous pouvez imaginer. On peut me voir me traîner jusqu’en haut des escaliers après l'entraînement. Quand je reviens à la résidence pour déjeuner, les autres ne font que se réveiller. 😐

Et ce n'est pas fini! Demain, je vais à Tsumagoi (dans la préfecture de Gunma, située directement à l'ouest de la préfecture de Tochigi) avec les judokas féminines de Tokai pour un camp d'entraînement d'une semaine. Nous courrons et nous nous entraînons au judo tous les jours. Une bonne chose est que, puisque c'est une région montagneuse, il fera beaucoup plus frais qu'ici. Il fait incroyablement chaud lorsque nous nous entraînons au dojo de Tokai pendant l'été.

Cependant, comme il s'agit d'une région montagneuse, l'air sera également moins dense, ce qui rendra la respiration plus difficile. Mais comme je vais escalader le mont Fuji dans environ deux semaines, ce sera un bon exercice. 😄

Je n'aurai pas accès à un ordinateur pendant toute la semaine, donc je vous donnerai les dernières nouvelles dès mon retour.

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19 août 2012

Tsumagoi

Je suis de retour de Tsumagoi! Ce fut une longue semaine d'entraînement difficile et tout le monde était assez fatigué à la fin, mais ce fut une bonne semaine. 

D’Hiratsuka (où je vis), il a fallu environ six heures en bus pour se rendre à Tsumagoi, situé dans la préfecture de Gunma. Il s’y tient un camp chaque année pendant l'été parce qu'il fait tellement plus frais dans les montagnes, ce qui rend l'entraînement beaucoup plus tolérable qu'à Tokyo où l'humidité est dingue.

Certaines personnes m'avaient dit que l'air serait plus rare, mais je ne sentais pas vraiment de différence. Soit mon système respiratoire est en bon état, soit il n'y avait tout simplement pas beaucoup de différence.
 

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Arrivée à Tsumagoi

Pour la première moitié de la semaine, il n’y avait que les judokas de l'Université de Tokai. Nous avons couru et fait quelques ashi-barai (balayages avec le pied). Puis, au cours de la deuxième moitié, des athlètes de l'Université Asahi, de l'Université Ritsumeikan et de l'Université sportive Biwako Seikei sont venues s'entraîner avec nous.

Il y avait beaucoup plus d'athlètes que cela, mais beaucoup d'entre elles sont allées participer à une compétition
quelques jours seulement après leur arrivée.

C'était notre horaire quotidien : réveil vers 6 h 45, exercices d'étirement à 7 h 10, déjeuner à 7 h 30, entraînement de judo de 9 h à 12 h, douche, dîner à 12 h 30, sieste, deuxième entraînement de judo de 15 h à 17 h, course de 17 h 15 à 17 h 45, deuxième douche, souper à 18 h 30, puis au lit.

Ce fut une semaine difficile. Mais vivre ça avec les filles de Tokai, en s'encourageant mutuellement lors des séances d’entraînement : Faito! Faito! (ce qui signifie « Combattez! Continuez! ») fut également une grande expérience. Comme le dit mon père, c'est aussi une expérience unique pour un étranger au Japon. Normalement, les étrangers ne participent pas à ces camps d'entraînement, car les étrangers ne sont généralement au Japon que pour une courte période. Mais je suis ici depuis près d'un an maintenant et je suis à présent considérée comme faisant partie de l'équipe, donc il n'y a pas eu d'hésitation quand ils m'ont invitée à participer au camp d'entraînement.

cliquez sur les photos pour lire les descriptions

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23 août 2012

Hommes herbivores

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Ceci est un article pour une personne spéciale... qui m'a fait savoir aujourd'hui que je suis lente à mettre à jour mon blogue. Mais c'est difficile à faire quand il n'y a rien de nouveau qui se passe... J'ai donc décidé d'écrire sur quelque chose d'autre lié à la culture japonaise.

J'ai entendu parler pour la première fois de « Herbivore Men » au Canada, il y a environ un an, lorsque j'ai participé à un concours de discours japonais. Au moins deux ou trois des discours portaient sur ces « hommes herbivores », connus en japonais sous le nom de Sōshokukei danshi. Je ne comprenais pas le terme à ce moment-là, mais depuis que je suis au Japon, je l'ai entendu plusieurs fois (ainsi que d’autres nouveaux termes) et j'ai pensé que ce serait intéressant d'écrire là-dessus.

Auparavant, les hommes étaient considérés comme des Nikushokukei danshi (肉食系男子), en d'autres termes, des hommes carnivores. Ce sont des hommes qui poursuivent activement les femmes.

Cependant, un grand pourcentage d'hommes japonais tombent maintenant dans la catégorie des hommes Sōshokukei danshi (草食系男子), des hommes herbivores. Ces hommes sont passifs quand il s'agit de relations. Timides et doux, ils ne s'approchent pas ou ne poursuivent pas les femmes qu'ils aiment. Selon Wikipédia, ils « évitent le mariage ou d'avoir une petite amie » et « sont décrits de manière caractéristique comme frugaux et intéressés par le toilettage personnel ».

De nos jours, pour compenser ces « hommes herbivores », qui n'avoueront pas leurs sentiments ou ne demanderont pas aux filles de sortir avec elles, les filles ont commencé à devenir plus ouvertes dans les relations, devenant ainsi des Nikushokukei joshi (肉食系女子), des femmes carnivores.

Et il y a aussi deux autres termes que j'ai appris il n'y a pas si longtemps quand j'ai soupé chez les Iwasa.

Asperges au bacon (アスパラベーコン) : Vous savez comment le bacon enveloppe les asperges… À l'extérieur, le gars semble être un carnivore, mais il est en fait un herbivore à l'intérieur.
 

Remarque : Photo prise sur Google

Cigare au chou (ロールキャベツ) : C'est le contraire. À l'extérieur, le gars semble être un herbivore quand il est vraiment un carnivore à l'intérieur.

Remarque : Photo prise sur Google

C'est tout ce que je vais écrire aujourd'hui. Il y a beaucoup plus à explorer sur le sujet, mais c'est à peu près l'étendue de ce que je sais. Si cela vous intéresse, Wikipédia a une page sur certaines des causes possibles qui ont conduit à ce phénomène, et il y a d’autres sites Web sur Internet qui en parlent aussi.

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24 août 2012

Feux d'artifice à Hiratsuka

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Hier, ma colocataire et moi nous nous sommes rendus à Hiratsuka en autobus pour y voir les feux d'artifice. Nous avons admiré les feux de la plage, avec certainement plusieurs centaines de personnes. 

Il y avait beaucoup de femmes portant de jolis yukatas (la version plus simple et plus légère d'un kimono). Et nous aussi. : )

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Deux jolies dames : ma colocataire Anzu (à gauche) et moi.

Je pense que je dois encore maîtriser comment porter le yukata. Ce n'est certainement pas aussi compliqué qu'un kimono, mais pas facile non plus. Ma colocataire s’est démenée pendant environ 15 minutes juste pour essayer d'attacher une boucle dans le dos. Mais avec son yukata, ce n’était pas nécessaire. De nos jours, la plupart des gens achètent des boucles déjà fabriquées que l’on a juste à coller dans le dos.

Les feux d'artifice ont duré environ une heure. C'était assez spectaculaire. Il y avait quelques pauses entre les changements bien sûr, pour préparer le prochain tour, mais c'était presque sans arrêt.  
 

En attendant l'autobus.

Je suis tellement chanceuse d'avoir Anzu comme colocataire. Sans elle, je n'aurais jamais su au sujet des feux d'artifice, ou même comment m’y rendre. Alors merci Anzu! 

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26 août 2012

Avant l'ascension du mont Fuji

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Bonjour à tous! J'ai déjà écrit que j’allais escalader le mont Fuji (qui, à 3776 mètres, est la plus haute montagne du Japon)... Et c’est demain que le moment est arrivé!!!

Mais avant même de pouvoir commencer à grimper, il y a une certaine préparation à faire.

Pour commencer, il y a l'équipement nécessaire : chaussures de randonnée, imperméable, vêtements chauds, chapeau, crème solaire, gants, chaussettes chaudes, etc. Nous avons décidé que nous n'avions pas besoin de bouteilles d'oxygène. Nous sommes toutes deux des athlètes et ma colocataire l'a déjà escaladé deux fois sans bouteille d'oxygène. Espérons donc que nous n’allons pas perdre connaissance.

Ensuite, il faut aussi penser à la nourriture. Il n'y a pas de restaurants sur la montagne, nous devons donc tout emporter avec nous. Je pense qu'il y a des distributeurs automatiques et des petits magasins où vous pouvez acheter de la nourriture, mais j'ai lu que les prix sont ridiculement élevés. Nous avons donc décidé de tout emporter avec nous. 

Et nous devons également tout ramener avec nous. Il est interdit de laisser des déchets sur la montagne, même des matières biodégradables comme des peaux de banane. Nous devons donc nous assurer d'avoir des sacs pour jeter nos ordures.

Et juste pour arriver au point de départ (nous avons décidé de partir de la 5e station de Fujinomiya), il faut environ 2 h 30 min en train, puis encore 1 h 30 min en bus. On va donc partir assez tôt demain pour pouvoir commencer à grimper vers midi. Depuis la 5e station de Fujinomiya, il faut environ 4 à 7 heures pour la montée et 2 à 4 heures pour la descente.

Je dois encore faire mes bagages, donc je vais maintenant vous laisser. Si je ne suis pas trop fatiguée, j'essaierai de télécharger les photos après-demain, quand nous reviendrons.

Le croirez-vous? Je vais escalader le mont Fuji!! À bientôt!


Mardi 28 août 2012

À la conquête du mont Fuji!

La première chose que je dirai à propos de l'ascension du mont Fuji est... que je ne suis pas sûr de vouloir l'escalader à nouveau. Non pas que cela n'en valait pas la peine. Le lever du soleil au sommet de la montagne était incroyable! Mais c'est un chemin long et fatigant. Et l'escalader une fois dans sa vie suffit selon moi... et mon corps.

Attention : BEAUCOUP de photos à venir! Probablement l'article le plus chargé d'images que j'ai jamais écrit. Mais vous ne serez pas déçus, car ce sont des photos géniales!

Nous avons quitté le dortoir tôt : 6 h 30 le lundi matin. 
 

À la conquête du mont Fuji
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Équipées et prêtes à grimper.

Arrivée à la gare de Fujinomiya.

Nous avons pris le train jusqu'à Fujinomiya, puis un bus pour nous rendre à la 5ᵉ station de Fujinomiya. C'est là que nous avons commencé à grimper. Comme vous pouvez le voir sur la carte ci-dessous, il y a différents sentiers qui mènent au sommet. Nous avons choisi le sentier Fujinomiya pour la montée et le sentier Subashiri pour la descente.

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Le sentier Fujinomiya est en bleu.

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Départ à partir de la 5ᵉ station.

Le premier jour (lundi), nous avons marché jusqu'à la station 9,5. Au début, nous étions motivés et la montée n'était pas trop difficile. Je pense que nous sommes arrivés à la 7ᵉ station en ne prenant que deux pauses. Puis, de la 7ᵉ à la 9,5, la montée est devenue de plus en plus raide et nous avons fait des pauses environ toutes les 10-15 minutes pour se reposer les jambes et respirer à nouveau correctement.

C'était dur. Le terrain était dangereux et on pouvait facilement tomber en posant le pied de travers. Ou se tordre la cheville. Ou se cogner la tête contre un rocher en tombant. Il existe de nombreuses façons de se blesser si on ne fait pas attention. Mais nous avons grimpé lentement et essayé de choisir les chemins les plus sûrs. 

Raide...

Et plus raide...

Une courte pause.

Ce qui m'a surpris, c'est que des enfants d'à peine 4-5 ans et des hommes et des femmes qui semblent avoir environ 60 ans ou plus escaladaient également le mont Fuji. Cela m'a un peu motivé et j'ai essayé de cacher mon halètement quand nous les dépassions. S'ils peuvent le faire, alors moi aussi. C'est ce que je me suis dit à quelques reprises quand les choses se sont corsées.

Lorsque nous sommes arrivés à la station 9,5, nous nous sommes installées dans une petite cabane de montagne, ce qu'on appelle un yamagoya en japonais. C'est vraiment juste un endroit pour dormir, pas pour faire autre chose. Nous ne pouvions même pas nous brosser les dents. Et nous avons dormi dans une pièce remplie d'autres personnes que nous ne connaissions pas.

 

Voici le refuge montagnard à la station 9,5, où nous avons dormi pendant environ 8 heures avant de continuer la montée.

La pièce où tout le monde dormait ensemble.

Vue depuis la station 9,5 (vers 18 h).

Après avoir dormi quelques heures, nous nous sommes réveillées vers 2 h du matin et nous nous sommes habillées chaudement, avons installé nos lampes de poche et avons recommencé à grimper. Il faisait si sombre! Pendant la journée, quand le soleil était haut dans le ciel, la route était dangereuse, mais au moins nous pouvions voir. Ce matin, quand nous avons commencé à grimper, cela nous a pris beaucoup plus de temps parce que nous ne pouvions pas voir au-delà de ce que nos lampes de poche éclairaient. Mais lentement, régulièrement, en prenant quelques pauses, nous sommes arrivés au sommet vers 3 h. Et puis... il a fallu attendre. Le soleil n'est apparu que vers 5 h donc pendant deux heures, nous nous sommes gelé les fesses. Le vent était fort et il n'y avait pas d'endroit où se protéger du vent au sommet de la montagne. Nous nous sommes donc serrées les uns contre les autres et avons chanté quelques chansons pour nous distraire.

 

Ma colocataire Anzu avec sa lampe frontale.

Enfin, le ciel a lentement commencé à montrer des teintes de rose, de jaune et d'orange. Et environ 30 minutes plus tard, le soleil est apparu!

 

cliquez SUR LE DIAPORAMA CI-DESSOUS pour voir lE SOLEIL SE LEVER

Puis nous avons commencé notre descente. Descendre était beaucoup plus facile que la montée, mais c'était toujours délicat et dangereux par moments. Le sentier que nous avons emprunté pour descendre (Subashiri Trail) était principalement fait de sable mou, donc nous avons en quelque sorte « glissé » notre chemin vers le bas. Il y avait encore beaucoup de rochers ici et là, il fallait donc faire attention. Je pense que je suis tombée environ cinq fois en cours de route en glissant sur des rochers, mais heureusement, ce n'étaient pas des chutes graves à cause du sable. Au total, il ne nous a fallu que 1 h 45 minutes pour descendre alors qu'il nous a fallu 3 h 04 minutes pour monter (pauses non comprises).

 

Kage Fujisan : l'ombre du mont Fuji.

Une autre chose surprenante est que j'avais une excellente connectivité téléphonique sur le mont Fuji. J'ai même envoyé une photo du lever du soleil depuis mon téléphone à mes parents et à ma grand-mère lorsque nous étions tout en haut. 

Finalement, après avoir pris le bus et le train, nous sommes arrivées à la maison. J'ai immédiatement pris une douche parce que nous n'avions pas pu nous laver la veille. Mon visage, mes pieds et ma peau étaient pleins de sueur, de sable et de poussière. C'était tellement bon de prendre une douche. Puis, plus tard, ma colocataire et moi sommes allées dans un bain de source chaude et c'était là aussi le paradis.

Je peux maintenant dire que j'ai escaladé le mont Fuji, la plus haute montagne du Japon! Mais je n'aurais jamais pu le faire sans ma colocataire Anzu. Elle l'a déjà escaladé deux fois, alors elle a réservé le refuge, elle m'a prêté des chaussures de randonnée et a organisé le transport jusqu'au site d'escalade. Et nous nous encouragions mutuellement quand nous étions fatiguées. Si j'avais grimpé toute seule... eh bien, j'aurais probablement abandonné à mi-chemin. C'est tellement plus amusant de grimper avec une amie. Encore une fois, merci Anzu! 

 

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1ᵉʳ septembre 2012

Hiroshima et Miyajima

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Tout juste revenues de l'ascension du mont Fuji, ma colocataire et moi sommes reparties, cette fois pour visiter Hiroshima et Miyajima. Nous avons pris l’autobus de nuit pour Hiroshima (un trajet d’environ 10 à 11 heures) depuis Yokohama. L'itinéraire est indiqué par la ligne jaune sur la carte ci-dessous.

Dès notre arrivée, nous avons pris le train, puis le traversier pour l'île de Miyajima.

Entrée du traversier

Il y a des cerfs partout sur l'île, apparemment peu dérangés par les nuées de touristes qui viennent voir l'île.

On peut même les toucher!

La raison pour laquelle je voulais aller à Miyajima est qu'elle est désignée comme l'une des trois meilleures vues panoramiques du Japon. Les deux autres sont situés à Matsushima et à Amanohashidate (préfecture de Kyoto).

Et la vue la plus célèbre de Miyajima est celle de la porte torii géante, qui semble flotter dans l'eau lorsque la marée est haute.
 

Nihon sankei : l'une des trois plus belles vues panoramiques du Japon.

La fameuse porte

Après avoir pris des tonnes de photos de la porte, nous avons pris le téléphérique pour visiter la zone montagneuse.

Par la suite, nous avons pris le traversier et le train pour retourner à Hiroshima afin de visiter le musée du mémorial de la Paix.

Le 6 août 1945 (cette date est restée gravée dans ma tête depuis que nous avons visité le musée), les États-Unis ont lâché une bombe atomique sur Hiroshima à 8 h 15. Les effets ont été désastreux. Les bâtiments et les gens ont été réduits en cendres. D'autres ont été gravement brûlés. D'autres semblaient aller bien pour mourir quelques jours ou semaines plus tard des suites de blessures causées par les radiations. Et des mois, des années plus tard, beaucoup sont morts de cancers et d'autres maladies. De nombreux bébés sont également nés avec des malformations congénitales.

Je n'ai pas pris beaucoup de photos à l'intérieur du musée. Je n'arrivais pas à me résoudre à prendre une photo de toute cette souffrance.

Une maquette de la ville d'Hiroshima avant le bombardement.

La même image, mais  après le bombardement.

Nous avons également visité le dôme de la bombe A et le monument de la paix des enfants.

Le dôme de la bombe atomique : ce qu'il reste de l'ancienne préfecture industrielle.

Hall de promotion. C'était l'un des seuls bâtiments encore debout après que la bombe a explosé.

Le monument de la paix des enfants est un monument à la mémoire de Sadako Sasaki et des milliers d'autres enfants qui ont été victimes de la bombe atomique à Hiroshima.

Si je me souviens bien de ce que j'ai lu au musée, Sadako Sasaki avait deux ans lorsque la bombe atomique est tombée. On lui a ensuite diagnostiqué un cancer (causé par les radiations). Croyant que plier un millier de grues en papier la sauverait, Sadako plie grue après grue. Mais même après avoir atteint un millier de grues, son état ne s'est pas amélioré et elle est décédée après avoir lutté contre le cancer pendant 10 ans.
 

Je suis contente d'avoir pu visiter le musée, mais en même temps, même si j'ai vu beaucoup de photos de la ville en ruines ou de personnes brûlées, je ne peux pas m’imaginer ce que cela a dû être pour les gens qui étaient là ce jour-là. Je ne peux pas faire semblant de comprendre parce que rien dans ma vie ne peut égaler ce qui s'est passé ce jour-là. Après avoir quitté le musée, ma colocataire et moi avons marché en silence, sans vraiment pouvoir dire grand-chose.

Pour le souper, nous avons mangé de délicieux okonomiyaki (crêpe à la japonaise).
 

Les ingrédients : calamars, nouilles, chou, germes de soja, crevettes, un œuf et beaucoup de sauce.

Et puis, nous avons repris l’autobus (pour encore un trajet de 10 à 11 heures) et sommes arrivées saines et sauves à la maison. 


27 août 2015

Tellement de choix...

En essayant de prendre soin de mon visage, je suis souvent allée dans divers supermarchés pour chercher des produits pour le visage. Ce faisant, j'ai remarqué une légère tendance dans les produits que la plupart des magasins proposent.

Commençons par dire qu'il y a beaucoup de choix. Par exemple, au sein d'une même marque, nous avons une crème hydratante, un nettoyant pour le visage, une crème de soin contre l'acné, un gommage nano million (ne me demandez pas ce que c'est) et une mousse transparente blanche (toujours aucune idée). Chacun d'entre eux a un objectif légèrement différent. Il y en a pour presque tous vos besoins. Cela étant dit, parce que tous ces produits proviennent de la même marque, je crois que c’est une grande erreur. Seuls les produits des grandes entreprises sont vendus dans tous les magasins. Comme j’ai étudié en administration des affaires, je peux constater que cela crée un monopole, ne laissant aucune chance aux concurrents (entreprises) d'entrer et éventuellement de fournir un meilleur produit. Les grandes entreprises offrent tellement de produits et sont si connues que la plupart des consommateurs n'y pensent même pas à deux fois. Les produits sont probablement très bons, mais je trouve quand même cela un peu dérangeant.

Cela ne se limite pas aux produits pour le visage. Les judokas ont tous des vêtements de sport Under Armour. Je pensais que c'était juste parce qu'ils voulaient avoir l'air cool et qu'ils avaient beaucoup d'argent, mais quand je suis allé me procurer quelques chemises, j'ai remarqué que la moitié du magasin proposait seulement cette marque.

Cela a probablement un lien avec les gens et la culture. Étant donné que la plupart des étudiants reçoivent de l'argent de leurs parents ou travaillent à temps partiel, ils peuvent se permettre ces produits coûteux. Au Canada, j'ai toujours pensé que mon image était importante, mais ce n'était pas nécessaire que tous mes vêtements proviennent d'une marque chère. Mais ici au Japon, l'image est considérée comme de la plus haute importance, c'est pourquoi ils ont tendance à acheter des vêtements coûteux. Ce qui conduit les petites entreprises à disparaître.

Quand j'étais au camp, j'ai entendu une drôle d'expression : « Mitami janakute, nakami ». Sa signification est la suivante : « Ce n'est pas l'extérieur qui compte, mais l'intérieur. » Maintenant, en essayant de comparer cette mentalité avec la valeur que les Japonais accordent à leur propre image, je ne comprends toujours pas très bien.
 

Tellement de choix

Les déodorants. Ou une section de ces derniers.

Nous avons également visité le dôme de la bombe A et le monument de la paix des enfants.

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4 septembre 2012

Plus qu’un mois!

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Il ne me reste plus qu’un mois au Japon. C’est difficile à croire, mais ça commence à devenir réel maintenant que je fais du ménage dans ma chambre, que je rassemble les choses que je veux garder et que je me débarrasse de celles que je ne veux pas rapporter. Je dois quitter le L‑Kan (la résidence où je vis) avant le 15 septembre parce que les

nouvelles étudiantes vont commencer à arriver, alors je commence tranquillement à faire mes bagages.

 

Il ne me reste qu’un mois… mais ce sera un mois chargé. Je vais assister à autant de séances d’entraînement que possible. Je vais aussi essayer de voir le plus d’amies possible avant de partir. Je termine le programme de japonais Bekka le 20, puis je prends l’avion le 21 pour Hokkaidō, afin de visiter la région. Je reviens le 29, juste à temps pour aller à la banque et à l’hôtel de ville (pour régler quelques papiers de dernière minute), et pour voir une dernière fois ma grand-mère et ma tante avant de quitter le pays.

 

Je vais continuer à mettre mon blogue à jour autant que possible, alors ne cessez pas de le lire! 😉

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16 septembre 2012

De la première à la dernière fois

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Lorsque je suis arrivée au Japon, presque tout était une première. Première fois dans un onsen, première fois à m’entraîner avec l’équipe féminine de judo de Tokai, première fois à vivre seule... tout était nouveau et excitant.
 

Mais maintenant, tout ce que je fais est pour la dernière fois. Ma dernière fois dans un onsen, ma dernière fois avec ma colocataire, ma dernière fois à boire du Pocari Sweat et de l'eau Calpis (deux boissons auxquelles j’ai pris goût). C’est triste, mais en même temps, je suis vraiment excitée de rentrer chez moi et de serrer mes parents et mon frère dans mes bras. J’ai même envie de câliner notre chat. 😛 Et bien sûr, je ne peux pas vraiment dire que c’est réellement ma dernière fois pour toutes ces choses parce que je suis à peu près certaine que je reviendrai au Japon dans quelques années. Mais c’est ma dernière fois... pour un petit moment.

J’ai ressenti un peu de tristesse en quittant le L-Kan (la résidence où j'ai vécu pendant un an). C’était comme une deuxième maison. J'avais ma douche préférée... et mes toilettes... et ma machine à laver. Ma colocataire et moi avions décoré notre chambre et l’avions arrangée à notre goût. C’était aussi la première fois que je vivais seule, loin de mes parents. J’ai donc évidemment beaucoup mûri là-bas, en cuisinant et en faisant toute ma lessive seule. Ma colocataire va me manquer par-dessus tout. Nous avons beaucoup ri et vécu des incidents amusants dans cette chambre.

Mais je ne suis pas triste de quitter le L-Kan... à cause des araignées. Pendant toute mon année, je n’en ai vu que quelques-unes, mais pendant ma dernière semaine, j’en ai vu jusqu’à quatre dans la salle de bain : d’ÉNORMES araignées. Je jure qu’elles étaient aussi grandes que ma main. Et bien sûr, c’est moi qui devais les trouver... et l’une d’entre elles, le matin de mon dernier jour! Franchement! Ma colocataire a blagué en disant qu’elles étaient sorties pour me dire au revoir... 😀

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Ma chambre telle qu’elle était lorsque je suis arrivée à la résidence.

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Ma colocataire Anzu (à gauche) et moi.

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20 septembre 2012

Faire la navette au Japon

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J’ai été absente assez longtemps, alors préparez-vous, je vais vous mettre à jour sur ce qui s’est passé et sur ce qui reste à venir.


Pour commencer, ces trois derniers jours, même si je séjourne chez les Iwasa à Tama Center, j’ai pris le train jusqu’à l’Université de Tokai

pour assister à quelques derniers entraînements avant mon départ pour Hokkaidō.

Ce qui veut dire… que pour arriver à temps à l’entraînement du matin qui commence à 7 h 30, j’ai dû me lever à 4 h 30, quitter la maison à 5 h, prendre le train de 5 h 14 jusqu’à Shinyurigaoka, faire un changement à 5 h 40, descendre à la gare TokaiDaigakuMae, puis marcher de la gare au campus (environ 15 minutes de marche). Et je devais porter un gros sac sur mes épaules pendant tout ce trajet. Comme je ne rentrais pas à la maison ensuite pour récupérer mes affaires, je devais tout emporter avec moi : vêtements de rechange, mon judogi, du ruban adhésif, mon déjeuner et mon dîner, etc. Le premier jour, ça allait. Je crois que j’étais soutenue par l’adrénaline. Mais mardi et mercredi, ça a été un peu plus dur de me lever, et j’ai commencé à avoir mal aux épaules en raison du poids du sac. Mais en fin de compte ça en valait la peine. Vous verrez pourquoi dans mon prochain article. ;)

On m’avait proposé de loger dans une résidence plus proche de l’université pour éviter de faire ces trajets, mais j’ai préféré rester chez les Iwasa et faire la navette. Ce n’est pas du tout rare au Japon. Les hommes d’affaires et les étudiants font parfois des trajets aller simple de deux à trois heures chaque jour juste pour aller travailler ou étudier. L’avantage du train, c’est qu’on n’a pas besoin de conduire, donc il n’y a pas d’accident si jamais on s’assoupit. Et c’est à peu près ce que tout le monde fait, surtout le matin.

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La seule chose, c’est qu’il faut bien faire attention à ne pas rater son arrêt… ce qui, heureusement, ne m’est pas encore arrivé.

Faire la navette, même seulement pendant trois jours, était épuisant. Mais c’était aussi une autre expérience à vivre au Japon. Le seul avantage de prendre le train si tôt, c’est qu’on est pratiquement sûr à cent pour cent de trouver une place assise, car il y a très peu de monde à cette heure-là. :)

Prendre un bain au Japon

C’est quelque chose que j’aurais dû mentionner depuis longtemps, mais comme il n’y avait que des douches dans la résidence, j’ai oublié d’en parler.

Les bains japonais… sont un peu différents des bains occidentaux.

Prendre un bain au Japon

Comme vous pouvez le voir sur la photo, il y a deux éléments : une baignoire et un espace pour se laver.

 

Au Canada, les douches sont probablement plus courantes que les bains, mais quand les gens prennent un bain, ils se lavent généralement dedans tout en se relaxant dans l’eau chaude.

 

Cependant, au Japon, on se lave avant d’entrer dans le bain (dans l’espace prévu pour se laver). Ce n’est qu’ensuite qu’on peut entrer dans la baignoire, qui est, soit dit en passant, extrêmement chaude! Il m’est même arrivé de ne pas réussir à entrer dans le bain tellement l’eau était brûlante. Mais une fois dedans (la baignoire est beaucoup plus profonde que les baignoires occidentales, donc on peut s’asseoir et être immergé jusqu’au cou), on a l’impression d’être enfermé dans une bulle de chaleur. Le couvercle qu’on voit sur le bain sert à conserver la chaleur.

 

Dernier entraînement de judo à Tokai

 

Hier, c’était mon dernier entraînement de judo à Tokai. Aujourd’hui, j’ai eu ma cérémonie de remise des diplômes du Bekka Japanese Language Program et demain je pars pour Hokkaidō. J’ai donc décidé que le 19 serait mon dernier entraînement avant de rentrer au Canada.

 

Au début de l’entraînement, on m’a demandé de me mettre devant tout le monde pendant qu’on me remettait un judogi, une serviette de Tokai, un magnifique album (avec des messages écrits par toutes les filles) et un ours en peluche pour la collation des grades. J’ai été très touchée qu’elles aient pris autant de peine pour moi. Les filles m’ont toutes dit qu’elles ne m’oublieraient jamais. Beaucoup d’étrangers viennent s’entraîner à Tokai, mais en général, ils restent quelques jours, une semaine ou parfois un mois. Moi, je me suis entraînée avec elles pendant un an. Et j’ai aussi appris le japonais, ce qui m’a permis de communiquer de mieux en mieux avec elles au fil des mois. La communication a probablement été le facteur le plus important. Si l’on ne peut pas communiquer, c’est difficile de se rapprocher des autres. J’allais aussi encourager les filles lors des compétitions et je participais aux stages, ce que la plupart des étrangers ne font pas. Cela m’a aussi distinguée des autres étrangers.

 

Je suis vraiment heureuse d’avoir rejoint le club de judo de Tokai. Toutes les filles sont formidables et m’ont beaucoup aidée au cours de l’année, m’encourageant et m’apprenant des petites choses ici et là. Mais il y a aussi eu des moments difficiles. À mon arrivée, je ne comprenais pas grand-chose et les filles ne me connaissaient pas encore, donc elles ne me parlaient pas vraiment. Je me faisais beaucoup projeter pendant les premières semaines… et les professeurs ne semblaient pas vraiment prêter attention à moi ni avoir l’intention de m’apprendre quoi que ce soit. Même différencier les filles les unes des autres était difficile. Mais, au fil des mois, les filles ont commencé à discuter avec moi et les entraîneurs ont commencé à m’enseigner, en corrigeant quelques erreurs dans mes techniques. Avec du recul, je pense que les premières semaines étaient un peu comme un test pour voir si j’étais assez solide, si je pouvais tenir le coup. Je suppose que j’ai réussi le test. ;)

 

Un grand tournant a eu lieu lorsque Shirase Sensei m’a demandé de m’asseoir avec les filles de Tokai (quand on salue au début et à la fin des entraînements), au lieu de m’asseoir à l’endroit réservé aux étrangers et aux athlètes d’autres universités. C’est à ce moment-là qu’ils ont reconnu que j’étais différente des autres étrangers et que mon statut est passé d’« étrangère » à « membre à part entière ».

 

Grâce au club de judo, j’ai pu vivre de nombreuses expériences que je n’aurais jamais eues autrement. Par exemple, de nombreux athlètes venus d’autres pays sont venus s’entraîner à Tokai. J’ai eu la chance de m’entraîner non seulement avec les filles de Tokai, mais aussi avec des athlètes du monde entier, dont certains ont ensuite participé aux Jeux olympiques de Londres. J’ai pu assister à de nombreuses compétitions de judo au Japon, notamment au Grand Slam de Tokyo. J’ai également pu visiter beaucoup de régions du Japon, comme Tsumagoi (préfecture de Gunma), Miyazaki (sur l’île de Kyūshū) et Amagasaki (entre Osaka et Kōbe).

 

Le judogi qu’on m’a offert porte le kanji « Tokai » à côté du col et mon prénom « Sayuri » en bas. Normalement, seuls les membres de Tokai portent un judogi avec le kanji « Tokai », donc je suis honorée d’en avoir reçu un. Il est un peu grand, je vais devoir le rétrécir à la sécheuse.

Dernier entraînement de judo à Tokai

Ensuite, après avoir reçu le judogi et tous ces cadeaux, j’ai aussi offert un petit quelque chose au club de judo.

C’est un album que j’ai créé, rempli de photos prises pendant mon année au Japon. Sur les couvertures, j’ai dessiné toutes les filles, les professeurs et les entraîneurs, en style « chibi ». J’ai vraiment pris plaisir à le faire, mais ça m’a pris beaucoup de temps pour dessiner les 40 visages. Une fois terminé, j’avais presque envie de le rapporter chez moi tellement j’y avais mis du temps. 😀

 

J’ai aussi pris beaucoup de photos ce jour-là, je vais en afficher quelques-unes ici. Profitez-en!

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Photo de groupe, tout le monde est là!

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De gauche à droite : Mikiko, moi, Narumi

De gauche à droite : Tomomi (Motoyoshi), moi, Tomomi (Ayabe), Miki, Miyu, Kimiko

Yutaka et moi

Avec l’entraîneuse Izumi

Avec Ami

Avec Kiyomi

Trop de monde...

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20 septembre 2012

Remise des diplômes!

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Aujourd'hui, j'ai obtenu mon diplôme du programme de langue japonaise Bekka! Hip hip hourra!

 

Nous avons simplement eu une cérémonie informelle suivie d’une réception avec les enseignants.

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De gauche à droite : Jee (Thaïlande), An (Vietnam) et moi

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Avec Nishiyama sensei, mon enseignante préférée

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Avec ma colocataire Anzu

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Mon diplôme de fin d'études

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Japonais à gauche, anglais à droite

Demain, je m’envole pour Hokkaido, donc la prochaine fois que je publierai, ce sera depuis Hokkaido! Matane!


25 septembre 2012

Sapporo

Salutations d'Hokkaido! 😄

J'ai pris l'avion vendredi et retrouvé mon amie Kim à Sapporo, sur l'île d'Hokkaido.

 

À Tokyo, la chaleur estivale persiste encore, mais ici, la température descend déjà entre 10 et 15 degrés et il fait assez frais le soir. C'est agréable de ne pas avoir constamment chaud et de transpirer. Et cela me rappelle un peu la maison, car il fait à peu près la même température à Winnipeg.

Samedi, nous avons visité Sapporo et pratiquement tous les lieux et monuments célèbres de la ville.

La tour de l'horloge : symbole de la ville
(d’architecture américaine et l’un des rares bâtiments de style occidental à Sapporo)

La tour de télévision de Sapporo

Une fontaine dans le parc Odori

Vue depuis la plateforme d’observation de la tour de télévision : on voit mieux la taille du parc Odori,
qui s’étend sur 13 pâtés de maisons au centre-ville.

Kim, rôtissant habilement notre agneau.
(Pour dîner, nous avons mangé du
jingisukan,
un barbecue mongol à base d’agneau et de légumes.)

Impossible de visiter Sapporo sans passer par
le musée de la bière Sapporo!

Nous y avons vu une très, très vieille bière.

Le soir, nous sommes allés à Susukino, le quartier branché de Sapporo, pour manger de la cuisine mexicaine, puis nous avons pris le tramway.

Embarquement du tramway à Susukino

Nous voulions prendre le téléphérique jusqu'au mont Misen, mais à cause de l’orage, il était fermé. Nous avons donc fait un tour de grande roue avec vue sur la ville avant de rentrer.

Avec Kim

Photo au musée de la bière

Otaru

Dimanche, nous avons pris le train de Sapporo jusqu’à Otaru, une destination touristique réputée.
 

Son site le plus célèbre est le canal d’Otaru, qu’on retrouve sur de nombreuses cartes postales vendues en ville.

Otaru est aussi connue pour ses arts et métiers, notamment le travail du verre. La ville regorge de boutiques proposant de superbes bols, tasses, etc.

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Une artisane soufflant du verre.

Côté patrimoine, il y a l’ancienne ligne Temiya, construite à l’origine comme partie du chemin de fer Horonai, le premier de Hokkaido.

Toute l’île est réputée pour ses produits de la mer frais, et Otaru compte de nombreux marchés de fruits de mer. 

Pétoncles grillés : c'étaient les pétoncles les plus délicieux que j'aie jamais goûtés de ma vie! 😄

Après avoir visité Otaru, nous avons pris le train jusqu’à Mori, où vit Kim, et où nous avons séjourné la semaine suivante. Le soir, nous avons dégusté un ramen au miso, une spécialité locale. 

Ramen au miso

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27 septembre 2012

Hakodate

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Mardi, après les cours (Kim enseigne l’anglais dans différentes écoles du district d’Oshima), nous avons pris le train pour Hakodate.

Nous n’avions pas beaucoup de temps à passer à Hakodate, mais nous avons vu les deux endroits les plus visités de la ville : le fort Goryokaku et le mont Hakodate.

Fort Goryokaku : plutôt que d’essayer de l’expliquer avec mes propres mots, je vais simplement mettre une photo qui explique tout :
 

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Traduction :

LE SITE HISTORIQUE SPÉCIAL « FORT GORYOKAKU »
(PARC GORYOKAKU)

Ce fort a été construit par le commissaire de Hakodate pour servir de nouveau siège administratif qui gouvernait Ezo (Hokkaidō). Le « Goryokaku », nommé d’après sa forme étoilée pentagonale, est un fort de style occidental conçu par Takeda Ayasaburō, un érudit japonais spécialisé dans les études hollandaises. La construction a commencé en 1857 et s’est achevée en 1864. Il a été désigné site historique spécial national en mars 1962.

La salle gouvernementale de la République d’Ezo (située à l’intérieur du fort).

Pour voir la forme en étoile, il faut monter en haut de la tour de Goryokaku.

La tour de Goryokaku

Voyez-vous la forme en étoile?

Les montagnes que vous voyez au loin sont la côte d’Aomori, la préfecture la plus au nord de Honshu.

Après cela, nous sommes allées manger de la soupe au curry! C’était délicieux! Si vous aimez le curry, il y a de fortes chances que vous aimiez aussi la soupe au curry.

Le ventre plein, nous avons grimpé la colline jusqu’à la station de départ du téléphérique et pris le téléphérique jusqu’au sommet du mont Hakodate. Nous avons alors admiré la superbe vue nocturne sur la ville en contrebas. Des orages étaient visibles au loin, ce qui rendait le spectacle encore plus dramatique.

J’ai même réussi à capturer un éclair (près du coin droit).

Parc Onuma – Mercredi

Mercredi, je n’avais pas besoin d’aller à l’école avec Kim, alors je suis allé visiter le parc Onuma, qui couvre 90,83 kilomètres carrés. Je n’ai pas vraiment suivi un parcours précis, prenant plutôt un sentier par-ci par-là. Mais j’ai réussi à faire de jolies photos. :)

4 octobre 2012

Réunion des Shiokawa à Tokyo

 

Du 2 au 4 octobre, j’ai dormi chez ma grand-tante à Tokyo. Ma grand-mère est aussi venue de Tochigi et a séjourné chez ma grand-tante, ce qui nous a permis de passer quelques jours ensemble avant mon retour au Canada.

 

Mardi, nous sommes allées voir la Tokyo Skytree qui, avec ses 634 mètres, est la plus haute tour du monde. Nous ne sommes pas montés jusqu’en haut, car il fallait payer un supplément et nous avons estimé que la vue au sommet ne serait pas très différente de celle du premier observatoire, le Tembo Deck (350 m).

Ma grand-mère (à gauche) et ma grand-tante

Mercredi, nous sommes allées voir la gare de Tokyo nouvellement restaurée. Une grande partie de la gare a été détruite par les bombardements incendiaires du 25 mai et du 25 juin 1945. Ils ont maintenant reconstruit les dômes du toit, redonnant à la gare son aspect d’avant-guerre.

Pour le dîner, nous avons mangé un repas délicieux chez Sembikiya, le plus ancien magasin de fruits du Japon. Sembikiya sélectionne puis vend des fruits délicieux… à des prix ridicules! Mais si vous payez tant d’argent, vous avez la garantie que les fruits seront délicieux.

Pour vous donner une idée, si l’on convertit en dollars canadiens : 263,72 $!!! (pour tout le panier de fruits).

Heureusement, notre repas n’était pas aussi cher que le panier de fruits. ;) Nous avons payé environ 20 $ pour notre repas qui consistait en : des sandwichs BLT à l’avocat, des fruits et une coupe glacée aux fruits (et les fruits étaient déééélicieux!).

Notre repas

Après avoir bien rempli nos estomacs, nous sommes allées voir Nijubashi, qui se compose de deux ponts formant une entrée vers les jardins intérieurs du Palais impérial.

Et avant de rentrer à la maison, nous avons jeté un coup d’œil à l’intérieur de l’Hôtel Impérial. Je ne veux même pas savoir combien ça coûte d’y passer une nuit.

Vue extérieure

Jeudi, ma grand-tante m’a préparé ce déjeuner : D

Après le déjeuner, nous sommes allées faire une courte promenade.

Et puis, hélas, il était temps de leur dire au revoir. Quand je reviendrai, je continuerai à échanger sur Skype avec ma grand-mère et à écrire des lettres à ma grand-tante, mais ce n’est pas la même chose qu’être au Japon et de pouvoir passer du temps avec elles. Cependant, je suis reconnaissante de l’année que j’ai passée avec elles. Et mes proches sont tellement heureux que j’apprenne le japonais. Quand je suis venue au Japon avec mon père il y a trois ans, je ne parlais pas beaucoup japonais et la communication était donc limitée. Mais après une année au Japon, mon japonais s’est beaucoup amélioré et nous pouvons désormais avoir de longues conversations. Ma grand-mère m’a même écrit dans une lettre : « Plus que toute autre chose, ce qui me rend le plus heureuse, c’est que tu aies étudié le japonais. » (Je sais que la phrase est un peu étrange, mais il est souvent très difficile de traduire du japonais à l’anglais.) Je suis d’accord avec ma grand-mère. Plus que toutes les expériences que j’ai vécues au Japon, le fait de pouvoir parler avec mes proches a été le plus gratifiant.


Jeudi 4 octobre 2012

Retour au Canada

Bonjour! Le jour est enfin arrivé!!! Je rentre à la maison!

Cela a été une année mouvementée. Je me suis fait tellement d’amis, j’ai vu tant d’endroits et fait tant de choses au cours de cette année. Je suis vraiment contente d’avoir tout écrit sur mon blogue, car, quand je regarde en arrière et que je relis d’anciens textes, je me rends compte que j’ai déjà commencé à oublier certaines choses.

Je ne pense pas que quoi que ce soit aurait pu être mieux. Bien sûr, j’aurais pu me passer d’avoir une dent morte et de m’être déchiré le ligament croisé médial, mais avec le recul, ces événements ont entraîné d’autres expériences, comme visiter un dentiste et un médecin au Japon.

Je n’ai pas encore fini avec ce blogue. Techniquement, son nom est « What happens in Japan… » et, une fois de retour au Canada, cela ne s’applique plus. Mais après avoir atterri saine et sauve et m’être remise du décalage horaire, j’ai l’intention d’écrire sur ma réadaptation à la nourriture canadienne, au climat canadien (apparemment, il a neigé pour la première fois hier), à la culture canadienne, etc. Je pense qu’il sera assez intéressant de revenir et de vivre ce qu’ils appellent le « choc culturel inversé ».

Je vais devoir vous laisser pour finir de faire mes bagages, donc ce sera tout pour aujourd’hui. La prochaine fois que j’écrirai, je serai confortablement assis à la maison, peut-être en train de siroter un chocolat chaud et de contempler par la fenêtre les flocons de neige qui tombent.

Je quitte le Japon, mais comme je sais que j’y retournerai (et encore), je ne dirai pas « Adieu », mais plutôt « À plus tard! ».

Canada, j’arrive!
 

9 octobre 2012

Mon dernier jour au Japon

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6 h 30 – Je commence à faire mes bagages dès mon réveil.

6 h 45 – Je me rends compte que toutes mes choses ne rentreront pas dans mes valises, même si j’ai déjà envoyé plusieurs boîtes au Canada.
 

6 h 50 – Dans un échange Skype avec ma mère, elle me confirme que la meilleure option est d’envoyer une autre boîte par la poste.

7 h 00 – Je commence à préparer la boîte tout en continuant à faire mes valises (en les pesant toutes les cinq minutes pour éviter le surpoids).

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8 h 00 – Déjeuner.

9 h 00 – La boîte et les valises sont prêtes.

10 h 00 – Je me rends au bureau de poste pour expédier la boîte.
 

Remplissage des formulaires nécessaires (adresse, contenu, valeur estimée).

11 h 00 – Reiko a préparé un magnifique repas pour dîner.

Reiko avait même fait un œuf en forme de cœur!

12 h 00 – Shigenori (l’ami de mon père) et moi partons pour l’aéroport en autobus.

J’ai dit au revoir à Reiko, qui ne pouvait pas venir à l’aéroport.

14 h 30 – Arrivée à l’aéroport.

14 h 30 – 15 h 00 – Attente en ligne au comptoir d’Air Canada.

15 h 00 – Déposé mes bagages et obtenu ma carte d’embarquement.

15 h 30 – J’ai rencontré ma colocataire Anzu, venue spécialement à l’aéroport pour me dire au revoir.

16 h 00 – Nous avons dégusté de délicieuses coupes glacées.
 

16 h 00 – 17 h 00 – Nous avons jasé et ri. 😊

17 h 00 – J’ai franchi la barrière de sécurité et marché jusqu’à la porte d’embarquement.

17 h 30 – J’ai embarqué à bord de l’avion.

18 h 20 – Nous avons décollé.
 

Photo prise au moment de la descente vers Vancouver.

De retour à la maison

Je suis de retour depuis environ cinq jours, et c’est merveilleux 😊. Je me sens encore fatiguée, je souffre donc sans doute un peu du décalage horaire. On dit qu’il faut environ un jour pour récupérer par fuseau horaire traversé; il y en a 14 entre le Canada et le Japon, donc environ deux semaines! Je suis aussi probablement fatiguée du manque de sommeil accumulé au Japon. Mais je tiens bon. Même quand je me sens somnoler, j’évite de dormir en dehors des heures normales pour ne pas dérégler mon rythme et ralentir l’adaptation.

Revenir à la maison a été facile, même après un an d’absence. Rien n’a vraiment changé. J’ai repris mes habitudes : aller à la piscine avec ma mère, l’aider à faire l’épicerie, etc. Je ne commence les cours qu’en janvier, donc j’ai du temps pour souffler un peu.

J’ai vécu bien plus longtemps au Canada qu’au Japon, mais il semble que j’aie quand même oublié certaines choses pendant mon séjour là-bas. Par exemple, lorsque j’ai échangé mes yens contre des dollars canadiens à l’aéroport de Vancouver, on m’a remis plein de billets de 20 $. Je les ai regardés, perplexe : j’avais complètement oublié que nous avions des billets de 20 $! Et plus tard, en payant un magazine et une collation, j’ai mis un temps fou à trouver le bon montant. L’argent me semblait étranger, tout comme les yens me l’avaient paru en arrivant au Japon. J’ai dû me concentrer pour arriver à remettre les 8,48 $ exacts à la caissière, qui me regardait, un peu intriguée par ma lenteur.

Le climat a aussi été un choc. Je suis partie du Japon, où il faisait encore 30 °C, pour arriver au Manitoba, où le sol était couvert de neige et la température d’environ 2 °C. Il est même tombé de la grêle aujourd’hui! À la maison, je porte des vêtements chauds et garde une couverture sur mes épaules, mon corps n’étant pas encore habitué au froid.
 

Première neige de l’année.

Aujourd’hui, après la piscine, ma mère et moi sommes allées faire l’épicerie. Le paradis!!! J’ai rempli le panier de tout ce que je rêvais de manger quand j’étais au Japon : tzatziki, feta, lait en bouteille, barres Mars, gouda, mini-carottes et trempette, pain de seigle, mes céréales préférées, yogourt glacé, et plus encore. Mais j’ai essayé de ne pas trop exagérer 😉.

 

Voilà pour l’instant. Au cours des trois prochains mois, même si je n’ai pas de cours, je serai occupée à :

– étudier pour le JLPT (Japanese Language Proficiency Test) en décembre,

– me préparer à la reprise de mes cours universitaires,

– finir de déballer et de ranger mes affaires,

– et profiter de ma famille chaque jour.

Notre chat, essayant de m’aider à déballer...

C’est tout pour le moment. J’aimerais écrire sur les différences de comportement, d’attitude et de mentalité entre les Japonais et les Canadiens, mais comme je n’ai pas encore beaucoup côtoyé de Canadiens depuis mon retour, j’attendrai un peu avant de m’y mettre. À bientôt!

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19 octobre 2012

La fin

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Malheureusement, ceci sera mon dernier article de cette chronique. J’ai eu beaucoup de plaisir à écrire pendant mon séjour au Japon, mais maintenant que je suis de retour au Canada, je n’ai plus grand-chose à raconter. En plus, je suis assez occupée : étudier le japonais, acheter un téléphone cellulaire, m’inscrire à des cours et ranger mes affaires.
 

J’avais dit que je voulais parler des différences entre les Canadiens et les Japonais, alors en voici quelques-unes :

Le franc-parler : En général, les Canadiens sont plus directs que les Japonais. Surtout lorsqu’il s’agit d’un sujet délicat, les Japonais prennent beaucoup de temps avant d’aborder la question. Et plutôt que de dire « non » ou de contredire quelqu’un (ce qui est jugé impoli), ils utilisent des expressions comme « Ah bon? » ou « Je vois », tout en acquiesçant même s’ils ne sont pas d’accord. À l’inverse, certains Canadiens que je connais n’hésiteront pas à te dire franchement que tu as tort et à argumenter si ton opinion diffère de la leur.

Les réactions envers les étrangers : Le Japon est une société très homogène. Lorsque je suis arrivée, j’avais du mal à distinguer les gens : presque tous avaient 1) les cheveux noirs et raides; 2) les yeux foncés et légèrement en amande; et 3) une carrure plutôt petite. Un étranger de 1 m 83, blond aux yeux bleus, ne peut aller nulle part sans attirer les regards : on le fixe comme s’il venait d’une autre planète! Au Canada, que l’on décrit comme une « mosaïque verticale » (c’est-à-dire un assemblage de groupes ethniques, linguistiques et religieux différents), les « étrangers » font partie de la norme, pas de l’exception.

Les manières : Les Japonais ne tiennent pas la porte pour la personne qui les suit, contrairement à beaucoup de Canadiens. Ici, c’est une marque de politesse, mais au Japon, il y a tellement de monde que cela ralentirait les gens plutôt que les aider.

Bref, il existe quelques différences, mais au fond, peu importe où l’on se trouve sur la planète : les gens sont semblables. Ils rient, sourient, pleurent, sont curieux, t’indiquent le chemin quand tu es perdu, arrivent en retard aux réunions, ou s’endorment debout quand ils sont trop fatigués. Et parfois, c’est justement en remarquant ces similitudes (plutôt que les différences) que voyager devient si agréable. 😀

Alors au revoir tout le monde! Merci d’avoir lu et envoyé vos commentaires. Merci de m’avoir relancée quand je tardais à publier. 😛

Et n’oubliez pas : vous pouvez toujours relire les anciens articles quand vous voulez, cette chronique du Nénuphar restera en ligne. Sayonara!
 

14 août 2015

Deux nouvelles chansons!

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J'ai réussi à produire deux chansons au cours de ce semestre. Si vous voulez les écouter, les voici!

 

Cliquez sur les illustrations pour écouter sur SoundCloud.

J'espère que vous apprécierez!


3 au 16 août 2015

Préparatifs en vue d’un camp d'entraînement

En préparation du prochain camp d'entraînement estival, j'ai fait plusieurs choses. J'ai évidemment préparé mes valises en m'assurant d'avoir assez de shampooing et de dentifrice, entre autres. Je me suis aussi assuré d’avoir suffisamment de médicaments pour ma gorge. Comme c'était la première fois que j'allais à un camp d'entraînement avec l'équipe, je ne savais pas trop à quoi m'attendre, et l’inquiétude de mon père déteignait sur moi. J'ai donc contacté de nombreux camarades du club et les responsables pour m'assurer que j'avais les bons renseignements. Il a fallu beaucoup d’échanges de messages puisque personne ne semblait savoir quoi que ce soit...

Camp d'entraînement

J'ai pris cette photo sur le chemin de la gare.

Il faut dire que l'une des plus grandes parties de ma préparation pour ce camp a commencé il y a deux semaines. Afin de donner le meilleur de moi-même lors de ce camp et de ne pas me blesser, je devais m'assurer d'être dans la meilleure condition de santé possible. Je dois dire que, étant en été, ce n'était pas toujours facile de me motiver pour aller me tuer à faire des chin-ups et autres exercices. Mais j'ai réussi à faire suffisamment d'exercice pour me sentir en confiance.

Yoooouuuussshhhh! Camp d'entraînement, j’arrive!
 

Kotaro après son dur entraînement avec les textos. Ha ha!

Le sous-sol du club

Muscles

Kotaro après son deuxième entraînement avec les textos.

17  août 2015

Camp d'entraînement Fujimi Kogen - Jour 1

Fujimi jour 1

Prêt à partir.

Je me suis réveillé à temps, j'ai déjeuné, fini de faire mes valises, puis pris un taxi en bas de la colline jusqu'au lieu de la rencontre. Après être allé aux toilettes du supermarché voisin, je suis monté dans l’autobus et j'ai attendu le départ. J'étais assis dans le tout premier siège, où je me suis senti isolé au début, mais après un certain temps, j’ai réalisé que ça me permettait de dormir, d'avoir une meilleure vue et de ne pas être obligé de parler. L’autobus est parti à 8 h 30 de Tokai, et nous étions en route. J'ai décidé d'essayer de dormir pour le premier bout, car rien d'intéressant ne se présenterait. Après environ une heure, nous avons fait un arrêt toilette-nourriture. Il ne s'est pas passé grand-chose, mais voici quelques-uns des paysages que j'ai vus.

En attendant les autobus dans le stationnement du supermarché du coin.

Montagnes

Oui, nous nous dirigeons vers les montagnes.

Nous sommes arrivés au lieu du camp et nous nous sommes précipités dans notre chambre. Je crois que les entraîneurs m’ont intentionnellement placé dans la même chambre que certains de mes amis les plus proches, ce dont j'étais reconnaissant.

Presque qu’arrivés...

Voici notre chambre.

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Très... campement.

Après nous être reposés pendant 45 minutes, nous sommes allés manger. C'était intéressant. Tout le monde se faisait servir par les étudiants de 1re année (j'avais été classé avec les étudiants de 2e à Tokai), et nous avons tous attendu que les entraîneurs viennent s’asseoir avant de commencer. Voici ce que nous avons mangé. En fait, j'ai trop mangé, ce qui m'a donné mal à l'estomac avant la séance d’entraînement ha ha.

 

Itadakimasu! est ce que l’on dit avant de manger au Japon.

Notre première séance d’entraînement était presque exactement la même que celles de Tokai. Mais cette fois, nous avons travaillé sur d'autres exercices et techniques de préhension différents.

Ensuite, j'ai mis de la glace sur mon épaule et fait des étirements. Puis, directement au dîner suivi d’une douche et d’un bain! Oui, nous avons un BAIN! Ensuite, j'ai commencé à me préparer à dormir pendant que les gars regardaient un drame sur l’écran. Ils étaient tellement absorbés, c'était drôle de les voir aller. Je suis tombé comme une masse dans mon lit, pensant que je devrais essayer de me reposer davantage durant ma première journée ici.
 

Souper

Littéralement COLLÉS au téléviseur...

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18 août 2015

Camp d'entraînement Fujimi Kogen - Jour 2

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Debout à 6 h. Toilette. Vêtements de course. Réunion à 6 h 45. Nous avons couru deux fois jusqu’au haut de la colline d'à côté, qui a une longue pente progressive. Ensuite, nous avons fait quelques sprints. J’ai pris une douche et le petit déjeuner. Puis, nous avons eu notre première vraie pause.

 

Cliquez sur les illustrations pour écouter sur SoundCloud.

Pendant la pause, j'ai pris le temps d'écrire mes réflexions.

Comme nous avions un peu de temps et que je savais qu'à la fin de la semaine, je ne voudrais pas le faire, je suis sorti pour faire une promenade, et j'ai pris quelques photos des environs (Fujimi Heights, Nagano, Japon).

De retour dans la nature, j'existe.

Le dîner d'aujourd'hui.

À l'entraînement suivant, j'ai fait quelque chose pour la première fois. Nous sommes sortis pour nous tenir en face de la salle de gym avec seulement la partie du haut de notre gi. Nous avons fait environ 30 minutes d'exercices de préhension à l'extérieur, au soleil, en chaussures, shorts et hauts de gis. Je pensais que ça finirait là puisque nous avions un troisième entraînement, mais non. Nous avons ramassé nos effets personnels et nous nous sommes dirigés vers la salle de gym ouverte où les entraîneurs avaient préparé une série d'exercices. Ils avaient placé divers outils d'exercices de poids dans deux grands cercles, l'un pour les poids lourds, et l'autre pour nous, les poids légers. Nous avions chacun un partenaire et j'ai été jumelé avec Fubuki. Ce qui s'est passé ensuite, c'est ce que j'avais vu beaucoup d'entre eux faire juste avant un tournoi. Nous faisions chaque exercice pendant 30 secondes, puis passions au suivant. Fubuki y est allé en premier, et je l'ai encouragé tout au long du premier tour. Puis ce fut mon tour. C'était difficile, oui, mais j'étais vraiment content de faire partie de ce groupe. Je m'étais toujours demandé ce que ça pouvait être.

Je suis reconnaissant envers Fubuki de m'avoir encouragé tout le temps, cela m'a permis de me surpasser. Parfois, Masaya, du groupe juste devant nous, m'encourageait aussi en criant « Mamoru! Hayaku! » qui signifie « Dépêche-toi Mamoru » (mon nom japonais). Nous avons fait deux tours chacun, puis nous avons fini avec l’inclinaison.
 

Vue du dortoir.

Il faisait beau et je me sentais prêt pour ce camp.

Après m’être changé, je suis allé directement à la cafétéria. Cette fois, j'ai dû m'asseoir avec de nombreux étudiants de 4ᵉ année. Je ne parlais pas vraiment beaucoup, et à cause de ça, ils me regardaient durement. Puis l'un d'eux m'a appelé Michael et m'a dit qu'il ne connaissait pas mon nom. Je me suis rendu compte qu'en raison de la barrière de la langue, j'étais une proie facile pour eux.

Cela va être une semaine difficile. Physiquement, mais aussi mentalement. On peut même dire émotionnellement…

Entraînement suivant. Difficile. J’avais la peau du dos, du cou et des bras complètement à vif. Nous avons fait beaucoup de préhension. 
 

Je ne sais pas si vous pouvez voir à quel point mes bras sont rouges par rapport au fond blanc.

Ça faisait mal.

Après le souper, j'ai fait quelque chose que je n'aurais jamais pensé faire lors d'un camp d'entraînement. J’ai participé à une séance d'entraînement supplémentaire. C'est Fubuki qui m'a invité. Il a dit qu'il allait faire des exercices et m'a demandé si je voulais l’accompagner. Au début, je pensais que c'était fou. Je pensais au lendemain, et comment j’allais être épuisé, mais je me suis dit, hé, s'il peut le faire, moi aussi. Et donc je suis allé à la salle de gym du camp, et j'ai travaillé mes abdominaux, mon dos et mes muscles pectoraux. Incroyable! Comme mon père me l'a souvent dit avant que je vienne ici, ce n'est pas le niveau de dévouement que je risque de retrouver à mon retour au Canada.

Je m'entraîne!

Muscles x 8. Fubuki est le 3ᵉ à partir de la droite.

19 août 2015

Camp d'entraînement Fujimi Kogen - Jour 3

Réveil matinal. Je me suis préparé, puis me suis rendu à la salle de gym, avec ma tenue de course. Après nous être inclinés, nous sommes divisés en poids légers, moyens et lourds. Notre groupe a dévalé la pente et suivi un chemin à l’intérieur d’une petite forêt. Notre entraîneur nous avait dit que nous ferions cinq tours, mais nous avons fini par prendre un chemin plus long, un parcours de 1,7 km. On nous a donc dit d'arrêter après trois tours. Ce matin s'est avéré être un bon pour moi. J'étais troisième au sortir de cette longue course. Ensuite, nous avons dû sprinter une fois autour d'un petit chemin, et de tous les athlètes de ma catégorie, j'ai fini par être le premier à finir ce sprint. Tout le monde était fatigué, mais, bien que je l’étais aussi, je me sentais assez bien. C'était notre dernier entraînement de course à pied. À partir de maintenant, je crois que nous allons marcher le matin, du moins c'est ce qui est inscrit à l'horaire.

Je suis resté très longtemps à m’étirer les jambes, puis de retour, j’ai pris une douche avant de courir vers la cafétéria pour le repas.

Les montagnes étaient magnifiques ce matin-là.

Le deuxième entraînement était similaire à celui d'hier! Nous avons commencé avec nos hauts de gi, fait quelques exercices de préhension devant la salle de gym. Ensuite, nous avons salué un homme qui est venu nous voir et qui a donné de l'argent à l'équipe. Par la suite, nous nous sommes dirigés vers le dojo et avons effectué des exercices similaires à ceux d’hier : exercices chronométrés avec un partenaire. Encore une fois, j'étais avec Fubuki, et nous avons tenu jusqu'au bout. 

Ensuite, c’était le temps de dîner. J'ai gagné au jeu janken (roche-papier-ciseaux) à nouveau! Hourra! Deux pour moi!

Fujimi - 3

Curry pour dîner. Sans vouloir offenser personne, mais le mien est un peu plus savoureux.

Regardez ce que j'ai trouvé au moment de me raser.

Énorme bibitte… l’air décontractée.

La vue du dortoir aujourd'hui.

L’entraînement de judo d'aujourd'hui était plus tôt, puisque nous avions un barbecue prévu en soirée. Ça a bien commencé, mais à un moment donné, je ne pouvais tout simplement pas bouger. J'ai atteint ma limite. Bien sûr, c'était difficile, mais ce n'est pas pour cette raison. Mon gi était très durci et chaque fois que je bougeais ou que mon adversaire tirait ma manche ou même juste à rester debout, les brûlures sur ma peau là où le gi frottait, m’empêchaient d’utiliser toute ma force. J'ai donc fait une pause pendant l’entraînement, incapable de bouger. Je devrais probablement acheter une chemise à manches longues ou quelque chose comme ça...

 

Ensuite j’ai fait une saucette dans le bain, et en route pour le barbecue. Je me suis retrouvé coincé avec tous les étudiants de 1ʳᵉ année. Ha ha, ils nous ont servi du riz, et nous avons commencé à cuisiner. J'ai pris l'initiative et j'ai placé la viande sur le gril. Nous avons continué à manger et nous avons continué à ajouter de la viande sur le gril. Mais en plus de toute la viande que nous avions, nous avons aussi reçu de la viande de nos sempai (seniors), de sorte qu’il a été impossible de finir la nôtre. À un moment donné pendant le repas, ils ont commencé une étrange compétition d'imitation où ils ont imité, à tour de rôle, des choses drôles ou des gens qu'ils connaissaient. Je n'ai pas tout compris, mais c'était amusant d’observer ce rituel.

Viande, viande, viande.

Et bien sûr, les légumes...

FEU!

Après avoir rempli mon estomac avec plus de viande que ce que j'ai pu manger la semaine dernière, j'ai discuté avec des amis et je suis retourné dans ma chambre.

Après m'être brossé les dents, j'ai regardé quelques gars jouer à un jeu de loup-garou que les Japonais semblent tous aimer.

Les gars, tous en train de texter en attendant leur tour.

Un jour de plus.

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20 août 2015

Camp d'entraînement Fujimi Kogen - Jour 4

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Ce matin, pas d'entraînement matinal, mais nous devions quand même nous lever tôt. Nous nous sommes rassemblés devant la salle de gym et avons fait des étirements pendant quelques minutes, puis sommes allés manger. Je n'ai aucune idée de la raison pour laquelle nous avons fait cela, mais j'ai gardé mes questions pour moi. Quelque chose que l’on

apprend à faire ici au Japon.

Ensuite, après une sieste, nous avons repris l’entraînement.

Cliquez sur les illustrations pour écouter sur SoundCloud.

Cette fois, Sato sensei est venu. Agemizu était parti la veille, mais voici maintenant Sato sensei ha ha! Il m'a demandé si j'allais bien. Il n'était venu que pour ce seul entraînement, mais cela montre à quel point il se soucie de l’équipe.

 

Match de baseball. L'école secondaire affiliée à Tokai, d'où viennent plus de la moitié des membres du club de judo, a remporté ce tournoi

Après cet entraînement, nous avons déjeuné et nous sommes tous tombés de fatigue. Je me suis réveillé après une heure de sommeil, et je suis allé voir si je pouvais laver mon gi. Voyez-vous, au Canada, nous n'avons jamais lavé notre gi pendant un camp d'entraînement. À moins que nous soyons dans un hôtel avec des machines à laver, mais c'était rare. Ici, les Japonais en général se préoccupent beaucoup de leur apparence, et donc chacun lave son gi. Je n'avais rien apporté pour cela, mais aujourd'hui, probablement parce qu'il pensait que je puais, Fubuki m'a prêté du détergent! Pendant que tout le monde dormait, je suis allé vérifier si l'une des machines était libre. Il se trouve qu’un des gars était en train de terminer. Je ne savais pas trop comment utiliser la machine, alors j'ai demandé comment il fallait faire à l'étudiant de première année qui retirait son gi de la machine. Il m'a gentiment aidé, et je lui en suis très reconnaissant. 

Aujourd'hui, nous étions censés avoir une période de lecture avant notre deuxième entraînement de judo, mais elle a apparemment été annulée. 

Je me suis ensuite préparé à l’entraînement, j’ai écouté de la musique, puis hop! sur les tapis. Cet entraînement s'est plutôt bien déroulé. Nous n’avons fait que du travail au sol, et j'ai gagné beaucoup de combats. Mais je dois dire que la plupart des gars étaient fatigués et n'ont pas fait de leur mieux. Mais ça m’a quand même fait plaisir.

Une fois l’entraînement terminé, je me suis précipité pour faire ma lessive et aller prendre ma douche. La salle de douche était pleine. Voyez-vous, au centre où nous nous entraînons, il y a aussi des gens qui s'entraînent dans d'autres sports, et il y a un grand groupe de gars ici pour l'athlétisme. Ils prennent beaucoup de place, et quand je suis entré dans la salle de douche, il n'y avait aucun moyen de bouger. Au total, nous étions peut-être 40 personnes dans cette petite pièce. J'appellerais cela une expérience très « japonaise ». Malheureusement, je n'ai pas pu prendre de photo.

Après avoir mangé deux crèmes glacées, j'ai regardé les gars jouer au jeu du loup-garou à nouveau, et ensuite je me suis rendu à mon lit où j'ai regardé quelques vidéos sur mon téléphone. J'étais encore le premier à aller me coucher. 

 

Souper

21 août 2015

Camp d'entraînement Fujimi Kogen - Jour 5

Réveil tôt, puis déjeuner.

Fujimi - 5

Déjeuner

Deux heures plus tard, entraînement. J’ai beaucoup combattu cette fois, et ce fut bientôt l'heure du dîner.

Après le dîner, nous avons eu beaucoup de temps pour dormir. J'ai dormi pendant deux heures. Ensuite, il était temps de s’entraîner. Nous avons à nouveau fait du travail au sol, puis un autre entraînement en circuit. Toujours avec Fubuki, je me suis entraîné aussi fort que j'ai pu. À la fin de celui-ci, j'étais fatigué, mais satisfait. Pourtant, après m'être incliné, j'ai remarqué que Fubuki invitait son ami à un entraînement de course à pied. J'ai demandé si je pouvais me joindre à eux, et ça a fini par être juste nous deux. Nous avons couru jusqu'à la colline comme nous l'avions fait le deuxième jour du camp. Deux fois. Cela m'a vraiment tué, juste après l'entraînement, et je ne peux pas croire que j'ai fait ça. Ensuite, nous avons fait cinq autres courses en haut de la colline, et nous sommes allés souper. Puis, une douche, et un peu de lecture avant d’aller dormir. 

 

Dîner

Souper

Temps de lecture. J'ai vraiment apprécié ce moment.

La machine à crèmes glacées du camp. Vous ne pouvez pas bien lire, mais plus de la moitié sont en rupture de stock.

22 août 2015

Camp d'entraînement Fujimi Kogen - Jour 6 (dernier jour)

Nous avons commencé la journée avec l'étirement bizarre du matin, un peu tôt, puis le déjeuner.

Fujimi - 6

Le dernier déjeuner

Après déjeuner, nous avons dû finir de faire nos bagages et de tout nettoyer notre chambre avant l’entraînement. Heureusement, j'avais empaqueté la plupart de mes affaires la veille. J'ai fini mes affaires, et tout emballé pour qu’il ne me reste que mon gi à ajouter à mes bagages avant de partir.

Les gars sont affairés à faire leurs valises.

Enfin, voici le dernier entraînement. À ce moment-là, tout le monde était fatigué, et l’on pouvait le sentir.

Après les 15 premières minutes, j'ai senti quelque chose de bizarre dans mon épaule, alors j'ai décidé de ne pas faire grand-chose pendant ce dernier entraînement. Je ne voulais pas me ramasser avec une blessure stupide de dernière minute. C'est ce que Fubuki a fini par faire. Il a étiré son troisième orteil droit dans les 30 dernières minutes de l'entraînement, et ne sera probablement pas en mesure de s'entraîner pendant deux à trois jours.

Après l’entraînement, nous avons pris des photos avec les étudiants de la même année. Je me tiens normalement avec les étudiants de 2e année, mais je parle surtout avec ceux de la 3e année, donc on m'a dit d'aller avec eux pour la photo!

Nous avons ensuite pris l'heure suivante pour ramasser les tapis et nettoyer la salle de gym.

Ça va beaucoup plus vite quand plus de 80 personnes travaillent ensemble.

Dîner, puis monté à bord des autobus.

Un arrêt sur le chemin du retour. J'aime vraiment les montagnes de Yatsugatake.

En montant la colline près de ma résidence dans la chaleur insupportable, en tirant ma valise, je me suis rappelé où j'étais la semaine dernière et tout le chemin parcouru depuis. Cette semaine m'a beaucoup appris. Beaucoup de choses sur les membres du club et leur façon de penser. J'ai pu participer au camp d'entraînement avec l'équipe de judo de l'Université Tokai cet été. Un autre objectif atteint.

La sueur, le sang et le feu, c'est ce que j'ai laissé là-bas. Mais ce que j’en ai retiré, aucun mot ne peut l’exprimer.

« Otsukare sama! » J'ai fini en un seul morceau!

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24 août 2015

Mᵐᵉ Hayashi!

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Quand ma sœur était ici, elle séjournait dans le dortoir international des filles, qui est assez comparable au mien pour ce qui est de l’espace, des toilettes, de la vie avec une colocataire et de gens de partout dans le monde. Évidemment, tout comme Kaikan a ses superviseurs au cas où quelque chose arriverait et pour effectuer de petites tâches, LKan a

également son arsenal de personnel. L'une d'entre elles s'appelle Hayashi (nom de famille), et elle était là quand ma sœur est restée au LKan.

 

Depuis que je suis au Japon, je lui ai rendu visite de nombreuses fois, et elle m'a toujours accueilli avec un sourire et des collations. Elle me demande généralement comment je vais, me dit de m'asseoir dans le hall et m'apporte quelque chose à manger qu'elle a acheté à l'avance. Elle appelle même parfois le Kaikan pour voir si je suis là et me demande de venir. Elle m'a également contacté par texto une fois. La dernière fois que j'y suis allé, nous avons parlé pendant environ une heure de son passé, de son mari, de ma sœur et de moi. C'est assez intéressant. Je ne comprends pas exactement à 100 % de ce qu'elle me dit, mais je peux dire que j’en comprends la plupart.

Je suis allé la voir à nouveau aujourd'hui. Nous en sommes arrivés au point où elle me donne son horaire de travail, donc je sais quand y aller. Je ne vais pas toujours la voir, mais quand j'ai le temps, comme aujourd'hui, j’y vais, je lui dis bonjour et j'étudie dans le hall de LKan. Elle vient m'apporter quelque chose à manger ou me donne de l'argent pour acheter quelque chose au distributeur automatique. Elle est toujours gentille avec moi, ce que j'apprécie beaucoup. Parfois, je lui apporte aussi un petit cadeau.

Petite remarque, mais néanmoins importante, cette relation n’aurait pu exister si ce n’est que ma sœur avait déjà établi une bonne relation avec Mᵐᵉ Hayashi lorsqu’elle a séjourné au LKan. C’est grâce à ça que je la connais, alors je dois remercier ma sœur pour cela.

Toujours souriante, Mme Hayashi est assise à son bureau dans le LKan.

Te souviens-tu de ça, France?

 

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27 août 2015

67.8

Le mercredi matin, après notre entraînement de musculation, je me suis pesé.
Poids : 67,8 kg

Graisse corporelle (%) : 8,9 %
C'est le poids le plus bas que j'ai eu en près de deux ans, y compris lorsque j'étais au Canada.

Travaille dur. Joue fort. Échoue. Réussis.

Étant à l'étranger depuis longtemps, la plupart des gens prennent pas mal de poids, tout comme moi. En janvier, j'étais à 73,6 kg je crois, ce qui signifie que j'ai perdu environ 6 kilogrammes. Comment ai-je fait? Disons simplement que je le voulais.

Comme ma mère me le rappelle toujours, quand tu décides de faire quelque chose, tu vas y arriver. Tu le feras parce que tu le peux. La seule chose qui t’arrête, c'est toi.

 

2 septembre 2015

Je déménage!

 

Comme je ne suivrai plus de cours à partir de septembre, normalement, je ne devrais pas avoir le droit de rester au Kaikan. Je devrais trouver mon propre appartement ou mon propre logement. Mais le Kaikan est TRÈS bon marché et c'est un endroit parfait pour y vivre. Il est proche du club de judo, a beaucoup d’attraits comme une bonne cuisine et un accès Internet. Il serait très regrettable de déménager pour le restant de mon séjour, soit deux à trois mois. Mais heureusement pour moi, puisque je poursuis le judo ici, j'ai demandé à Mme Mitsumoto (la secrétaire du club de judo) si elle pouvait essayer de contacter l'école pour moi et leur demander si je serais autorisé à rester ici. Apparemment, cela a fonctionné, car on m'a dit la semaine dernière que je devais changer de chambre, car quelqu'un d'autre entrerait dans mon ancienne chambre avec mon colocataire. Je pourrais passer le reste de mon temps seul dans ma nouvelle chambre... !!!

 

Après un an dans la même chambre (304), je demeurerai maintenant dans la chambre 303. Quand ma sœur vivait dans le LKan (il y a trois ans), son numéro de chambre était le 303. Coïncidence?

 

Je déménage

Ma chambre avant que je la quitte.

L'espace entre les deux pièces. Ha ha.

Mon ancienne chambre, après avoir sorti mes affaires.
Au revoir, 304...

303... prêt à être envahi.

Ma nouvelle chambre. Ouais, j'ai pris le relais.

J'adore mon nouveau pupitre de musique.

Mon colocataire de l'année dernière. Merci Cho! Je te souhaite le meilleur pour ton avenir!

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2 septembre 2015

Réunion de famille au Tokyo Skytree

Il y a environ un mois, ma grand-mère et moi avons commencé à planifier une visite avec la famille de mon oncle. Jusqu'à présent, ils avaient été trop occupés, mais ils ont réussi à trouver une journée pour me voir, le 30 août. Après avoir échangé quelques courriels, nous avons convenu d'une heure et d'un lieu de rendez-vous, et le jour est bientôt venu.

Je me suis rendu à Tokyo, à la gare d'Ueno, probablement l'une de mes premières fois là-bas. Une fois arrivé, je les ai tous surpris en venant de la direction opposée d'où ils m'attendaient. Cela faisait un moment que je n'avais pas vu mon oncle (il y a trois ans), mais même alors, il n'était pas trop difficile à reconnaître. Ma tante et ma grand-mère ainsi que la famille de mon oncle étaient toutes là. Je leur ai souri, et nous nous sommes dit bonjour, puis nous sommes allés prendre un autre train ensemble.

Mon oncle Shoji m'a beaucoup parlé ce jour-là. Il travaille beaucoup en anglais, donc il le parle assez bien. Je suppose que pour que je me sente à l'aise, il m'a parlé principalement en anglais, ce qui a rendu la compréhension plus difficile parce que je passais du japonais à l'anglais avec tout le monde et je ne savais pas si je devais lui répondre en anglais ou en japonais. Mais c'était gentil de sa part, et nous avons eu quelques bonnes conversations.

Ma grand-mère et ma tante sont tout simplement géniales, comme toujours. Elles me parlaient de toutes sortes de choses, et je leur racontais des petites choses ici et là pour les faire sourire. J'apprécie toujours leur compagnie.

Noriko, la femme de mon oncle, était gentille et polie, et tout le temps m'a posé beaucoup de questions. Elle a essayé autant que possible de me garder impliqué dans la conversation et quand elle parlait, elle parlait volontairement clairement et légèrement lentement pour que je la comprenne.

Mes deux cousins étaient encore un peu timides, je pense. J'avais rencontré ma cousine Mayu il y a trois ans lorsque je suis venue rendre visite à ma sœur, mais Hayato n'était pas libre à ce moment-là, donc aujourd'hui, c'était la première fois que je le rencontrais. Je ne leur ai pas beaucoup parlé, mais à la fin j'ai essayé de parler à Hayato de ses pratiques de ping-pong (il fait partie d'un club de ping-pong! Comme c'est cool!). Mais je pense qu'ils ne savaient pas trop comment réagir face à moi, car ils ne savent pas combien de japonais je peux parler, et ne me connaissent vraiment pas ha ha.

En train, nous nous sommes dirigés vers le Tokyo Skytree, et c'était la première fois que je m'approchais aussi près de la tour. Il y avait beaucoup de nuages, alors nous avons décidé de ne pas monter, car nous ne pourrions pas voir grand-chose. 
 

En chemin vers la tour

Noriko avait réservé une place dans un restaurant près du Tokyo Skytree... Ce qui signifie cher. C'était un endroit agréable. Nous avions une vue magnifique de la ville, et ils ont commencé à nous montrer différentes parties de la ville que nous pouvions voir. Le Tokyo Skytree était juste à côté de nous, du haut de ses 634 mètres.

 

Un autoportrait de tante Shizuko et moi
avec le Tokyo Skytree en arrière plan.

Notre repas a été servi à la manière traditionnelle japonaise. Ils ont servi à tout le monde des petits plats, et avant de nous servir le suivant, ils se sont assurés d'emporter nos assiettes. Ma grand-mère m'a dit que même mon père n'avait jamais mangé de cette manière. Après, ce genre de service est devenu de plus en plus rare, ce qui le rend encore plus cher.


Nos mets :

 

Pendant le repas, ma tante et ma grand-mère ont discuté avec moi du moment où je devrais me faire opérer, car je devrai certainement le faire, et très probablement au Japon. Noriko me posait des questions et Shoji me racontait des choses sur le Japon. Dans l'ensemble, c'était sympa, et je ne crois pas que beaucoup de gens de mon âge aient vécu ce genre d'expérience. 

 

Le Tokyo Skytree

Oh grand-maman!

Tante Shizuko, découvrant sa nourriture.

Mayu et Noriko

La vue d'ensemble de la pièce.

Une fois le dîner terminé, nous nous sommes dirigés vers Asakusa, un endroit célèbre pour le Sensō-ji, un temple bouddhiste, ainsi que de nombreuses boutiques de souvenirs. C'était la première fois que j'y allais, et je dois dire que c'était un endroit assez sympa à visiter. Nous avons tous marché au milieu de la rue TRÈS bondée avec nos parapluies sortis. Avant d'entrer dans le temple, Mayu m'a montré comment me laver correctement les mains (ce qui représente la purification de l'âme avant d'entrer dans le temple). J'ai émis quelques bons vœux ce jour-là.

 

Asakusa, des lanternes, des souvenirs, de la pluie, des parapluies
et beaucoup de monde.

Entrée du temple

Sur le chemin du retour, nous nous sommes arrêtés dans un petit café pour prendre quelque chose à boire. Après avoir discuté un peu, il était temps de partir. Nous sommes retournés à la gare d'Ueno où ma tante et moi nous nous sommes séparés du reste du groupe. 

Lorsque nous nous sommes dit au revoir, quelque chose m'a pris au dépourvu. Ma grand-mère est venue pour la première fois me faire un câlin. Juste un bras, mais elle n'avait jamais fait ça auparavant. J'étais très TRÈS heureux, et je n'ai pas pu m'arrêter de sourire pendant un moment. Je ne la verrai pas avant un certain temps, mais j'étais content qu'elle soit venue jusqu'ici pour venir nous voir.

Je suis rentré avec ma tante dans le train. Elle est descendue avant moi, s'est assurée que je savais où aller et je lui ai dit au revoir.

Depuis que je suis au Japon, je n'ai pas eu beaucoup d'occasions de voir ma famille, mais je dois dis-le que ça m'a fait du bien.

Ma famille

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4 septembre 2015

Mont Fuji (conquis)

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« Nihon ni iru uchi ni, noboranu, baka. »

Cette expression était inscrite dans notre manuel scolaire le semestre dernier. Elle signifie qu’il serait idiot de venir au Japon et d’en repartir sans avoir gravi le mont Fuji. Alors… j’ai gravi le mont Fuji. Simple, non?

En réalité, j’avais déjà fait de l’ascension du mont Fuji un objectif avant même d’arriver au Japon. Ma sœur l’avait fait avec Anzu trois ans auparavant, et j’en avais tellement entendu parler que j’ai eu envie de le faire moi aussi. Si vous voulez lire le récit de l’aventure de ma sœur, vous pouvez CLIQUER ICI!

Trois jours avant l’ascension, j’ai demandé à mon ami Shingo s’il pouvait réserver une place pour nous deux dans l’une des cabanes de montagne. Normalement, ce genre de réservation se fait looooongtemps à l’avance. En fait, j’avais prévu faire l’ascension avec Miguel, qui adore la montagne et qui l’avait déjà gravi une fois, ainsi qu’avec Shingo et Arisa. Mais le jour que nous avions choisi, la météo n’était pas bonne, alors nous avons annulé. Cette fois encore, la météo n’annonçait rien de bon, donc faire une réservation à la dernière minute n’était pas un problème : peu de gens prévoient une ascension dans ces conditions. Je n’avais pas tellement le choix.

Voyez-vous, à cause de la température au sommet, le mont Fuji n’est accessible qu’en été. Le temps me manquait, il fallait que je prenne rapidement une décision. Le 31 août, j’allais gravir l’un des plus grands sommets du monde.

(La veille au soir)

J’ai préparé les vêtements nécessaires, de l’eau et mes chaussures. Je me suis endormi en pensant que j’allais gravir une montagne le lendemain. Pour être honnête, je ne croyais pas que ce serait très difficile. Après tout, des gens âgés de 70 ou 80 ans la gravissent aussi, alors… comment cela pourrait-il être si dur? Cela dit, je n’avais jamais vraiment fait de randonnée en montagne auparavant. Je n’étais pas trop nerveux.

 

Le matin venu, je me suis levé à l’aide de mon réveil. Douche, déjeuner, habillage… puis direction le hall d’entrée. J’y ai trouvé Shingo en train de déjeuner. Lorsqu’il eut terminé, il m’a rejoint, et j’ai remarqué qu’il portait un short très court et des chaussures ordinaires. Il n’avait que deux vestes. J’étais sidéré. Je lui ai dit qu’il devrait mieux s’habiller. Il a répondu que ça irait, mais il est quand même allé enfiler un jeans… et a ajouté une autre veste. Il a gardé ses chaussures normales, disant que c’est tout ce qu’il possédait. D’après les récits que j’avais entendus, je ne pouvais m’empêcher d’être inquiet. Nous avons quitté la résidence vers 7 h 50, un peu en retard sur notre plan initial.

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J’étais prêt. Allons-y, mont Fuji!

Après un arrêt au dépanneur pour acheter de la nourriture, nous avons pris le train vers 8 h 10. Trois heures plus tard, nous étions arrivés. Il était déjà 11 h, alors nous voulions commencer à grimper le plus vite possible. Nous avons acheté encore un peu de nourriture, un câble pour mon téléphone que j’avais oublié… et, après une discussion avec une employée du centre d’information, nous avons décidé de prendre l’autobus de 12 h 40 vers la première station.

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Le train qui nous a amenés à la gare du mont Fuji.

La plupart des gens commencent l’ascension à la cinquième station. Ils prennent l’autobus jusque-là, puis grimpent jusqu’au sommet en quatre à cinq heures. Shingo et moi, nous avons voulu partir de la première station, ce qui ajoute environ deux heures de marche. Nous avons commencé à monter vers 13 h 10.

cliquez SUR LE DIAPORAMA CI-DESSOUS pour lire les descriptions.

Nous avons atteint la cinquième station en environ une heure et demie, ce qui est plus rapide que les deux heures prévues. À ce moment-là, j’ai commencé à avoir un peu mal à la tête et à me sentir étourdi, alors j’ai bu beaucoup d’eau. Avec toute la sueur, je n’ai même pas eu besoin d’aller aux toilettes avant d’arriver à notre cabane (tant mieux, ça coûte environ 2 $ chaque fois).

Je suis maintenant au-dessus des nuages.

La photo que j’ai prise lors de notre dernière pause avant d’atteindre notre refuge de montagne.
Environ une minute après avoir pris cette photo, le vent s’est levé et il a commencé à pleuvoir fort.
Heureusement, nous n’avions que huit minutes à marcher environ avant d’atteindre notre cabane.

Nous sommes arrivés à notre cabane à 17 h 50. Temps total de montée : 4 h 40. C’est fou. La plupart des gens mettent environ sept heures pour faire le même trajet. On est allés très vite. Shingo m’a vraiment surpris : même en jeans et avec des chaussures ordinaires, il était souvent devant moi, marchant plus vite que je ne le voulais! Grâce à lui, on est arrivés à la cabane avant la tombée de la nuit.

En arrivant, nous avons rapidement mangé un ramen (très cher), sommes allés aux toilettes, puis sommes tombés de fatigue. Comme il faisait froid, nous avons voulu manger quelque chose de chaud. À ce moment-là, j’avais très mal à la tête. J’avais du mal à rester assis. Même couché, le mal de tête m’empêchait de dormir. Le propriétaire de la cabane faisait aussi des annonces au micro, ce qui n’aidait pas. Je me suis finalement endormi vers 19 h 30, me réveillant seulement à quelques reprises dans la nuit.

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Tomoe kan, notre refuge de montagne. La deuxième plus haute cabane de la montagne.

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L’entrée de la cabane ainsi que la salle à manger.

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Le passage vers l’endroit pour dormir.

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Où nous avons dormi. Il y avait quatre autres personnes dans le même espace pour dormir.

Seulement des sacs de couchage et de petits oreillers.

(Le lendemain – 1ᵉʳ septembre)
Je me suis réveillé juste avant 1 h. J’ai cru bon de commencer à me préparer. Shingo et moi avons tout rassemblé. Au moment de partir, l’hôte de la cabane m’a averti que ma veste n’était pas imperméable, donc que c’était risqué de grimper ainsi. Il nous a dit d’attendre deux heures de plus. Nous sommes donc retournés nous allonger jusqu’à 3 h 30. Nous avons laissé nos sacs à la cabane, emporté seulement de l’eau et nos lampes frontales. Nous avons commencé l’ascension… mais avons vite dû nous arrêter à cause d’une longue file de grimpeurs devant nous. Beaucoup de personnes âgées montaient aussi, ce qui ralentissait le rythme. Par moments, Shingo et moi contournions la file pour dépasser ceux qui prenaient des pauses.

Nous sommes arrivés au sommet vers 4 h 20, soit une heure plus tard. Là, nous avons attendu le lever du soleil. J’ai trouvé une place devant tout le monde pour m’asseoir et laisser la vue libre aux gens derrière moi. Vers 4 h 45, on voyait les nuages cacher le soleil, sauf une fine bande de lumière. Avant l’heure prévue du lever du soleil, Shingo a quitté les lieux, disant qu’il avait trop froid et que de toute façon, on ne verrait rien. Je suis resté jusqu’à 5 h 20, soit dix minutes après l’heure prévue… mais les nuages ne nous ont jamais permis de voir le lever de soleil tant attendu. Nous avons alors entamé la descente.
 

La première lumière

Nous sommes au-dessus des nuages. Youhouuuu!

Tout ce que j’ai pu voir en fin de compte.

Encore des nuages.

Nous avons réussi! Nous avons conquis le mont Fuji. Je me souviens du blogue de ma sœur à l’époque où elle avait escaladé le mont Fuji. Cela signifiait beaucoup pour moi d’arriver jusqu’ici, où ma sœur ainsi que des milliers d’autres personnes y ont mis les pieds avant moi.

La descente a été difficile. Et loooooongue. Pendant plus de la moitié, ce n’était qu’un sentier de sable en zigzag qui n’en finissait plus. Shingo, épuisé, refusait d’accélérer, alors j’ai pris de l’avance. Pourquoi cette hâte? Il commençait à pleuvoir. En reprenant nos sacs à la cabane, on nous avait dit qu’il pleuvrait fort vers 7 h. Je voulais donc descendre rapidement. Mais j’ai fini par glisser et me faire un peu mal à la cheville. Je suis arrivé à la cinquième station (pas la même qu’à l’aller) et j’ai attendu Shingo. Il est arrivé une heure plus tard. On a mangé un ramen, puis attendu encore trois heures l’autobus. Je tenais à monter dans le premier bus, pas question d’attendre une heure de plus.

Arrivés à la station du mont Fuji, nous avons repris le train jusqu’à la résidence, où nous sommes arrivés vers 15 h 45. J’étais fatigué, gelé, frustré et je puais… mais j’étais satisfait. J’avais gravi le mont Fuji.
 

Probablement la plus belle photo que j’ai prise lors de mon séjour au Japon.
Je crois que cela dépeint le pays de plus de façons que je ne peux le dire.

… J’AI GRAVI LE MONT FUJI!

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5 septembre 2015

Samurai Blue (Japon) affronte le Cambodge – Mon premier match de soccer professionnel

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Il y a environ un mois, je suis sorti dîner avec mon amie Ryoko. Ce soir-là, nous avons eu une belle conversation, et elle m’a invité à un match de football. Elle avait acheté quatre billets, et il en restait un de libre. J’ai dit que je vérifierais mon emploi du temps, et selon l’heure, j’étais finalement disponible.
 

Le 3 septembre, nous avons quitté la gare de Tokai vers 16 h 09. Il nous a fallu plus de deux heures pour arriver à la gare près du stade, situé dans la préfecture de Saitama. En chemin, nous avons vu de plus en plus de personnes portant le maillot de l’équipe japonaise de football. Ce genre d’événement n’arrive pas très souvent, et j’ai eu de la chance de pouvoir y assister.

Lorsque nous sommes sortis du train, on n’arrivait pas à croire le nombre de gens qui était là. Rien que pour sortir de la gare cela nous a pris environ 15 minutes. Nous avons acheté des gyozas pour les manger pendant le match et sommes allés au stade. Je n’étais jamais entré dans un stade pareil. Même le stade récemment construit près de l’Université du Manitoba m’est encore inconnu. J’étais donc assez excité. Ce serait aussi la première fois (du moins, si je me souviens bien) que je vais voir un match de football professionnel en direct.

J’étais prêt. Allons-y, mont Fuji!

Nous sommes arrivés à l’entrée du stade et avons découvert que si nous y entrions tout de suite, nous n’aurions pas le droit de ressortir, alors nous avons dû attendre dehors. Pourquoi? Car notre quatrième compagnon n’était pas encore arrivé… Il avait été à un entretien d’embauche et venait seul. Nous avons fini par l’attendre environ une heure et demie, ce qui nous a fait rater le coup de sifflet, le début du match et l’introduction de l’équipe. Nous avons raté environ 15 minutes de la première mi-temps, grâce à Kazuto. Super... Je n’étais pas content. Il avait probablement bu un verre avec ses amis après son entretien. Ryoko avait fait de son mieux pour réserver ces billets, et j’ai trouvé cela très impoli de sa part d’être aussi en retard.

La vue de l’extérieur du stade.

Mais le match s’est avéré intéressant. Les Japonais ont dominé tout au long du match. Et j’ai pu voir les trois buts. À la mi-temps, je suis allée voir mes amis, car nous étions tous assis séparément. Ryoko avait fait de son mieux pour trouver des places proches les unes des autres, mais cela avait tout de même été assez difficile. J’ai pris mes gyozas, et j’ai un peu discuté avant de retourner à ma place. Puis la seconde mi-temps a commencé.

Cet homme tient un panneau indiquant la fin de la file d'attente pour les toilettes des hommes.
Voilà combien de gens il y avait.

Les Japonais adorent encourager leur équipe. Tout comme mon père et moi l’avons vu il y a trois ans lors d’un match de baseball, il y avait une foule immense pour encourager l’équipe. Toutes les sections derrière les deux filets étaient réservées aux membres du groupe des partisans. Je ne crois pas qu’ils aient arrêté de chanter, à l’exception de la pause à la mi-temps.

Chaque fois que l’équipe japonaise marquait, la foule devenait folle et tout le monde se levait. Ceux qui soutenaient l’équipe cambodgienne devaient se sentir assez intimidés. J’ai repéré un petit groupe dans une section qui leur était réservée.

Le score final : Japon (3) - Cambodge (0)
 

Moi, Kazuto, Ryoko et Maho.

J’étais vraiment reconnaissant envers Ryoko de m’avoir invité à ce match. Nous sommes rentrés tous les deux, Kazuto et Maho avaient d’autres projets après le match. Nous avons couru à travers la foule jusqu’à la gare. Si nous ne l’avions pas fait, nous ne serions jamais revenus. Il y avait tellement de monde... nous étions tellement serrés dans ce train. Nous devions prendre le dernier train pour rentrer chez nous, et grâce à notre course, nous avons réussi à revenir jusqu’à Tokai.

Une expérience formidable.

11 septembre 2015

Hei - Jō – Shin : Réflexions sur le camp d'entraînement

Depuis mon retour du camp, les gars semblent moins hésitants à me demander de m’entraîner avec eux. C’en est au point où je n’ai plus de pause. C’est comme ça depuis les deux dernières semaines. Les combattants se préparaient pour les deux prochains tournois, et comme j’étais constamment présent à chaque entraînement, on me demandait désormais de m’entraîner avec des adversaires beaucoup plus forts, beaucoup plus souvent.

Mais comme mon père me l’avait dit, la plupart des Japonais abordent les gens en se basant sur la confiance. La confiance qui vient de l’histoire qu’ils ont avec la personne. Maintenant que j’ai passé pas mal de temps avec eux et que je leur ai prouvé que je suis sérieux, ils me prennent au sérieux. Aller au camp d’entraînement n’a fait qu’y contribuer davantage.

Au cours des deux dernières semaines, j’ai pratiqué avec plus de partenaires différents qu’en quatre mois. J’ai même été appelé par Fubuki pour me faire jeter. Lorsqu’ils approchent d’un tournoi, les athlètes qui y participent peuvent faire la file et appeler n’importe qui pour les jeter trois à cinq fois. C’était la première fois qu’un athlète m’appelait.

Quand je suis revenu du camp, je me suis vraiment demandé pourquoi je ne me sentais pas complètement désorganisé comme d’habitude après un camp d’entraînement. Après quelques jours, j’ai compris que c’était à cause de quelque chose appelé « hei jō shin ». Le caractère représentant « hei » signifie « même » ou « paix ». Le caractère pour «  » signifie « ordinaire » et enfin, le caractère pour « shin » signifie « votre cœur ». Donc, si vous voyez la connexion : paix + ordinaire + cœur. Dans un contexte réel, cela signifie maîtrise de soi, présence d’esprit. Mais comme mon père me l’a appris, cela signifie aussi ne pas laisser les facteurs externes interrompre votre routine quotidienne.

Au camp, même si les gars restaient debout tard et jouaient au jeu du loup-garou, j’allais me brosser les dents, me préparer pour aller me coucher, écrire mon blogue et dormir. Même si je voulais jouer, je savais que la meilleure chose pour moi était de me reposer au maximum. Cela m’a permis de rester dans le jeu tout le temps et m’a aussi donné de l’équilibre. Cela m’a maintenu centré et, finalement, m’a empêché d’oublier des choses. Grâce à cela, je n’étais jamais en retard pour l’entraînement, et j’avais mes affaires prêtes avant les autres lorsqu’on partait.

Appliquer cela tout le temps peut être assez difficile. Dans la vie normale, il y a beaucoup de choses qui surgissent « de nulle part » et qui demandent que vous ajustiez votre emploi du temps. Mais pour la première fois, je pense que j’ai vraiment compris ce que mon père m’avait dit ces dernières années.
 

Réflexions sur le camp d'entraînement

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11 septembre 2015

Un entraînement à Yokohama

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Depuis la visite de mon père et de ma sœur en avril, M. Sato me disait que dès que j’aurais fini mes cours, il m’emmènerait m’entraîner dans une autre université. Un endroit un peu moins difficile que Tokai, où je pourrais avoir un entraînement plus… adapté. Enfin, selon M. Sato, bien sûr.

Finalement, ce jour est arrivé. Jeudi dernier, un de mes entraîneurs m’a emmenée jusqu’à l’Université Tōin Gakuen, située près de Yokohama. Nous y sommes allés en train et avons terminé le trajet en bus, pour un total d’une heure quinze de trajet. Assez loin pour un simple entraînement.

L’entrée de l’université.

Le club d’anglais.

Une fois arrivés, Sato Sensei avait pris des arrangements pour que je puisse visiter le club d’anglais de l’université. Ils ont une salle spécialement aménagée pour que les étudiants japonais puissent venir pratiquer leur anglais. Bien sûr, c’est encore l’été ici, donc il n’y avait aucun étudiant, j’ai simplement été présenté au personnel. L’atmosphère semblait agréable et je me demande vraiment comment cela doit être lorsque tous les étudiants sont présents.

 

Puis est venu le moment de l’entraînement, et Honma (mon coach) et moi nous nous sommes dirigés vers le dōjō. C’était assez surprenant de voir que le dōjō était tout petit, avec seulement deux surfaces de combat. Habitué au gigantesque dōjō de quatre tatamis de Tokai, ça m’a fait un petit choc. Mais pas le temps de réfléchir, j’étais vite sur les tatamis afin de commencer l’entraînement.

 

L’entraînement m’a rappelé ceux de l’Université du Manitoba. Ils ont fait environ 35 minutes d’échauffement et d’uchi-komi. Comme l’a aussi remarqué Honma, à Tokai on ne fait que 15 minutes d’échauffement et 10 minutes d’uchi-komi. Après ça, on passe directement au randori.

 

Je ne m’attendais pas à projeter tout le monde là-bas, mais je pensais quand même me sentir un peu plus fort. Mais aucune chance. Tous ceux avec qui j’ai combattu avaient une très bonne défense et étaient très solides dans leurs prises. Leurs mises à terre n’étaient pas aussi nettes que celles de Tokai, mais je me suis quand même fait pas mal projeter. J’ai veillé à bien prendre des pauses, autant pour mon corps que pour ma tête. Mais ça m’a quand même pas mal frustré. Après environ une heure et demie de combats, M. Sato m’a appelé et m’a fait faire des uchi-komi avec Honma-san. Il m’a montré quelques points à améliorer et m’a fait répéter plusieurs fois.

 

Ensuite, il nous a autorisés à quitter l’entraînement plus tôt (vers 20 h). L’entraînement dure normalement jusqu’à 21 h, soit un total de trois heures. Fou! Bref… Comme nous venions de si loin, M. Sato nous permet apparemment de partir plus tôt. Cette fois, nous avons fait le trajet de retour en voiture. Sa fille était venue nous chercher pour nous ramener à l’université. Sur le chemin du retour, à ma grande surprise, sa fille s’est soudain arrêtée dans le stationnement d’un restaurant, et M. Sato nous a dit de descendre. J’ai compris à ce moment-là qu’il venait tout simplement de nous inviter à dîner.

 

J’ai dégusté un délicieux repas composé de sushi, de kaki-age (légumes frits en forme de nid), ainsi que de soupe miso. M. Sato avait aussi commandé quelques petits plats d’accompagnement. À la fin du repas, j’étais bien rassasié. Pendant le dîner, la conversation a alterné entre deux sujets : mes progrès en japonais et les expériences de judo de Honma. Mais comme tout le monde l’a remarqué, je n’ai pas eu trop de mal à suivre la conversation. Ça m’a fait plaisir d’être complimenté par M. Sato, l’une des figures les plus respectées du monde sportif au Japon.

Mon souper. Miam…

Eh oui, je viens tout juste de manger avec Nobuyuki Sato.

M. Sato m’a vraiment pris sous son aile, même si je ne représente absolument rien pour lui, ni pour l’université, ni pour le club. Je ne pourrai jamais assez le remercier pour tous ses efforts et tout l’encouragement qu’il me donne. Dernièrement, il a même commencé à m’enseigner directement au club, mais ça, ce sera pour un autre article.

 

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12 septembre 2015

Un an au Japon

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Je viens de terminer ma première année au Japon, dont une année à Tokai, la plus longue période que j'aie vécu seul... Je suis actuellement au même tournoi que celui auquel j’avais assisté avec l'équipe peu après mon arrivée. Autrement dit, ça fait un bon bout de temps que je suis ici.

Comment je me sens? Comme… quelqu’un de complètement différent. J’ai beaucoup progressé : en japonais, en judo, dans mon mode de vie, mon attitude, ma vision des choses… et peut-être comme personne. Les moments difficiles m’ont obligé à évoluer et m’ont montré qui je suis vraiment, m’amenant à faire mes propres choix.

 

J’ai rencontré énormément d’amis, qui m’ont aidé d’une façon ou d’une autre, en m’enseignant des mots et des règles de grammaire, en me faisant découvrir la culture, de nouveaux lieux, de nouvelles saveurs. Je leur suis infiniment reconnaissant.

 

Ici, j’ai subi ma plus grosse blessure, une déchirure partielle du ligament du genou gauche, et je vais bientôt subir ma première opération pour retirer des polypes sur mes cordes vocales. Mon stress a atteint un niveau presque insupportable, et j’ai traversé bien des épreuves cette année.

 

Mon voyage n’est pas encore fini, mais l’heure du retour approche. Je voulais simplement mesurer le chemin parcouru en un an.

Le premier tournoi auquel j’ai assisté avec l'équipe, il y a un an. J'ai assisté au même cette année, mais d'une manière complètement différente.

12 septembre 2015

Enfin un entraîneur

Comme je l’avais déjà mentionné, M. Sato s’est assez bien occupé de moi. Mais son appui s’est incroyablement accru. Premièrement, il m’a aidé à l’entraînement de Yokohama. Puis, m’a invité à souper et raccompagné à l’université, et il m’a même proposé de le faire chaque jeudi.

Et ce n’est pas tout. Lors de l’entraînement suivant, le vendredi matin, après l’échauffement, les combattants du tournoi de ce week-end se sont alignés pour lancer, comme ils le font habituellement. Ils ont appelé les partenaires de leur choix pour s’entraîner au lancer avant leur tournoi.

Maintenant, je n’aurais jamais pensé que je ferais une telle chose puisque je ne fais pas partie de l’équipe et que je n’ai pas de tournois. Pourtant, alors que nous faisions notre uchi-komi habituel pendant l’échauffement, M. Sato m’a appelé et m’a dit que je me joindrais à ceux qui lançaient pour pratiquer la combinaison qu’il m’avait montrée la veille. Je n’arrivais pas à y croire. Mais alors que les athlètes étaient appelés à s’aligner, j’ai gardé les yeux sur M. Sato qui a rapidement appelé mon nom et m’a dit à nouveau de faire la queue. De cette façon, tout le monde savait.

Mon premier partenaire était Fubuki, mais je suis allé demander à de nombreux autres combattants, dont Honma, l'entraîneur qui m'avait accompagné à l'Université Touin Gakuen. Je pense que j'ai lancé plus de 30 fois au cours de ces sept minutes, le plus grand nombre que j'ai lancé depuis que je suis ici. Beaucoup se demandaient pourquoi j'étais là et l'un d'eux m'a même demandé si j’allais participer à un tournoi. Je m'en fichais, j'étais là. C'était une occasion de lancer, et je n'ai pas perdu de temps. 

Après ça, j'étais pas mal épuisé. Je me suis toujours demandé pourquoi les combattants prenaient leur temps pour lancer. J'ai compris pourquoi, ha ha. M. Sato m'a dit que j’avais fini pour l'instant, et la pratique a continué. Environ cinq minutes avant le début du « randori », M. Sato a de nouveau appelé mon nom. Mais il a également appelé le nom de Haruka Tachimoto. Il nous a emmenés d'un côté du dojo, a pris une craie et une ceinture, et comme il l'avait fait pour beaucoup des meilleurs athlètes de l'équipe, il m'a fait dessiner deux cercles sur les tapis. Après cela, il nous a montré, à Haruka et à moi, ce sur quoi il voulait que nous travaillions. Nous avons dû pratiquer un balayage du pied spécifique tout en demeurant dans la forme du cercle. Nous l'avons fait peut-être 40 fois. Il revenait de temps en temps, nous montrait quelque chose de nouveau sur lequel travailler, et nous repartions. Haruka est un athlète assez fort et savait beaucoup mieux que moi quoi faire, alors il m'a donné des conseils ici et là. Après cela, M. Sato nous a dit que nous avions terminé et que nous pouvions revenir à la pratique normale. Je l'ai remercié et je me suis joint au groupe comme je pouvais. 

À ce moment-là, j'étais assez épuisé. Cela faisait un moment que je n'avais pas fait autant de répétitions sans pause. Le club ne fonctionne généralement pas de cette façon. Mais cela m'a donné plus d'énergie. Avoir quelqu'un attentif à vos progrès alors que personne d’autre ne semble s'en soucier peut être assez... touchant, motivant. Je suis très reconnaissant qu'il ait pris du temps pour moi. 
 

Enfin en entraîneur

Le club a installé de nouveaux tapis pendant les vacances d'été. Les voici.

Des progrès ont été faits

14 septembre 2015

Des progrès ont été faits

Aujourd'hui, les nouveaux élèves ont passé leur test de niveau de japonais. Pas moi. Ce semestre, je ne suis pas de cours de langue : j’avais prévu un an d’études, puis de consacrer du temps au judo, car il est presque impossible de suivre sérieusement les cours tout en s’entraînant quotidiennement.

Mais cela ne signifie pas que j’arrête d’apprendre. J’ai continué tout l’été et je compte reprendre un rythme soutenu. J’ai acheté de nombreux manuels introuvables chez moi. Mon japonais est loin d’être parfait, alors autant en profiter pour apprendre le plus possible tant que je suis ici.

 

La pile de manuels que j'ai accumulés...

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25 septembre 2015

« Oh, il m’a entendu…! »

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L’autre jour, je faisais de la musculation dans le sous-sol du dojo avec quelques gars, et un gars nommé Nomura faisait des exercices avec deux haltères d’environ 8 kg chacun. Après avoir terminé un exercice, je me suis dirigé vers le banc à côté de celui de Nomura pendant qu’il allait bavarder avec d’autres amis. J’étais tenté de prendre ses haltères,

puisqu’il ne semblait pas les utiliser sérieusement, mais j’ai décidé d’aller plutôt chercher ceux de 10 kg.

Quand j’ai commencé mes exercices, je l’ai entendu crier quelque chose. Pour être honnête, je ne prêtais pas vraiment attention à leur conversation, mais ça, je l’ai capté. Il avait dit que j’avais pris ses haltères, en s’adressant indirectement à ceux qui écoutaient, mais sans s’attendre à ce que je comprenne. En plus, il avait utilisé le terme « Mamo-ri » au lieu de mon vrai nom « Mamoru » pour s’assurer que je ne comprenne pas. Mais beaucoup de gens m’avaient déjà appelé ainsi auparavant, donc cette fois, j’ai compris. J’ai compris et je lui ai simplement dit que non, je n’avais pas touché à ses haltères et qu’ils étaient toujours là où il les avait laissés, près du banc à côté du mien.

Il a été légèrement surpris, a reposé les nouveaux haltères qu’il avait déjà pris, est retourné à son banc et a rapidement changé de sujet avec son ami, probablement un peu embarrassé.

Ce n’est pas un exploit énorme, mais je pense que capter une conversation sans y prêter attention est quelque chose que l’on ne peut réaliser qu’avec une certaine connaissance de la langue. En d’autres termes, des progrès ont été faits.

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Toutes ces heures d’étude portent enfin leurs fruits!

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28 septembre 2015

Projet Yokohama

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La semaine dernière, une amie m’a invitée à une activité à Yokohama, en lien avec des élèves du secondaire. Je ne savais pas trop à quoi m’attendre, mais comme j’aime parler avec des adolescents — ils sont moins timides que les étudiants universitaires —, j’ai décidé d’y participer.

Dimanche, j'ai donc été rejoindre le groupe à la gare. Nous sommes partis vers 8 h 20 et arrivés vers 9 h 30. Les élèves nous attendaient déjà. Nous avons reçu un numéro et été répartis en équipes.

Après environ une heure d’explications sur notre tâche, on nous a servi à manger. C’était sans doute un nouveau produit, car on nous a demandé nos impressions. J’ai discuté autant que possible avec les deux filles assises à côté de moi pour qu’elles se sentent à l’aise. Comme nous allions passer la journée ensemble, je voulais que ce soit agréable. J’ai commencé calmement, puis j’ai enchaîné avec des blagues — parfois idiotes —, mais elles ont bien réagi! Elles ont même ajouté les leurs, et nous avons bien ri. Nous avons terminé notre rapport et attendu les autres groupes. Ensuite, c’était l’heure de découvrir la ville.

Nous sommes partis explorer le quartier chinois. J’y suis allé tellement souvent que je pourrais presque m’y orienter les yeux fermés. Ma grand-mère m’a dit qu’elle n’y était allée que deux fois dans sa vie! Nous avons flâné un peu, puis goûté à un petit dumpling chinois TRÈS ÉPICÉ. C’était délicieux, mais je me suis brûlé la langue. Le professeur qui nous accompagnait a gentiment payé pour nous.

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J’adore cette photo que j’ai prise dans le quartier chinois.

Nous avons ensuite marché jusqu’au parc Yamashita, près du port principal. J’aime toujours autant la sensation d’être au bord de la mer. On sent l’air et l’atmosphère changer au fur et à mesure qu’on longe l’eau.

Cette sensation…

J’ai traduit une bonne partie des discussions pour cet Afghan de notre groupe.

Voici notre groupe.

Notre visite s’est poursuivie jusqu’à la tour marine de Yokohama, l’un de nos objectifs. Avant d’y arriver, je me suis acheté un lait frappé aux fraises chez McDonald’s, ce qui a bien fait rire tout le monde. Nous avons aussi passé devant l’hôtel New Grand, que j’avais déjà visité. J’ai raconté à tout le monde l’histoire de ce bâtiment (merci papa!). Nous avons gravi la tour à pied, et reçu une jolie carte en récompense! La vue de là-haut était… époustouflante! Je n’ai pas encore monté en haut de la Tokyo Skytree, mais je parie que la vue y est encore plus belle, car on voit la mer. On pouvait d’ailleurs apercevoir la Tokyo Skytree depuis la tour marine de Yokohama.

La tour marine de Yokohama.

Miyu et moi — elle a été d’une grande aide ce jour-là.

Ce panneau nous attendait en haut de la tour :
« Félicitations pour vos efforts! Vous avez atteint votre but. »
J’ai trouvé ça amusant.

Après être redescendus, nous avons retraversé le quartier chinois, mangé une crème glacée et rejoint notre point de départ. De là, nous avons préparé notre présentation finale sur nos impressions de la ville et les lieux visités. J’ai pris la direction du groupe, attribué les tâches, et nous avons terminé à temps. Pendant la présentation, j’ai même glissé quelques blagues qui ont fait rire le public — un vrai plaisir de pouvoir faire ça dans une autre langue!

Notre groupe au travail.

Une fois l'activité terminée et les adieux faits, je suis allée avec Ayaka (Japonaise) et Heiki (Finlandaise) dans un restaurant de ramen exceptionnel. J’y étais déjà allé et je savais que l’attente en valait la peine. Après environ 90 minutes de marche et d’attente, nous nous sommes régalés. 

Nous nous sommes séparés à la gare, et Heiki et moi sommes rentrés à Tokai après cette longue journée. J’ai adoré l’expérience et je remercie ces élèves du secondaire de me l’avoir fait vivre.

Vue provenant du sommet de la tour marine — bienvenue à Yokohama.

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29 septembre 2015

Deux nouvelles chansons!

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Voici deux nouvelles chansons que j’ai réussi à composer durant le peu de temps libre que j’ai eu! Bonne écoute!

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Manga Bounce (Original Mix) – Vroxyle
Sur SoundCloud

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Tough Love (Broken) (Original Mix) – Vroxyle
Sur SoundCloud 

11 octobre 2015

DJ pour la première fois au Japon

L’autre fin de semaine, après avoir passé un moment avec mon amie Ayaka à Yokohama, elle a pensé à moi lorsqu’on lui a demandé si elle connaissait un DJ : mon nom fut le seul qu’elle a mentionné.

J’ai donc été invité à jouer lors d’une fête le 23 octobre à Hon-Atsugi. C’est un événement autopromu, mais il devrait ressembler à une vraie soirée dans un club. Après avoir vérifié ma disponibilité, j’ai vite répondu que oui, j’acceptais le travail. Et par travail, je veux dire : oui, je suis payé! C’est une de mes premières fois où je reçois un cachet pour un DJ set, ce que je considère comme un vrai accomplissement. Un de mes objectifs, avant de venir ici, était de faire une vraie prestation, et voilà que je coche cette case!

Je ne sais pas trop comment ça va se passer, mais je pense que ce sera une belle expérience.

Quand j’ai rencontré l’autre DJ de la soirée, celui qui m’avait invité, ce n’était pas comme d’habitude : lui aussi compose sa propre musique. On s’est donc échangé nos créations, et j’ai été impressionné par ce qu’il fait. Notre conversation était fluide, puisqu’on parlait le même langage musical.

Qui sait, peut-être qu’un jour on fera une chanson ensemble. Ce serait vraiment génial!
 

DJ pour la première fois au Japon

L’affiche de la soirée!

26 octobre 2015

Mon dernier entraînement de judo à Tokai

​​

Il y a environ deux semaines, le 9 octobre, j’ai eu mon dernier entraînement au club de judo de l’Université Tokai. Après une année complète à m’entraîner avec l’équipe, tournois, camps d’entraînement, courses matinales et séances de musculation intenses, j’ai maintenant pris congé.

Pourquoi? Eh bien, pour plusieurs raisons, la principale étant ma chirurgie, qui aura lieu demain (au moment d’écrire ces lignes). J’ai dû faire quelques préparatifs pour la chirurgie, comme acheter les articles nécessaires et m’assurer de bien comprendre la procédure. J’ai aussi dû commencer à me préparer pour ce qui m’attend après l’intervention, puisque j’ai l’impression que je serai assez occupé. Le fait de ne pas pouvoir parler rendra ces préparatifs assez difficiles; j’ai donc profité du temps dont je disposais. La dernière raison est que je voulais m’amuser un peu avec mes amis avant de partir. Après ma chirurgie, sortir avec des amis deviendra plutôt difficile.

Pour remercier l'équipe et dire au revoir à tout le monde, j’ai écrit un petit discours (que mon père m’a aidé à corriger) et je l’ai lu à la fin de la séance.

Pendant que je le répétais, je me suis surpris à être très ému lors de la dernière phrase. J’ai réalisé à quel point j’avais travaillé fort pendant l’année. Il y a un an, ces gars que je connaissais à peine faisaient déjà partie de mon quotidien. Ce club était devenu ma deuxième maison, partagée avec eux, et j’ai vécu beaucoup de choses.

Quand j’ai prononcé les dernières lignes, l’émotion m’a envahi et les larmes ont coulé. À la fin, tout le club s’est incliné devant moi et m’a applaudi. J’ai serré la main d’Agemizu sensei et je suis retourné m’asseoir.

Il a ensuite pris la parole pendant cinq minutes pour parler de mon séjour et de mes efforts au Japon – un geste que j’ai trouvé très touchant. La séance s’est terminée et j’ai demandé à prendre une photo avec tout le monde.
 

Mon dernier entraînement de judo

La seule photo que j’ai eue de toute l’année, ha ha!

Après la photo, plusieurs sont venus me serrer la main, me souhaiter bonne chance ou même pleurer. Fubuki et Kotaro m’ont invité à souper, et tous les entraîneurs sont venus me remercier une dernière fois.

Ce soir-là, j’ai mangé avec Fubuki, Kotaro et quelques autres personnes – une belle façon de clore ce chapitre. Après un moment passé dans la chambre de Kotaro, je suis rentré, le cœur léger.

Moi, Kotaro, … et Fubuki chez Peers.

Après une année entière… j’ai survécu. En partie.

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27 octobre 2015

Une expérience de DJ ici, au Japon

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Il y a environ un mois, une de mes amies m’a demandé si j’étais libre le 23 octobre. Après avoir vérifié que c’était bien le cas, je lui ai demandé pourquoi, et elle m’a expliqué qu’elle avait des amis qui cherchaient un DJ pour animer une fête à Honatsugi. Je dois dire que j’étais très heureux qu’elle ait pensé à moi. Deux jours plus tard, j’ai rencontré

l’organisateur, qui est aussi DJ et producteur. C’était la première fois que je rencontrais, ici au Japon, quelqu’un comme moi qui mixe et fait de la musique. Ma première pensée : peut-être que je pourrais faire un morceau avec lui! Ha ha.

Après cette conversation, j’ai commencé à inviter du monde. Il avait conçu de très belles affiches et vidéos pour promouvoir la soirée. Tout indiquait que ce serait une belle expérience. J’avais déjà mixé ici au Japon lors de la plupart des soirées du Kaikan, et même au International Friday Night en décembre dernier, mais aucune de ces expériences ne m’avait offert la liberté de jouer exactement ce que je voulais. Je devais toujours satisfaire le public. Cette fois, peut-être que j’en aurais enfin l’occasion!

Le jour est arrivé et je suis parti assez tôt. Un Taïwanais du Kaikan, nommé Sorata, s’est joint à moi. Aussitôt arrivés à Honatsugi, nous nous sommes précipités vers le bâtiment et avons trouvé la salle sans difficulté. Je suis entré, j’ai salué tout le monde et j’ai commencé à m’installer. J’ai tout vérifié, testé quelques morceaux avec les haut-parleurs, puis j’ai laissé l’espace libre pour que le dernier DJ fasse son installation.

Installation prête, il ne manque plus que la foule!

Mes amis ont mis une éternité à arriver, mais apparemment le train avait été arrêté à cause d’un accident. À cause de cela aussi, environ 30 personnes sur les 80 prévues initialement ne sont finalement pas venues. Vers 19 h 50, on m’a dit de me préparer. J’ai terminé mon installation, tout était prêt, et j’ai appuyé sur PLAY!

… rien ne s’est passé. Ils avaient tout réorganisé pour le premier DJ, et il nous a fallu un bon sept minutes pour enfin faire passer le son de ma table de mixage vers les haut-parleurs. Finalement, le moment est arrivé. Une belle introduction, et c’était parti.

Ça s’est bien passé. J’ai fait quelques erreurs ici et là, certaines transitions n’étaient pas parfaites, mais j’ai réussi à faire danser beaucoup de gens. Mes amis (Yusef, Islam, Khaled, Sorata) étaient les meilleurs, parce qu’ils n’ont jamais cessé de danser. J’ai même pu passer quelques-uns de mes propres morceaux, et mes amis qui les connaissaient se sont mis à chanter les paroles à voix haute.
 

Nos costumes simples pour la soirée!

Après une heure de mix, j’ai terminé mon set. J’ai rapidement rangé mes affaires pour être sûr de ne rien oublier, puis j’ai rejoint mes amis sur la piste de danse. Le DJ suivant n’était pas aussi bon que je l’avais espéré. Il avait beaucoup de fans dans le public, mais comme mes amis l’ont aussi remarqué, il ne jouait pas très bien, ce qui m’a fait me sentir plutôt bien. Peut-être qu’ils étaient juste gentils.

La foule et mes amis étaient incroyablement amusants!

Les trois DJ : SONNY, REC PECK et Vroxyle

Nous avons terminé la soirée avec une pizza que nous avons mangée dehors.

Un petit accident survenu sur le chemin du retour!

Le lendemain, j’ai de nouveau mixé, cette fois à la fête d’Halloween du Kokusaikaikan. Je n’ai eu que 30 minutes, mais elles ont été mémorables. J’ai fait très peu d’erreurs et j’ai pu jouer à la fois quelques-uns de mes morceaux ainsi que de la musique plus « club », le tout avec de très bonnes réactions. C’était une superbe façon de conclure mon expérience de DJ ici au Japon. Je dois dire que cela m’a donné énormément de pratique.

La dernière fois que je voyais ça. Je me souviens encore de la première fois!

Joyeuse Halloween!

« Souris. Ça ira mieux. »

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27 octobre 2015

Une opération au Japon

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Hier, après avoir tout rangé, j’ai quitté ma résidence étudiante et je me suis dirigé vers la gare.

En chemin, j’ai croisé l’un des judokas du club. Il m’a invité à venir saluer quelques membres qui mangeaient dans un restaurant tout près. Je suis

entré et, effectivement, ils étaient là. Je les ai félicités pour le tournoi qu’ils venaient de remporter et je leur ai dit que je me rendais à l’hôpital. Ils m’ont souhaité bonne chance, puis je suis reparti. Après avoir acheté les dernières petites choses dont j’avais besoin, j’ai monté les escaliers menant à la gare et pris le train. Deux autres gares plus tard, je suis descendu et j’ai retrouvé ma tante, qui m’attendait à la station de taxis. Nous avons pris un taxi jusqu’à l’hôpital et nous nous sommes dirigés vers le service des hospitalisations de courte durée, comme on me l’avait indiqué.
 
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À notre arrivée, nous avons dû rencontrer plusieurs médecins et infirmières, signer une foule de documents et nous faire expliquer à maintes reprises ce qui allait se passer à partir de maintenant. Ensuite, on m’a conduit à ma chambre. À l’origine, je devais partager une chambre à quatre lits, mais comme elle était pleine, j’ai eu droit à une chambre individuelle pour la première nuit. Peut-être y resterai-je une nuit de plus, mais au moment où j’écris ces lignes, je ne le sais pas encore. Le meilleur dans tout ça : aucuns frais supplémentaires.

Après d’autres visites de médecins et d’infirmières venus m’expliquer encore quelques détails, Anzu est arrivée. Tous les trois, nous sommes allés prendre un café chez Starbucks dans l’immeuble voisin. La conversation était agréable. Ma tante est ensuite rentrée chez elle. Anzu et moi avons encore discuté pendant une heure et demie avant qu’elle ne parte à son tour.

Je me suis alors retrouvé seul, pour la première fois de ma vie, dans une chambre d’hôpital. J’ai pris ma douche, puis j’ai attendu dans ma chambre pendant qu’on servait le souper.

Je suis finalement retourné chez Starbucks, puisque je ne pouvais plus manger à partir de 21 h jusqu’au lendemain matin, par mesure de sécurité. J’y étais habitué à cause des tournois de judo, où je devais souvent perdre du poids.

J’ai fait mon plan pour la semaine, en espérant sortir d’ici comme prévu le 29, j’ai regardé quelques vidéos sur mon téléphone, puis je me suis couché.

J’avais écrit ces phrases simples que j’allais utiliser souvent.
Après l’opération, je n’aurais pas le droit de parler pendant une semaine : mieux valait me préparer.

27 octobre – Le jour J

On m’a réveillé à 6 h 45. J’étais vraiment surpris, ha ha. Encore une fois, grâce aux entraînements de judo, j’y étais habitué, mais je trouvais quand même ça particulier. Commence alors la longue attente. Je n’ai pas trop eu peur. J’ai rencontré mon médecin hier et il semblait beaucoup plus confiant quant au déroulement de l’opération. J’essaie simplement de ne pas trop y penser. Je souris, je me dis que tout ira bien. Rien d’inquiétant. Tout se passe en japonais, alors je vois ça comme une nouvelle expérience. J’essaie vraiment de faire comme si tout cela n’était qu’un jeu.

Vue depuis ma chambre.

À 9 h, on m’a installé un dispositif sur le corps. C’était la première fois que ça m’arrivait.

Juste avant mon opération, plusieurs personnes sont venues me rendre visite.

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C’était agréable de les avoir autour de moi.

L’opération a été retardée d’environ une heure et quart. Je suis resté aussi calme que possible, en faisant des blagues avec tout le monde. Quand l’infirmière est venue me chercher, j’ai souri à chacun et j’ai dit au revoir. C’était le moment.

L’infirmière m’a accompagné jusqu’à une section d’ascenseurs réservée au personnel. Je suis entré avec elle et j’ai essayé de faire la conversation. Après tout, c’était ma dernière occasion de parler avant un bon moment, alors autant en profiter, non? Nous sommes arrivés au troisième étage et j’ai découvert une partie de l’hôpital que je n’avais jamais vue. Je suis entré dans la salle et on m’a demandé de m’allonger sur le fauteuil. J’ai obéi. Le médecin m’a posé quelques questions sur mes études de japonais et, après quelques réponses, j’ai réussi à faire rire toutes les infirmières présentes. Puis le médecin m’a demandé si tout allait bien. J’ai répondu oui. Il a placé un masque sur mon visage, une odeur bizarre a commencé à remplir mes narines. Il m’a dit que je commencerais bientôt à être engourdi, puis j’ai senti toute l’énergie quitter mon corps — une sensation totalement nouvelle pour moi.

Je me suis réveillé en entendant le médecin me dire que l’opération s’était déroulée sans aucun problème. J’étais sur un autre lit, en train d’être déplacé hors de la salle. Pendant une courte pause, encore étourdi par les médicaments, j’ai pris le temps de leur redemander comment l’opération s’était passée, en l’écrivant sur un bout de papier. L’infirmière m’a répété que tout s’était bien déroulé. Je lui ai alors pris la main et j’ai commencé à pleurer. Je crois qu’ils ont été un peu surpris, mais l’un d’eux a dit à voix haute : « Il devait être inquiet, n’est-ce pas? » Et il avait raison. Ça n’avait pas été facile de cacher ma peur tout ce temps-là. On m’a reconduit à ma chambre, où Iwasa, Anzu et Shizuko m’attendaient. Ils m’ont félicité brièvement, puis sont repartis. Je suis resté là, un peu sonné, avant de m’endormir profondément.

Juste après l’opération.​ 

Le lendemain a été long, mais j’ai enfin pu recommencer à manger. À ma grande surprise, on m’a servi de la nourriture normale — malheureusement, elle n’était pas meilleure pour autant! J’ai trouvé le temps long, seul dans ma chambre, incapable de faire grand-chose. Heureusement, mes amis ont commencé à venir me voir dans l’après-midi. Je devais tout écrire sur un papier. Parfois, lorsque les infirmières entraient dans la chambre, j’oubliais complètement que je n’avais pas le droit de parler et je leur répondais à voix haute. Elles me regardaient alors en disant : « Euh… tu es censé parler, toi? » Ce qui me rappelait d’utiliser mon fidèle stylo. Communiquer mes pensées et mes émotions uniquement par écrit ou avec des gestes demandait beaucoup d’efforts. C’était frustrant. Mais j’étais reconnaissant envers tous ceux qui sont venus me voir. Leur présence rendait l’attente moins pénible, et j’appréciais sincèrement le temps qu’ils prenaient pour venir me voir.

Bon… ça ressemble à de la nourriture, je suppose.

Chipa et Nnadi sont venus!

Hayato senpai et Anzu sont venus!​

Islam et Yusef sont venus!

Le lendemain, le médecin a examiné ma gorge : tout était parfaitement en ordre. J’ai donc obtenu mon congé comme prévu, vers 10 h. J’ai pris le train en silence avec ma tante, puis je suis retourné à pied à l’université.

Je tiens à remercier toutes les personnes qui m’ont aidé tout au long de ce processus. Cette expérience a été… complètement nouvelle pour moi, et le fait d’avoir des gens autour de moi a rendu les choses beaucoup plus faciles à traverser.

Comme dirait M. Iwasa : je viens de vivre une autre expérience ici, au Japon. Celle de subir une opération.

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23 novembre 2015

Voyage au Kansai!

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La semaine dernière, j’ai réussi à faire un dernier voyage dans l’ouest du Japon! Laissez-moi vous montrer quelques photos.

Tout d’abord, mes deux amis June et Islam m’ont aidé à la gare d’Odawara à obtenir mon billet pour le train Shinkansen. Ils travaillent

justement à cette gare, alors je me suis dit que je pouvais bien leur demander de l’aide, non?

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Après m’être détendu au Starbucks de la gare, j’étais prêt à partir pour mon voyage.

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Shinkansen – train très rapide, haha

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Cette carte, je l’avais obtenue lors de mon dernier voyage au Kansai, dans l’ouest du Japon. C’est le même système que celui que nous utilisons ici à Tokyo, mais je crois qu’il y a moins de problèmes si on utilise leur système, alors je l’avais conservée.

Première fois à Kobe!

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La première chose que j’ai faite a été de trouver un casier pour y déposer mes bagages. Je ne voulais pas avoir à les transporter partout avec moi. Je n’avais pas de plan précis, alors j’ai simplement commencé à marcher dans la ville. C’était l’heure du dîner, alors je suis entré dans un restaurant que je ne connaissais pas et j’ai commandé des pâtes. J’aime vraiment essayer de nouveaux restaurants.

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Ensuite, j’ai cherché sur mon téléphone les endroits célèbres de Kobe. Le premier et principal attrait touristique était bien sûr le port. On appelle Kobe la version kansaïenne de Yokohama, et vous pouvez peut-être comprendre pourquoi en regardant mes photos.

Pendant la traversée, le vent s’est considérablement levé, alors j’ai décidé de me rendre dans un endroit plus abrité, ce qui m’a mené à un autre lieu touristique appelé Moto-machi, une longue rue qui est un marché couvert! Le nombre de boutiques est incroyable. Je ne savais pas lesquelles choisir. Je suppose que c’est l’équivalent d’un centre commercial ici.

Après avoir parcouru la rue entière environ deux fois, on était maintenant rendu le soir et il était temps de manger. PARFAIT! Direction le quartier chinois!

Une fois mon repas terminé, je suis retourné au port pour admirer la vue en soirée. Voici à quoi cela ressemblait.

Ce soir-là, j’ai pris le train pour aller chez mon ami Kengo Tsutsumi, où j’avais déjà séjourné trois fois. Il était assez malade à ce moment-là, alors nous sommes allés dormir tôt.

Discussion Skype avec mon père, et avec Kengo

Le lendemain, j’ai visité davantage la ville, notamment le sanctuaire Ikuta. J’ai remarqué qu’au Japon, il existe de nombreux sanctuaires, mais chacun possède son caractère unique, ce qui les rend différents et si attrayants à visiter.

Mon père m’avait recommandé d’aller voir les Ijinkan, qui sont les anciennes résidences de nombreux marchands et diplomates étrangers qui se sont installés à Kobe après l’ouverture du port au commerce international dans la seconde moitié du XIXᵉ siècle. Tous ces bâtiments sont maintenant transformés en musées, et il est possible d’y entrer pour voir comment ils vivaient. Très peu japonais, comme vous pouvez le constater.

Ce restaurant de nikuman — brioche de riz farcie à la viande — m’avait été recommandé par Kengo. Alors j’y suis allé.

Mon père a toujours parlé en bien du bœuf de Kobe, qui est l’une des grandes spécialités culinaires du monde. J’en avais souvent entendu parler, et il est même mentionné dans le film Mr. Baseball. Cette fois, je me suis fait plaisir en y goûtant. C’était assez cher, je dois dire. Mais c’était aussi très bon. Miam!

Cette fois-ci, j’ai séjourné dans un hôtel à Kobe, près de la gare.

Le lendemain matin, départ tôt pour le téléphérique de Kobe, qui mène au sommet d’une montagne surplombant la ville.

Ensuite, retour dans le train, direction Hiroshima, après mon troisième jour.

À mon arrivée, la première chose que j’ai faite a été de trouver un hôtel où séjourner pendant deux jours et demi. J’ai cherché en ligne et appelé deux endroits très chers, dont celui recommandé par mon père. Puis j’ai trouvé un endroit où il n’y avait pas de toilettes ni de douches privées, seulement communes à certains étages. Grâce à cela, le coût était beaucoup plus bas. J’ai aussi réalisé plus tard que l’emplacement était parfait pour les lieux que je voulais visiter.

Après m’être installé et avoir déposé mes bagages, je suis allé au château d’Hiroshima, situé à cinq minutes à pied de mon hôtel. J’ai vraiment aimé cet endroit. Ensuite, je suis retourné à l’hôtel me reposer, puis j’ai rejoint mon amie Haruka au château. Grâce à Facebook, j’avais appris la veille qu’elle vivait à Hiroshima. J’ai donc pu admirer la vue en soirée de la ville depuis le sommet du château.

Ensuite, nous sommes allés manger. Elle m’a emmené dans un excellent restaurant japonais que je n’aurais jamais trouvé seul. La porte du restaurant avait été construite volontairement à moitié de la taille normale d’une personne, ce qui nous obligeait à nous pencher pour entrer.
 

Le lendemain matin, je me suis levé tôt pour participer à la visite de l’école d’autodéfense maritime située sur l’île d’Eta-jima, à environ 20 minutes en traversier de l’île principale. J’y suis arrivé très tôt, comme mon père me l’avait recommandé, et j’ai traversé l’île à pied jusqu’à l’école.

La visite était très intéressante. Tout était en japonais, alors je n’ai compris qu’environ 30 % de ce qui était dit, mais c’était tout de même une excellente expérience. Pourquoi y suis-je allé? Parce qu’un membre de ma famille a étudié dans cette école. Il faisait partie de la dernière promotion avant la fin de la guerre, ce qui signifie qu’il a survécu, puis est parti étudier à l’Université Stanford en Californie. C’est un parcours remarquable, et je voulais découvrir une partie de mon histoire familiale.

À la fin de la visite, j’ai reçu une photo de cette dernière promotion, où figurait M. Kasuga, ce membre de ma famille.

Ensuite, j’ai laissé mes affaires et décidé de gravir la montagne que les étudiants montaient lors de leur entraînement matinal. Venant de Tokai, je voulais comparer la difficulté.

Après cela, je suis allé au célèbre Dôme d’Hiroshima, l’un des rares bâtiments encore debout après la bombe atomique de 1945. Je marchais le long de la rivière sans le remarquer, jusqu’à ce que je sois juste à côté.

 

Je suis resté là un bon moment, imaginant ce que cela avait dû être à l’époque.

Ensuite, je suis allé au Musée de la Paix, poursuivant cette journée consacrée à l’histoire de la Seconde Guerre mondiale. Comme mon père me l’avait dit, je suis retourné à l’hôtel profondément marqué.

Je suis retourné voir ce monument en soirée.

Un de mes plats préférés : l’okonomiyaki de style Hiroshima.
Essayez-le si vous en avez l’occasion.

Le lendemain, sur la recommandation de mon père, j’ai visité l’usine Mazda, située à Hiroshima. C’était l’une des premières fois que je voyais une chaîne de production automobile. Cela m’a vraiment ouvert l’esprit. Étudiant en commerce, j’ai maintenant une image claire de ce que cela signifie.

La photo suivante a été prise dans notre garage au Canada :

Les deux Mazda viennent d’Hiroshima!

Encore de l’okonomiyaki… QUOI!

Le même jour, je suis allé au célèbre sanctuaire Itsukushima, situé sur l’île de Miyajima. Malheureusement, il a plu tout le temps, trempant complètement mes chaussures, et par conséquent j’ai attrapé un rhume.

Un paysage très célèbre, et j’ai eu la chance de le voir en vrai.

Un autre rendez-vous avec Haruka ce soir-là. Nous avons mangé les fameuses huîtres d’Hiroshima et parlé de la vie. C’était agréable de mieux la connaître.

Le lendemain, retour dans le train. J’ai rencontré une dame très gentille qui a discuté avec moi pendant une bonne partie du trajet. Je suis descendu à Nagoya pour voir mon amie Mina une dernière fois avant de quitter le pays.

Nous avons parlé pendant plus de quatre heures, une excellente façon de terminer ce voyage. Je suis ensuite retourné à mon dortoir, fatigué, mais rempli de connaissances.

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24 décembre 2015

Au cœur du Tokyo Grand Slam 2015

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L’an dernier, en septembre, lors du tournoi All Japan Junior, j’ai eu la chance d’aller voir l’un de mes senseis, Akinori Hongo, qui était venu au Canada pour apprendre l’anglais et le français. Pendant son séjour, je l’ai rencontré à quelques reprises et j’ai même participé à l’un des camps qu’il dirigeait.

 

Une semaine seulement après mon arrivée au Japon, je suis allé lui parler seul. Je ne connaissais alors presque pas le japonais. Toutefois, sachant que son anglais était excellent, je n’avais aucune hésitation à l’aborder. Nous avons simplement discuté de mon séjour et de mes projets pour la suite, et toute la conversation s’est déroulée en anglais.

Cette année-ci, lors du même tournoi, il était de nouveau présent et j’ai saisi l’occasion d’aller le voir encore une fois. Ayant fait beaucoup de progrès en japonais entre-temps, je me sentais capable de soutenir une conversation dans cette langue. Après environ cinq minutes d’échange, il m’a confié être très surpris par mon niveau de japonais et m’a soudain demandé si je serais intéressé par un emploi à temps partiel lors d’un tournoi majeur. Je lui ai répondu que cela m’intéresserait énormément, même si, au fond de moi, je doutais d’en être capable. Il est allé vérifier auprès d’un collègue, puis est revenu me dire qu’il me contacterait si le poste devenait disponible. Nous avons échangé nos coordonnées et je suis retourné rejoindre mes coéquipiers pour continuer à encourager notre équipe.

Environ un mois plus tard, j’ai reçu un message m’annonçant qu’il y aurait finalement un poste pour moi au Tokyo Grand Slam 2015, comme interprète. Mon cœur a fait un bond. Je considérais cette occasion comme un véritable honneur, surtout après seulement un an passé au Japon. Il m’a ensuite proposé de venir passer une entrevue afin d’établir un premier contact avant le début du travail. Nous avons fixé une date et j’ai aussitôt annoncé la nouvelle à mes parents, qui étaient évidemment très fiers.

J’ai alors commencé à me préparer… et c’est là que la peur s’est installée. À quoi pensais-je? Je n’ai PAS les compétences nécessaires pour traduire assez rapidement ni assez bien pour travailler lors d’un événement d’une telle envergure! Et s’ils me demandaient de traduire en direct? Je ne pourrais jamais gérer une telle pression. Mon niveau de japonais est très bon, mais je suis encore loin de le maîtriser. Après en avoir reparlé avec mes parents, j’ai décidé de laisser les choses suivre leur cours. J’ai vérifié auprès de mon supérieur quelles seraient exactement mes responsabilités, et rien ne me semblait insurmontable. Une chose était certaine : ce ne serait pas une tâche facile.

Avant même de commencer officiellement, on m’a demandé de participer à deux réunions au cours desquelles nous avons passé en revue l’organisation générale du tournoi. Il y avait des représentants de TV Tokyo — l’une des plus grandes chaînes de télévision du Japon —, des entreprises de construction, des compagnies d’électricité, ainsi que des membres de la Fédération japonaise de judo, pour laquelle je travaillais. Je ne comprenais pas tout, mais j’ai pu me faire une idée de l’ampleur de la planification nécessaire pour qu’un tel tournoi voie le jour.
 

La semaine du tournoi, les préparatifs ont réellement commencé. J’ai fait de nombreux allers-retours entre la Fédération japonaise de judo, le Kodokan et le Tokyo Gymnasium (le site de la compétition), et j’ai peu à peu appris à m’orienter dans les lieux. La plupart du temps, je remplissais simplement des cartons d’identification à insérer dans les porte-nom destinés aux entraîneurs, aux athlètes, aux VIP et à bien d’autres personnes. J’essayais aussi d’écouter attentivement les conversations autour de moi afin de recueillir le plus d’informations possible pour accomplir mon travail efficacement.

Deux jours avant le tournoi, les représentants de la Fédération internationale de judo (FIJ) ont commencé à arriver sur le site. C’est à ce moment-là que mon rôle a vraiment pris forme. On m’a demandé de transmettre des messages d’un endroit à l’autre, du japonais vers l’anglais et inversement, principalement pour vérifier certaines informations. J’ai rencontré beaucoup de gens et, à ma grande surprise, plusieurs parlaient français.

La veille du tournoi, quelque chose d’inattendu s’est produit. Je discutais tranquillement avec un membre du personnel de la FIJ lorsqu’on m’a appelé en urgence dans la salle principale. En entrant, j’ai découvert que toutes les tables avaient été déplacées et que les membres de la FIJ étaient assis face aux représentants des différentes organisations japonaises. Mon supérieur m’a indiqué une chaise à côté de lui et je me suis assis, avec l’impression d’avoir fait attendre tout le monde. Il m’a alors dit qu’il aurait besoin de moi pour traduire ses propos à la FIJ et, en retour, pour lui transmettre ce que celle-ci dirait. Sans autre explication, la réunion a commencé.

Mon cœur s’est arrêté… pendant une dizaine de secondes.

Dans quoi m’étais-je encore embarqué?

Tout au long de la réunion, j’ai traduit du mieux que j’ai pu du japonais vers l’anglais, puis de l’anglais vers le japonais. J’ai rapidement compris que j’étais l’interprète de TOUTE la réunion : je ne traduisais pas seulement pour mon département, mais pour l’ensemble des personnes présentes. Il y a eu plusieurs moments où je ne comprenais pas pleinement les explications de mon propre supérieur — non seulement à cause de mon niveau de japonais, mais aussi parce que je ne maîtrisais pas encore bien le fonctionnement global du tournoi. Malgré tout, j’ai réussi à faciliter la communication et la plupart des participants ont fait preuve de beaucoup de bienveillance en prenant le temps de m’expliquer certains points.

 

J’ai réussi à m’en sortir lors de cette réunion… puis pendant le reste du tournoi. On m’a demandé de traduire un discours du japonais vers l’anglais et un autre de l’anglais vers le japonais (avant qu’ils ne soient prononcés), ainsi que de poser de nombreuses questions concernant les présentations et le déroulement du tournoi. À un moment donné, on m’a également demandé d’aider le service médical lorsqu’un athlète a subi une commotion cérébrale. C’est alors que j’ai rencontré le Dʳ Miyazaki, qui m’avait aidé pour ma blessure au genou en janvier, ce qui a rendu l’expérience encore plus intéressante.

Dans l’ensemble, je dois dire que ce fut une excellente expérience. J’ai traversé des moments difficiles, mais cela m’a permis de découvrir un tout autre aspect des Japonais. Cette expérience m’a aussi placé dans une bien meilleure position en vue des Jeux olympiques de Tokyo 2020, pour lesquels j’aimerais travailler, ainsi qu’auprès de la plupart de mes amis et enseignants du club de judo qui m’ont vu à l’œuvre.

Un grand merci également à M. Hongo et à M. Takemura pour cette belle occasion d’apprentissage.

Kotaro et moi, à l’intérieur du site.

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30 décembre 2015

Préparatifs avant le départ

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Avant de partir, j’ai dû préparer beaucoup de choses afin de pouvoir quitter sans trop de problèmes. Après tout, j’ai passé un an et trois mois au Japon. Il allait forcément y avoir quelques petits pépins ici et là.

La première tâche, c’était mes bagages. Je devais faire entrer plus d’un an d’affaires dans deux valises. Ça n’allait pas arriver! J’ai donc dû

envoyer environ huit boîtes chez moi par bateau. Trouver les boîtes, les rapporter à mon dortoir, tout emballer, obtenir les bons formulaires, les remplir, appeler quelqu’un pour venir chercher les colis ou les apporter au bureau de poste : tout cela faisait partie des tâches nécessaires pour y arriver.

Et comme si ce n’était pas assez, il y a eu plusieurs problèmes. Mes boîtes ont été retournées au bureau de poste environ trois fois après avoir été expédiées. Pourquoi? Parce qu’au Japon, ils réfléchissent trop. Haha! Non, plus probablement parce qu’ils ne comprennent pas le système postal canadien et qu’ils ne croyaient pas que l’adresse que j’avais inscrite suffirait pour que les boîtes arrivent chez moi. Une expérience très intéressante. Mais la troisième fois que les boîtes sont revenues, d’après ce que m’ont dit mes amis Yusef et Haruyuki, c’était la veille de mon départ. On me demandait de me rendre là-bas pour régler le problème, sauf que c’était pratiquement impossible. J’ai donc demandé à mes amis de s’en occuper, ce qu’ils ont fait après environ une semaine de panique.

L’étape suivante consistait à nettoyer ma chambre et à me débarrasser des choses dont je n’avais plus besoin. J’ai laissé beaucoup de choses à mes amis Nnadi, Yusef, Islam et Sorata. J’en ai aussi vendu quelques-unes, même si je n’ai pas fait beaucoup d’argent. Il y avait notamment toutes mes affaires de cuisine, mes casseroles et mes assiettes, des appareils comme mon cuiseur à riz et mon grille-pain, ainsi que d’autres objets pratiques comme des couvertures et des blocs-notes.

La dernière partie de mes préparatifs consistait à dire au revoir à tout le monde, ce qui était toute une tâche en soi. En un peu plus d’un an, j’ai rencontré BEAUCOUP de gens de partout dans le monde, et il était évidemment impossible de dire au revoir à chacun d’entre eux. Je me suis donc surtout concentré sur mes amis proches, ceux qui m’avaient aidé pendant mon séjour ici, ainsi que la plupart de mes professeurs et entraîneurs de judo.

J’avais déjà commencé à faire mes adieux environ trois ou quatre mois avant mon départ, sachant que je ne reverrais plus certaines de ces personnes, et je m’y étais donc préparé mentalement. Je m’étais dit de ne pas pleurer et j’ai réussi à retenir la plupart de mes émotions. J’ai serré dans mes bras des dizaines de personnes que je ne reverrai probablement jamais, mais qui ont occupé une grande place dans ma vie ici, au Japon. La séparation a été difficile, mais je savais qu’elle allait arriver et, d’une certaine façon, je me suis senti soulagé. Une autre chose qui m’a aidé, c’est de savoir que nous avons Internet et qu’il sera facile de rester en contact. Alors, comme je l’ai écrit sur ma page Facebook, ce n’est pas vraiment un « adieu », mais plutôt un « à la prochaine ».
 

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La dernière photo que j’ai prise à mon dortoir.

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7 février 2016

La fin

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C’est terminé. Mon voyage est arrivé à sa fin.

Je suis maintenant de retour et j’ai complètement repris ma vie ici, dans le froid du Manitoba. Après m’être réinstallé et avoir pris quelques semaines pour me reposer, profiter du temps des Fêtes avec ma famille et me mettre au courant de tout ce qui avait changé, il a

rapidement été temps de reprendre mes études en janvier.

Je suis maintenant au milieu de mon semestre et je suis quelques cours en administration des affaires à l’Université de Winnipeg. Me réhabituer à la façon d’étudier dans des cours réguliers est une transition assez difficile, mais je fais de mon mieux pour réadapter mes habitudes de travail à ce type de matière. Je dois dire que mes cours de japonais me manquent.

Cela dit, je n’ai pas complètement arrêté d’étudier le japonais. Même si je suis assez occupé par mes études ainsi que par mon entraînement, que je poursuis toujours, je prends aussi le temps d’étudier le japonais avec l’aide de mon père. Ce n’est évidemment pas comparable à ce que les cours à Tokai avaient à offrir, mais cela me permet de continuer à penser en japonais pour ne pas l’oublier. (Comme ma sœur l’a malheureusement fait.) Je garde également un bon contact avec mes amis au Japon. Je parle sur Skype avec mes amis les plus proches et j’envoie des courriels et des lettres à mes professeurs et à d’autres connaissances! Mon père peut aussi entrer beaucoup plus dans les détails lorsqu’il m’explique certains faits sur l’histoire du Japon ou la signification d’un mot, ce qui rend l’expérience beaucoup plus immersive. J’ai d’ailleurs l’intention de pouvoir travailler ou faire du bénévolat pendant les Jeux olympiques de Tokyo en 2020. D’ici là, mon japonais (ainsi que mon français et mon anglais...) devra donc être impeccable!

 

Il est difficile de faire de la musique par manque de temps, mais je réussis quand même à lui en consacrer un peu. J’ai l’intention de m’y investir davantage lorsque ce trimestre sera terminé et j’ai très hâte de voir ce que je pourrai créer avec certains des nouveaux outils que j’ai acquis.

 

Voici maintenant quelques-unes des choses qui me manquent du Japon :

  • Pouvoir monter dans un train et aller n’importe où, n’importe quand. Ça peut être très pratique d’avoir un train qui passe toutes les cinq minutes et qui vous emmène où vous voulez. Une heure plus tard, vous pourriez vous retrouver dans un centre commercial de Tokyo en train de manger dans un restaurant de renommée mondiale.

  • La nourriture. Elle est bonne.

  • Mes amis. Je me suis fait ÉNORMÉMENT d’amis là-bas, des Japonais, mais aussi des gens provenant de nombreux autres pays! Pouvoir les voir tous les jours est quelque chose qui me manque énormément.

  • La température qui ne descend pas sous le point de congélation. Aujourd’hui, nous avons eu un blizzard qui m’a empêché d’aller à un entraînement de judo. Je n’ai même pas vu de neige pendant tout mon séjour au Japon.

  • Utiliser le japonais tous les jours. Même si cela peut être mentalement épuisant de devoir constamment faire travailler tout son cerveau pour s’assurer de ne pas faire une erreur stupide, ça peut aussi être très gratifiant et amusant.

 

Je dois dire que le Japon est maintenant devenu pour moi une deuxième maison. J’ai vécu énormément d’expériences pendant mon séjour là-bas, et chacune d’elles n’a fait que me rapprocher davantage de ce pays. Ce que j’ai laissé derrière moi au Japon sera toujours là lorsque j’y retournerai. Mais en même temps, ce que le Japon m’a donné et que j’ai rapporté avec moi continuera de grandir.

 

Lors de ma dernière journée là-bas, j’ai publié un commentaire avec cette photo sur Facebook, et il ne pourrait être plus vrai :

 

« Japon! On ne dit pas “Adieu”, mais plutôt “À la prochaine”. »

 

Sincèrement,

 

Shiokawa Mamoru

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ÉPILOGUE

De juin 2019 à mai 2026, nous avons eu le privilège de suivre les blogues de voyage de deux jeunes Franco-Manitobains, qui ont partagé avec nous une expérience de vie hors du commun : une année passée au Japon.

À travers la chronique Un an au pays de mon père, ils nous ont fait découvrir, avec sensibilité et curiosité, les multiples facettes de ce séjour : de la géographie au climat, de la langue à la culture, du judo aux liens familiaux et amicaux qui ont jalonné leur parcours.

Aujourd’hui, cette aventure arrive à son terme.

Pour clore la série, nous vous invitons à découvrir les impressions de France, recueillies lors d’une visite en 2025, ainsi que le documentaire Hafu, réalisé par Vincent. Dans ce film empreint d’intimité, il retourne à Tokyo aux côtés de son père, Yukihiro, pour renouer avec ses racines et explorer, avec délicatesse, les contours de son héritage culturel.

France — Retrouvailles avec le Japon

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En octobre 2025, j’ai eu la chance de retourner au Japon. La dernière fois que j’y avais mis les pieds, c’était en 2015, lorsque mon père et moi étions allés rendre visite à mon frère, alors étudiant là-bas. Dix ans plus tard, ce voyage a pris la forme d’un retour — à la fois familier et dépaysant.

Redécouvrir le Japon après une si longue absence m’a profondément marquée. Même si je savais que la population y est bien plus nombreuse qu’au Canada, j’ai tout de même été surprise par la densité humaine, par ce sentiment d’être happée par la foule. Monter dans un train à l’heure de pointe relevait presque de l’exploit, et visiter des lieux prisés comme le château d’Osaka ou le Mémorial de la paix d’Hiroshima s’avérait difficile : impossible de s’arrêter vraiment, tant le flot des visiteurs ne cessait d’avancer.

J’avais aussi oublié à quel point le Japon peut être intense pour les sens. Les annonces répétées dans les gares, les enseignes lumineuses, les rues toujours animées — tout semble vibrer d’une énergie constante. Si je devais y vivre, je crois que je choisirais une région plus calme, un coin de campagne où il est bon de prendre son temps.

J’ai toutefois été agréablement rappelée à quel point le mode de vie japonais est généralement plus sain, surtout lorsqu’on ne possède pas de voiture. Marcher pour se rendre aux gares et monter des escaliers fait partie du quotidien. Nous avons également vu énormément de gens circuler à vélo, que ce soit sur la route ou les trottoirs. Beaucoup de vélos sont munis de sièges pour enfants, ce qui permet aux parents de les transporter facilement.

Mais au milieu de toute cette animation, une impression persistait : celle d’une certaine distance entre les gens. Malgré la foule, chacun semblait enfermé dans sa bulle, le regard fixé sur son téléphone, évitant tout contact visuel. Je savais que, pour les Japonais, ne pas déranger les autres est une marque de respect. Pourtant, cette fois, j’ai senti quelque chose de différent — comme si ce respect s’était transformé en retrait, en effacement.

Une amie japonaise m’a raconté qu’un jour, alors qu’elle s’était précipitée dans la rue, elle avait trébuché et était tombée. Malgré la présence de passants, personne ne s’était arrêté pour l’aider. Ce récit m’a troublée. Car à mon retour, lors d’une simple marche dans mon quartier, trois personnes m’ont croisée, m’ont regardée dans les yeux et m’ont souri. Ce geste banal, presque anodin, m’a semblé soudain précieux — comme une petite lumière dans le rythme pressé du monde.

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Vincent  Documentaire Hafu

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Mamoru Vincent Blais-Shiokawa vit depuis longtemps un conflit identitaire. Il ne se sent ni tout à fait Canadien, ni tout à fait Japonais. Comment les jeunes Canadiens issus de couples mixtes perçoivent-ils leur place et leur rôle dans notre société? – tiré de tv5plus.ca/hafu.

 

Cliquez sur une image pour visionner la bande-annonce ou le documentaire.

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